« Les Conversations » #7 : entretien avec David Luftman, Directeur Général de Riviera Villages

« Les Conversations », nouveau format d’échange d’Hôtel & Lodge et du collectif Singularités a reçu David Luftman, Directeur Général de Riviera Villages. 

Interrogé par Pascale Boissier du collectif Singularités HFT, David Luftman a commenté en tant qu’acteur de premier plan, la crise actuelle et ses répercussions sur le secteur de l’hôtellerie/restauration de plein air.

David Luftman et ses équipes étaient sur le point de rouvrir leurs établissements, quand l’annonce du Président de la République a retenti. « On a l’habitude de lancer nos saisons fin mars/début avril. Nous étions prêts, ainsi que nos sites. Les équipes étaient en train d’arriver, nous nous apprêtions à reprendre un rythme saisonnier », raconte le Directeur Général du groupe Riviera Villages, dédié à l’hôtellerie de plein air et historiquement basé dans le Golfe de Saint-Tropez.

« Les équipes ont été perturbées pendant quelques jours mais tout le monde a vite compris l’urgence de la situation », explique-t-il. « Nous avons tout réorganisé : télétravail pour certains, arrêt du travail pour d’autres. » En parallèle, le groupe a développé de nouveaux outils de visioconférence et travaillé sur de nouveaux supports informatiques, incluant un système de coaching de gestion de la crise.

David Luftman constate un changement d’équilibre et un stress important au sein des équipes : « On est une entreprise de soixante ans d’âge, dont l’organisation a été chamboulée en quelques jours seulement. »

Concernant la reprise, il admet quelques complications : manque de personnel à cette heure, saisonniers absents. « Nous n’avons pas d’autre choix que de revoir tout le processus d’accueil et d’hébergement ainsi que la partie restauration », confie David Luftman, toujours dans l’attente de nouvelles mesures gouvernementales, plus particulièrement pour la restauration. L’enjeu : « Essayer de comprendre les obligations légales et savoir répondre aux nouvelles attentes des clients. »

Le groupe Riviera Villages est plus serein sur un point : le nouveau regard des Français sur l’hôtellerie en plein air, généré par la crise. « Nous avons une carte à jouer », admet le DG. « C’est un gros avantage pour nous de proposer des bungalows bien équipés, avec cuisine indépendante, terrasses distantes et confortables. » Néanmoins, David Luftman est moins confiant sur l’aspect « convivialité », chère au groupe, et se demande si cette convivialité sera réellement compatible avec les critères de distanciation sociale, imposés par le gouvernement. « Nous engageons de vraies discussions concernant les clubs enfants, activités pour adolescents et attendons de voir ce qui va se passer dans les écoles afin de procéder aux ajustements nécessaires. Les gens ne peuvent se passer de ce rapport humain. »

Le groupe mise aussi sur la technologie : « La crise nous impose la mise en place de nouveautés ainsi que de saisir des opportunités dans le secteur de la digitalisation », remarque David Luftman. « Il nous faudrait réfléchir par exemple à une application de type « room service », qui permettrait à nos clients de passer des commandes. »

D’autres notions ne sont pas non plus étrangères à Riviera Villages comme celle du développement durable. « On sait qu’on va devoir en reparler », indique le DG. « Je suis sûr que les gens mettront la responsabilité environnementale au cœur de leur réflexion. Chez nous, on se pose tout type de questions : quels sont les vrais gestes à adopter, les vrais engagements à prendre. Nous devons nous responsabiliser, communiquer sur ces sujets. » Pour lui les gens vont éprouver le besoin de plus se rapprocher des cultures locales. « Chez nous, les locaux ont des choses à transmettre », observe-t-il.

Texte : Charlotte Engel – Hôtel & Lodge.

« Les Conversations » #6 : entretien avec Jean Valfort, fondateur de Panorama Group et co-fondateur de Kitchen Club

« Les Conversations », nouveau format d’échange d’Hôtel & Lodge et du collectif Singularités a reçu Jean Valfort, fondateur de Panorama Group, groupe spécialisé dans la création de restaurants physiques et co-fondateur de Kitchen Club, espaces entièrement dédiés à la livraison.

Interrogé par Laurent Beaulieu du collectif Singularités HFT, Jean Valfort a commenté en tant qu’acteur de premier plan, la crise actuelle et ses répercussions sur le secteur de l’hôtellerie/restauration.

Il y a deux ans, Panorama Group, groupe dédié à la restauration de caractère qui multiplie les expériences a lancé Dark Kitchen (devenu récemment Kitchen Club), soit cinq cuisines entièrement dédiées à la livraison à domicile. Grâce à ce concept innovant, Jean Valfort et ses deux associés ont pu poursuivre une partie de leur activité malgré le contexte sanitaire actuel.

Seules les équipes des restaurants physiques bénéficient aujourd’hui du chômage partiel, mais Jean Valfort se félicite d’avoir « pu prendre une partie de ces équipes et de les diriger, sur la base du volontariat, vers Kitchen Club ». C’est ce qui, selon lui, « fait la force du groupe. »

Cet été, il compte bien reproduire ce schéma et pourquoi pas faire travailler ses équipes parisiennes sur son dernier projet niçois, le Social Food Complex : « Si jamais la fréquentation des restaurants est trop calme dans la capitale et qu’on a besoin de staff je leur dirai : est-ce que ça vous dit d’aller passer l’été à Nice ? »

Jean Valfort se dit fier d’avoir pu poursuivre les travaux malgré la crise, tout en renforçant un maximum les mesures d’hygiène : « On a mis en place des masques, du gel hydroalcoolique… le chantier avance, même si ça prend du retard. Gérer à 1000km de distance c’est un véritable challenge. » Le co-fondateur de Panorama Group fait part d’un certain optimiste concernant l’avenir de ce nouveau concept : « Si l’on peut ouvrir dans de bonnes conditions, je suis persuadé que ça va marcher. Nice est une ville qui se suffit à elle-même en termes de clientèle. En été, entre la mer et la montagne, les gens restent à Nice. »

Quant à Kitchen Club, la start-up entièrement dédiée à la restauration à domicile n’est pas à plaindre car elle résiste plutôt bien à la pandémie. Voir en bénéficie. « Sur la demande, on a eu de la chance. Elle a été multipliée par deux, du moins pendant les 3 premières semaines. Aujourd’hui, de nouvelles enseignes se relancent, ce qui divise le marché par deux. »

D’un point de vue sanitaire, Kitchen Club possède déjà bien des avantages. Par rapport à un restaurant physique qui propose son service de livraison, les emplacements de la start-up ont été conçus comme de véritables laboratoires, tout en inox. « Il n’y a pas un seul morceau de matière non nettoyable et pas le moindre contact entre l’intérieur et l’extérieur. Ce n’est pas un bloc opératoire mais presque. Il y a une fenêtre guillotine par laquelle on fait passer les sacs. Le livreur ne rentre pas dans la cuisine. » Masques, charlottes, gants… ont tout de même été livrés depuis la crise et la fréquence de nettoyage a été accélérée.

Sur les habitudes de consommation, Jean Valfort n’a pas constaté de changement : « C’est toujours le burger qui l’emporte ». Une clientèle majoritairement jeune et avide de se faire plaisir en est la première responsable : « Le burger est un produit de plaisir instantané chez les 18/25 ans. Si l’on proposait des pizzas, je suis persuadé qu’on en vendrait beaucoup. » Un projet déjà bien mûr dans la tête des entrepreneurs puisqu’ils comptent tester dès demain un nouveau restaurant de pizzas.

Avec cette pandémie, Kitchen Club « a gagné deux ans d’évangélisation de marché », indique Jean Valfort. Il pense qu’une partie de la population à découvert l’intérêt de la restauration pendant le confinement. « Ils savent que c’est le seul moyen de se sentir comme au restaurant. »

Texte : Charlotte Engel – Hôtel & Lodge

 

 

 

 

« Les conversations » #5 : entretien avec Arnaud Donckele, chef triplement étoilé du restaurant gastronomique la Vague d’Or, à l’hôtel Cheval Blanc à St-Tropez.

« Les Conversations », nouveau format d’échange d’Hôtel & Lodge et du collectif Singularités a reçu Arnaud Donckele, chef cuisinier triplement étoilé du restaurant gastronomique la Vague d’Or, à l’hôtel Cheval Blanc St-Tropez.

Interrogé par Laurence Faye du collectif Singularités HFT, Arnaud Donckele a commenté en tant qu’acteur de premier plan, la crise actuelle et ses répercussions sur le secteur de l’hôtellerie/restauration.

« La crise actuelle, c’est une autre approche du métier et de l’humain », confie Arnaud Donckele depuis son appartement parisien. Le chef a fait le choix de quitter sa Provence, le temps du confinement. « Aujourd’hui, je discute davantage avec mes équipes, avec les producteurs », ajoute-t-il. « J’essaie de saisir des opportunités dans ce qui est en train d’arriver, humainement et professionnellement. » Il laisse notamment une plus grande liberté de réflexion à ses équipes « Il y a des choses que je n’aurais pas forcément laissé faire avant ».

Arnaud Donckele prend d’ailleurs le temps d’échanger avec ses collaborateurs, via les différents moyens de communications : SMS, Whats’App, plateformes de conversations à plusieurs… tout en s’adaptant au maximum aux besoins de chacun : « je pense aussi à mes jeunes employés qui se trouvent dans 20 mètres carrés tous seuls… ». Il s’arrange aussi pour maintenir un lien avec les producteurs. « J’essaie de les avoir entre 1h à 1h30 par semaine, selon les disponibilités de chacun. »

Justement, ce nouveau lien qui unit les Français à leurs producteurs l’interpelle : « deux secteurs qui ont été en difficultés sociales, les producteurs et les infirmiers, sont devenus nos protecteurs », constate-t-il. « Les gens ont redécouvert l’importance de leurs producteurs, de la localité ». Mais à ses yeux, le respect du produit est un savoir-faire qu’il pratique déjà. « Je n’ai pas eu besoin d’attendre un virus pour avoir cette notion. On a toujours pris conscience de la nature, des producteurs, du respect de la terre. » Par ailleurs, explique-t-il, cela ne l’empêchera pas de suivre la demande d’un client, même s’il désire autre chose que du hors-saison. « Le tout c’est d’anticiper les choses ».

« On évolue avec notre métier », conclut-il. « Nous ne sommes que des suiveurs, mais nous suivons bien. »

Texte : Charlotte Engel – Hôtel & Lodge

« Les conversations » #4 : entretien avec Oliver Steuermann, Président de THCC et Vice-Président de C&C

« Les conversations », nouveau format d’échange en live d’Hôtel & Lodge et du collectif Singularités reçoit Oliver Steuermann, Hotels Owners & Investor, Président de THCC et Vice-Président de C&C (Hôtels de Charme et Caractère).

Interrogé par Pascale Boissier du collectif Singularités, Oliver Steuermann a commenté en tant qu’acteur de premier plan, la crise actuelle et ses répercussions sur le secteur du tourisme.

« Nos équipes sont pour la plupart au chômage partiel », indique Oliver Steuermann qui s’organise lui aussi, pour survivre à la crise. En tant que Président de THCC, groupe de 412 propriétaires et hôteliers essentiellement répartis en France, Suisse et Belgique, il note une perte de chiffre d’affaires dans ces trois régions et une vague d’annulations jusqu’à fin août. « Il y a quand même une reprise des réservations après fin août », précise-t-il.

En Suisse, la gestion de la crise est différente. « 45% du parc hôtelier reste encore partiellement ou totalement ouvert malgré le confinement et des hôtels prennent déjà des mesures internes pour un éventuel déconfinement le 21 avril. » En Europe selon lui, on s’inspire de la méthode suisse. « On pense déjà à mettre en place un fonds d’investissement européen. Un fonds chiffré à plusieurs millions, crée par plusieurs financiers et investisseurs hôteliers… » Il annonce que THCC créera lui-même son propre véhicule financier basé sur ce principe.

« On doit savoir exactement où on en est ».  

Chez THCC, Oliver Steuermann et ses équipes ont par ailleurs décidé de mettre en place un « kit de relance technique, financier et commercial. » Le problème, explique-t-il, « c’est que personne n’a pour le moment donné de directives précises ». Le Président de THCC attend des réglementations précises en termes de service, de matériel, de moyens supplémentaires de financement. Ces questions techniques nécessitent « d’être proche du terrain ». Pourra-t-il juridiquement mettre en œuvre ce kit de relance ? Il pense qu’il faut d’abord faire venir des externes et établir un diagnostic précis. « On doit savoir exactement où on en est ».

« Notre rôle en tant que plateforme et communauté de propriétaires, c’est de les soutenir. Nous sommes des entreprises de service », reprend Oliver Steuermann. « C’est là que THCC se démarque : en amenant des choses concrètes. »

Dans le cadre de son plan d’action il souhaite également revoir ses outils technologiques. « Cela implique la présence de challenge manager. Ce n’est pas à l’hôtel de tout gérer, c’est tout l’écosystème autour de l’hôtelier qui s’en charge. »

À court terme, explique-t-il, « il va falloir être humbles, accepter de comprendre qu’on ne maitrise pas tout et accepter d’être accompagnés ».

D’autre part, il pointe du doigt l’apport de cette crise mondiale : « la nature nous conduit à revenir à elle. »

Texte : Charlotte Engel – Hôtel & Lodge

Limousine du Midi, à la découverte de l’Occitanie

Entre paysages à couper le souffle et monuments historiques incontournables, l’Occitanie est une région aux multiples attraits pour un moment inoubliable. C’est dans ce cadre que Limousine du Midi, service de limousines de luxe et membre du Cercle Prestige Occitanie, propose ses services. Des voitures avec chauffeur pour un confort maximal.

Avec ses véhicules de prestige, Limousine du Midi assure à ses clients tous trajets d’ordre privé, professionnel, touristique ou événementiel. Des services haut de gamme qui proposent des programmes de découverte à la demi-journée ou à la journée, à bord de somptueux Van Mercedes Classe V Exclusive Luxe VIP. Des véhicules toutes options avec intérieur cuir, climatisation automatique multizone, toit ouvrant, sièges climatisés en vis-à-vis façon salon ou banquette, wifi ou encore tablette de travail. Tout pour un trajet tout confort.

De Montpellier à la Camargue, en passant par la visite de domaines viticoles et la dégustation de produits du terroir, Limousine du Midi offre un large choix de prestations à ses clients. Dans une région où les lieux à découvrir foisonnent, visitez la Faculté de médecine de Montpellier, le Canal du Midi ou encore les arènes de Nîmes. Des merveilles Occitanes que la compagnie de limousines révèle avec passion.


                                               Faculté de Médecine©OT Montpellier

Avec son offre “voyage à la carte”, le service de transport s’étend également à toute l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. En jet privé ou en hélicoptère, Limousine du Midi n’a pas de frontière.

Limousine du Midi

1 impasse des Adrets, 34680 St Georges d’Orques

Tel : +33(0)6 38 99 94 88

contact@limousinedumidi.fr

www.limousinedumidi.fr

 

 

 

 

 

Pour plus d’informations sur le Cercle Prestige Occitanie Sud de France : 

www.tourisme-occitanie.com/cercle-prestige

 

 

Texte : Marie Cornalba – Photos : D.R

À Monaco, chez Paolo Sari

Le chef d’Elsa, le restaurant gastronomique du Monte-Carlo Beach, a apporté cucina étoilée et projet bio à ce Relais & Châteaux de la Principauté. À sa table, une seule star : le produit.

“Le Bio, un style de vie, un impératif de goût et de santé”

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La salle en bleu et blanc, la terrasse à fleur d’eau, les lignes pures, la palette matissienne, un luxe très peu palace… Le décor d’Elsa, la table gastronomique du Monte-Carlo Beach, est dans l’esprit de cet hôtel romanesque réinterprété par l’architecte India Mahdavi. Entre Cap Martin et hautes tours de la Principauté, Paolo Sari, le chef exécutif, a secoué quelques torpeurs anciennes. En deux saisons, ce vénitien qui a vécu plusieurs vies entre Londres, New York, Moscou, Tokyo ou Pékin, de Dorchester en Four Seasons, de Tante Claire au Cipriani et au Danieli, a apporté une visibilité nouvelle à cet ailleurs presque insulaire de la Société des Bains de Mer. Ferveur locavore, recherche de petits producteurs et stratégie 100 % bio illustrent son aggiornamento. À la table d’Elsa, cébettes, carottes, courgettes, herbes, huile d’olive vierge et sel de Camargue se blottissent dans une entrée croquante et éclatante de couleurs, le “Bio Sama”. Le pavé de queues de crevettes rouges crues de San Remo, mini fenouils, fragrance de bergamote et herbes de Provence est une miniature impressionniste.

Le potager secret de Menton

Pour comprendre son âme nature, il faut le suivre dans ses explorations de plein champ. Ainsi sur les hauteurs de Menton, aux Jardins des Antipodes, propriété d’Alexandra Boyle, éditrice néo-zélandaise partie sur les traces de l’écrivain Katherine Mansfield. Deux hectares d’escarpements, bassins, sentiers pentus, lacets, éboulis et herbes folles. Un lieu libre et frondeur, visité par les botanistes du monde entier, dont l’apparent désordre cache des trésors potagers, loin des jardins de collection créés au XIXe siècle par de patients anglais. Avocatiers, manguiers et mandariniers y voisinent avec capucines, salades et mescluns, courgettes longues, oseilles, mini carottes ou tomates anciennes. Un canal aussi fin qu’une rigole apporte l’eau précieuse venue d’Italie. Avec Tito, son aide péruvien, Magali Bouvier, la jardinière, veille sur ces lopins à l’humeur andine où espèces exotiques et palmiers de Nouvelle-Zélande poussent parmi les plants de légumes. Paolo adore ce balcon sur Méditerranée et il y a toujours un peu des “Antipodes” saupoudré dans ses plats à la signature bleue de la fleur de bourrache. En Provence, Côte d’Azur, Ligurie et Piémont, il cherche le meilleur, certifié bio. À Menton, Grasse, Albenga ou Cuneo pour les légumes, à Saint-Jeannet pour l’huile d’olive de La Clémandine, à Cavaillon pour les fruits utilisés dans les jus et sorbets. Il sait tout de l’origine du produit, connaît lieux, cultures et visages et les premières invitées d’Elsa sont quatre huiles d’olive bio – arbequina d’Andalousie, cailletier niçoise, taggiasca ligurienne, muraiolo d’Ombrie – servies au guéridon.

Pique-nique à la “casetta”

Autre terroir, autre image. À Bastia d’Albenga, bourg médiéval de la province d’Imperia, la maison d’Aimone et Chiara Vio et leurs filles Caterina, Camilla et Carolina, est un théâtre aux murs de couleur ocre, voûtes de briquettes, tonnelle, jarres anciennes et cellier pour élever vermentino, rossese et pigato, vins d’appellation controlée nés de vingt-cinq ans de culture biologique. À la “casetta”, le cabanon dans les vignes de la vallée de l’Arroscia, Paolo a préparé les artichauts frits et le risotto aux asperges et parmesan. Régal. Aimone sert l’huile d’olive et un blanc à la conversation légère, cuvée « Bon in da bon »… « vraiment bon ». On goûte ce vin de soleil, l’art du risotto, le sourire et les yeux bleus de Camilla au charme si italien.

Étoile et cucina

En Ligurie, Paolo trouve auprès de ses amis producteurs, Giuseppe, Mario, Aimone et les autres, petites salades, blettes et choux, cima di rapa, vins au naturel, pêche locale… On comprend mieux alors le ciselé de ses cappeletti, la douceur des gnocchi de pommes de terre nouvelles de montagne, le saint-pierre façon meunière, loup mariné aux agrumes, le gratin de sabayon aux premiers fruits rouges… Une étoile Michelin brille dans le ciel d’Elsa, première table de la région certifiée bio Ecocert. Elle récompense une cucina de rigueur et d’émotion qui honore la SBM mais aussi un projet d’entreprise porté par son chef aux côtés de Danièle Garcelon, la directrice de l’hôtel. « Le Bio est un style de vie, un impératif de goût et de santé, un marqueur de la cuisine d’aujourd’hui», dit le vénitien à l’oeil malicieux, droit dans ses convictions, cool dans ses Converse. On aborde alors le Beach sous un autre angle. Le marché aux saveurs du dimanche à la chic brasserie du Deck, l’Ape, scooter à trois roues, icône des marchés italiens, à tu et à toi avec les limousines sur le parvis de l’hôtel, les petits producteurs et leurs offrandes des vertes collines… on se prend à rêver d’une clientèle vertueuse et éco-responsable, convertie par Paolo le bio-étoilé. L’imagination et la conscience viennent en mangeant… Bio!

[infobox maintitle= »PING-PONG » subtitle= »
Un produit fétiche ?
Les mini légumes, notamment les petits fenouils, radis et carottes du Jardin des Antipodes à Menton.
Une qualité ?
Le travail et la persévérance, appris au fil de mes escales de chef à travers le monde.
Un pêché mignon ?
Discuter d’art médiéval.
Une musique ?
Les opéras de Rossini (l’air de Figaro dans le Barbier de Séville).
Un tatouage ?
Un ange de l’amour, avec l’arc et les flèches.
Un rêve inachevé ?
Le tour du monde à la voile, un rêve d’enfance. Au départ de Venise ! Un projet ? Convertir l’ensemble du Beach, puis tout Monaco au Bio.
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[infobox maintitle= »CARNET DE VOYAGE » subtitle= »
Monte Carlo Beach Relais & Châteaux
Av. Princesse Grace,  06190 Roquebrune-Cap-Martin
Tél. : +377 98 06 25 25
Restaurant Elsa, menu déjeuner 43 €, menu dégustation (dîner) 98 €, carte 70 € / 150 €.
Fermeture annuelle : 27 octobre au 5 mars 2015.
Tél. : +377 98 06 50 05
www.monte-carlo-beach.com

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En Belgique chez Kobe Desramault

Chantre du terroir et des produits locaux, il a la Flandre qui coule dans les veines. Kobe Desramaults, 18,5 / 20 au Gault & Millau et une étoile au Michelin, poursuit son bonhomme de chemin, en toute humilité. À 34 ans, il reçoit en amphitryon absolu à In de Wulf, son auberge.

PAR ÉLODIE DECLERCK | PHOTOS PIET DE KERSGIETER & D.R

[title maintitle= »Dans la gueule du loup » subtitle= » »]

Il n’a jamais dévié de son ambition. Élu Meilleur Chef de l’année 2013 par Gault & Millau et Meilleur Chef étranger 2014 à la suite de René Redzepie, le danois de chez Noma, Kobe Desramaults, aux commandes depuis dix ans du restaurant familial légué par sa mère, s’acharne à redorer le blason de la cuisine flamande. Ce n’est pas un hasard s’il partage quelques-uns de ses fournisseurs avec Florent Ladeyn, autre jeune loup de la nouvelle scène gastronomique, révélé l’an dernier par une célèbre émission de télévision et juste étoilé dans la voisine Boeschèpe, de l’autre côté de la frontière. « Nous voilà deux étoilés à moins de dix kilomètres. Qui plus est, nous sommes de vrais copains », sourit le Français. « C’est une tâche longue et difficile de choisir les bons producteurs », renchérit Kobe.

« J’ai mis huit ans pour trouver et fédérer autour de moi ceux que je considère aujourd’hui comme les meilleurs. Dans le métier, on fonctionne beaucoup par le bouche à oreille : il existe un réseau de bonnes adresses dans lequel on puise.» Un terroir souvent méconnu « Il y a un réel savoir-faire par chez nous, qu’il faut absolument mettre en avant », s’entendent les deux compères. Ce “par chez nous”, c’est le Westhoek, un coin de l’Ouest au sens littéral, à cheval sur la province belge de Flandre-Occidentale et le Nord de la France. Le terroir y est riche (blé, betteraves, pommes de terre, lin, pois, houblon…), les fermiers encore nombreux. En symbiose presque totale avec les producteurs locaux, Kobe s’enthousiasme chaque jour de ses rencontres avec les pêcheurs de crevettes et les ramasseurs d’algues de la mer du Nord, avec les agriculteurs de la dune fossile de Ghyvelde…

Ces échanges sont ensuite transcrits en cinq langues dans les cuisines de Dranouter, pour que chacun des seize chefs et commis venus du monde entier en saisissent parfaitement le propos. Dans le respect des saisons « Avec l’équipe, nous faisons un énorme travail de recherche. Ce qui me fait vibrer, c’est de mettre en valeur à la fois des produits oubliés, mais aussi des techniques anciennes. En ce moment, et pendant quatre semaines seulement dans l’année, nous travaillons sur le germe de houblon. Cela ressemble à du soja, en plus craquant. Auparavant, c’était le “légume du pauvre”, que le peuple allait chercher en fouillant le sol à l’époque où il n’avait plus rien à manger. Aujourd’hui, c’est rare et surtout éphémère en saisonnalité, c’est donc devenu un produit de luxe que j’ai eu envie de remettre à l’honneur. Chez nous, ce sont les cuisiniers eux-mêmes qui vont servir leurs plats aux clients. Alors, quand nous voyons un couple heureux, qui a peut-être économisé quelques semaines pour venir dîner, c’est le plus beau des compliments. Et c’est ce qui nous donne envie de revenir en cuisine le lendemain.»

En savoir plus sur le restaurant Indewulf et l’hébergement sur place