Chypre, une ode à la Méditerranée   

À Limassol, ville vibrante et portuaire, l’Amara suit le rythme des vagues dans une sobriété de lignes. À Paphos, en lisière du célèbre site archéologique, l’Elysium ressuscite le passé. Deux hôtels-palais, l’un contemporain, l’autre inspiré des traditions. Deux ambiances.

Texte Cécile Balavoine

01 – AMARA
Un balcon sur la mer

Grands balcons et lignes nettes, épurées, comme celles de la Méditerranée, en vis-à-vis depuis les chambres et le lobby. © DR

D’abord, c’est cet aplat de bleu qui accueille, une fois passé le vaste lobby aérien, marmoréen, de l’Amara. La mer sans entrave, à 180 degrés, que l’on embrasse depuis l’intégralité des 207 chambres de ce resort créé par le groupe chypriote Stademos près de Limassol, l’une des villes les plus charmantes de l’île. Situé en contrebas d’une cité antique, celle d’Amathus, que l’on rejoint à pied depuis la plage, l’Amara rend hommage à ce mot grec, « amarantos », qui signifie infini, éternel, comme la Méditerranée que seul le vent peut rider en surface. Ici, intérieur et extérieur se confondent : dans les jardins, on déambule pieds nus sur des blocs de pierre bordés d’eau, on se prélasse sur sa terrasse ou devant la piscine en mosaïques et à débordement, sur l’un des lits de repos. Au spa, deux autres piscines : l’une, intérieure, joue la géométrie et l’intensité des couleurs, l’autre, extérieure, surplombe la mer et au loin, la silhouette de la ville.
L’atmosphère ultracontemporaine, les lignes droites rappelant l’horizon ont été pensées par un designer star, l’Américain David Rockwell. Onze penthouse suites offrent le privilège d’une piscine privée, et pourtant, le plus grand de tous les luxes est de rejoindre la longue plage de sable doux et volcanique dès le lever du jour, quand l’eau est immobile, quand le silence n’est percé que par le roucoulement des tourterelles et quand le ciel oscille entre le roux et la violine. Au crépuscule, on s’installe sur la terrasse d’un grand chef italo-londonien, Giorgio Locatelli, ou du célèbre Japonais Nobu Matsuhisa, créateur de cuisine fusion, tous deux des étoilés de génie.

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Les pontons de pierre conduisent à l’immense piscine à débordement, puis à la plage. Impression d’infini… © DR

Savoureuse détente

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Le spa de l’Amara, 2000 m2 de pure sérénité, a ceci d’apaisant qu’il est tourné vers la mer et vers des oliviers aux troncs épais, noueux, dont on voit la silhouette en ombre chinoise à travers les voilages, dans les cabines de soin. À tester en priorité, le rituel traditionnel chypriote dure 90 minutes et commence par un gourmand nettoyage à base de pamplemousse chaud dont la pulpe est passée sur tout le corps pour une meilleure hydratation. Vient ensuite un gommage aux graines de caroube, senteurs sucrées et légèrement chocolatées. Enfin, un long massage à l’huile d’olive des alentours conclut ce soin dont on ressort à croquer.

Giorgio Locatelli, un chef italien à l’Amara

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Médiatisé par son rôle dans le MasterChef Italia, le chef étoilé Giorgio Locatelli, basé au Royaume-Uni, vient d’ouvrir un nouveau restaurant à la National Gallery de Londres. Mais Chypre reste l’un de ses lieux de prédilection : « Lorsque le propriétaire de l’Amara, Demos Demosthenous, m’a invité à venir ici la première fois, il n’y avait rien qu’un terrain vide et la plage. C’était l’hiver, la mer était calme, le soleil se couchait et c’était magnifique. J’ai aimé sa proposition d’une offre culinaire variée, avec Nobu et le Beef Bar, et l’idée d’une collaboration entre chefs. Quand arrive la saison des truffes, par exemple, que je fais venir d’Alba, nous les partageons et créons des plats d’inspirations très différentes. Ici, je voulais aussi faire éclore des talents. Ouvrir à l’étranger, ça signifie former un ou une jeune chef qui devra atteindre un très haut niveau d’exigence. Je fais venir des produits d’Italie, mais j’aime aussi ceux que l’on trouve à Chypre : les vins bien sûr, mais aussi les agrumes, le fromage, la viande de chèvre… Plusieurs fois dans l’année, nous créons un menu-fusion mêlant produits italiens et chypriotes. »

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02 – ELYSIUM
Hôtel sous influences

Le salon des villas se prolonge sur la terrasse qui devient jardin méditerranéen. © DR

À 80 km de l’Amara, sur la côte ouest, l’Elysium est l’autre propriété haut de gamme du groupe Stademos. Une imposante bâtisse qui puise sa singularité dans les multiples périodes qu’a connues l’île au cours des siècles : grecque, romaine, byzantine, vénitienne. Ouvert en 2002, l’hôtel a aussi pour particularité d’être posé en lisière du site archéologique de Paphos, nécropole des rois et lieu de culte dédié à la déesse Aphrodite, classé Unesco. Depuis son agrandissement achevé l’été dernier, il offre un véritable écrin de paix et de beauté avec 47 nouvelles mini-suites, la plupart en duplex, réunies dans une aile à part, protégée par des jardins plantés de citronniers et de mandariniers, de myrte et autres herbes aromatiques. Conçues par l’architecte chypriote Eraclis Papachristou, ces suites à l’élégance sans fioritures incarnent un esprit méditerranéen : matières brutes, mobilier en chêne et en cordage, pierre de Limassol et de travertin, étoffes aux tonalités beige ambré qui s’harmonisent avec les sols de marbre ionien. Douze d’entre elles disposent de leur propre piscine, en complément de la principale, vaste et magnifique. Un véritable éden devant l’Hadès des rois.

Travertin, marbre, chêne : des matières nobles et locales aux atmosphères apaisantes. © DR
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Article paru dans le numéro 145 d’Hôtel & Lodge.

 

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