Enfin… Après des mois de suspens, après l’ouverture du club, du restaurant, le 5-étoiles de poche de Gilbert et Thierry Costes accueille ses premiers hôtes, derrière l’Arc de Triomphe.
Texte Anne-Marie Cattelain-Le Dû
Le 27 janvier, en pleine Fashion Week parisienne, une foule dense s’agglutine devant le 4, avenue Victor-Hugo. Des mannequins haut perchés, des artistes, des politiques, des écrivains, des producteurs piétinent devant le vestiaire débordé. Soir de grand opening à L’Aventure, qui porte bien son nom. En rachetant le night-club que la chanteuse Dani lança en 1974 et ferma au début des années 1980 pour se retirer dans le Sud, le groupe Beaumarly n’imaginait pas écrire, sans le vouloir, le début d’un feuilleton à rebondissement. Mais c’est ainsi. Aventure, aventure !



Coup de chance, le Covid vide de ses locataires et propriétaires le bel immeuble de cinq étages où les Costes, père et fils, viennent d’acquérir l’ancienne boîte de nuit. Alors, banco… Ils se lancent, imaginant regrouper sous un même toit et un même vocable hôtel, restaurant, club. Et d’inaugurer les trois en même temps, idéalement vers la fin de l’été 2024. À la manœuvre, côté déco, l’incontournable designer Martin Brudnizki. Comme dans tous les chantiers, davantage encore après le Covid, quelques imprévus contrarient l’avancement des travaux. Ouf ! Début 2025, les premiers clients découvrent restaurant, avec une carte signée Yannick Alléno, et club, ce dernier desservi par un ascenseur superbe. Mais au gré de l’escalier grimpant les étages supérieurs, les portes des futures chambres et suites restent closes, faute d’achèvement. Exit Brudnizki ! Vincent Darré, créateur très parisien, partisan d’une mise en scène théâtrale, prend le relais pour aboutir l’hôtel. Avec son style dandy, si personnel, son art de l’illustration, son sens du sur-mesure, il crée une maison très parisienne, très sexy, ponctuée de symboles forts, véritable signature, le soleil et la lune se répondant des appliques aux vases et au tapis astral escaladant de haut en bas l’hôtel qu’il qualifie de particulier, dans tous les sens du terme. Avec des surprises dans les neuf suites et les six chambres, dont les plus « waouh » affichent de leur balcon l’Arc de Triomphe en gros plan et l’esquisse des Champs-élysées. De quoi conquérir tout autant les voyageurs internationaux épris de Paris et de ses monuments que les Français.


De 25 m2 pour la plus petite chambre, superficie plus qu’agréable dans la capitale, à 130 m2 pour la plus grande suite, toutes déclinent mobilier, luminaires, fresques dessinés par Vincent Darré pour L’Aventure, et quelques belles pièces vintage chinées par le décorateur. Certaines communicantes se transforment en véritable appartement. La plus « spectaculaire » baptisée L’Appartement, entièrement insonorisée et équipée en conséquence, permet à ses « locataires » d’organiser concert privé, fête, réception, sans troubler aucunement leurs voisins. Parce que comme le martèle Gilbert Costes, le grand ordonnateur : « L’Aventure n’est pas un lieu où l’on dort, dîne, danse : c’est un théâtre d’atmosphères, un voyage sensoriel pour vivre plusieurs vies en une seule journée. »
Vincent Darré, des défilés à l’hospitalité

Longtemps bras droit de Karl Lagerfeld, ayant affûté ses armes de styliste chez Fendi, Moschino, Ungaro, Vincent Darré, passionné d’intérieurs Art déco relevés d’une pointe de surréalisme, dirige désormais Maison Darré, « agence artistique », tout à la fois studio de création et boutique où s’alignent en priorité les œuvres du maître. L’Aventure est le second hôtel que signe Vincent Darré. Il avait, en 2020, mis en scène les six suites du Montana, adresse très confidentielle près du Flore à Saint-Germain-des-Prés, elles aussi situées au-dessus d’un mini-night-club, appartenant alors à l’homme d’affaires, éditeur, Jean-Yves Le Fur. Autre incursion dans l’univers de l’hospitalité, en 2013, au Prince de Galles, avenue George-V, où Darré métamorphose le jardin d’hiver et le bar à champagne et caviar.
Article paru dans le numéro 146 d’Hôtel & Lodge.



