Clubs privés : réservé aux membres !

De Londres à Paris, de Bangkok à Kigali, de plus en plus d’hôtels s’approprient le concept du club privé. Intime, select, il séduit par ses espaces réservés, ses avantages exclusifs, mais aussi par son esprit de communauté.

Texte Céline Baussay

En être ou ne pas en être, telle est la question. À l’instar des clubs de gentlemen apparus dès le XVIIe siècle en Angleterre, ceux que développent aujourd’hui les hôtels fonctionnent comme une micro-société composée de membres triés sur le volet, qui partagent les mêmes intérêts, les mêmes envies, souvent un même niveau de vie. Ainsi, n’entre pas dans un Soho House qui veut. Trente ans après sa création à Londres, la marque compte 31 maisons, dont celle de Paris dans un hôtel particulier avec jardin d’hiver, cabaret, espace bien-être, et annonce un total de 113 000 membres dans le monde, exclusivement des « esprits créatifs ».

Pour fidéliser ses clients, les faire revenir le plus souvent possible, Soho House, ici celui de Paris, a su créer une vraie communauté. © Alexandre Tabaste

Faire partie d’une communauté, échanger, réseauter, dans un cadre décontracté et un décor feutré : voilà leurs motivations. Mais au-delà du business, la détente, le plaisir sont aussi prépondérants : ainsi, le Carlyle & Co, sur trois étages au sein du Rosewood Hong Kong, abrite une bibliothèque, une cave à vin, un barbier, un atelier de styliste, le Café Carlyle et ses fameux concerts. À Maison Villeroy, à Paris, l’inscription de base à The Circle, le club des « fins connaisseurs du meilleur art de vivre », s’accompagne de trois options et des avantages ad hoc : pour « les épicuriens » (privatisation du restaurant Trente-Trois…), « les sportifs » (25 séances de coaching par an…) et « les hédonistes » (10 massages par an…). À Paris toujours, le club de L’Aventure, lancé par le groupe Beaumarly avant même l’inauguration de l’hôtel qui l’abrite, programme des sessions de deep house. Suivront des événements exceptionnels : talks, séances wellness, dégustations… En plus d’offrir ce même type d’avantages, le Gleneagles Townhouse à édimbourg invite ses membres à profiter de ceux de clubs partenaires, lors de leurs voyages à New York ou Barcelone.

L’un des avantages de The Circle, le club de l’hôtel parisien Maison Villeroy : l’accès exclusif au bar Grappille de Xavier Thuizat, meilleur sommelier de France, jusqu’à 18 h. © Victor Bellot
The Twenty Two, dans un manoir edwardien à Londres, l’un des spots favoris des artistes, designers, top models, VIP. © DR

Tradition oblige, Londres reste la ville où le nombre de clubs privés dans des hôtels est le plus important. Parmi les plus attractifs, celui du Twenty Two avec ses salons, ses avant-premières dans des galeries ou ses ateliers bien-être, ou celui de The Other House avec cinéma, espace bien-être-fitness dernier cri, salles à manger privées. Le Sircle Club, au sein du tout nouveau Design Hotels Sir Devonshire Square, soigne, lui, ses membres avec des réductions, des surclassements, des check-out tardifs…

« The Other House procure un sentiment d’appartenance et de liberté », explique Naomi Heaton, PDG, fondatrice et copropriétaire de cet hôtel londonien. © DR

La tendance du club dans les hôtels s’observe partout dans le monde et dans tous types d’établissements : ainsi, le très confidentiel Pinnacle Kigali au Rwanda revendique « le premier club privé d’Afrique de l’Est », ouvert « aux entrepreneurs, aux créatifs et aux leaders culturels ». À la clé, un service de conciergerie haut de gamme, des séances de coaching sportif, un bowling, une bibliothèque… 

Dans un autre registre, Aman a lancé un troisième Aman Club au sein du Aman Nai Lert Bangkok, inauguré au printemps dernier : « une avancée décisive dans la stratégie d’expansion mondiale de notre Aman Club, souligne Vlad Doronin, le PDG du groupe. Après le succès de nos clubs exclusifs à Tokyo et New York, et avec dix autres sites en cours de développement, notamment à Dubaï, Riyad, Miami Beach et Beverly Hills, Bangkok apparaît comme l’emplacement idéal. Niché dans le parc historique de Nai Lerd, le Aman Nai Lert Bangkok offre un havre de paix au milieu de l’énergie vibrante de la ville. » La définition même du club privé…

L’exemple du Saint James Club

© DR

« Nous avons le plaisir de compter près de 700 membres à ce jour, se félicite Laure Pertusier, directrice générale du Relais & Châteaux Saint James Paris : majoritairement des Français, des cadres d’entreprises, professions libérales et auto-entrepreneurs, avec une parité homme/femme et un âge moyen qui avoisine les 50 ans. Le parrainage d’un membre actif du Club est obligatoire, puis la demande est soumise au comité de direction qui statue et rend sa décision. Nous proposons différentes formules d’adhésion qui s’échelonnent entre 1 650 € et 5 300 €, après les droits d’entrée de 1 650 €. »

Un temps pour soi

© DR

Nombre d’hôtels ont choisi de créer un club concentré sur l’offre bien-être, avec accès aux installations, cours exclusifs, coaching privé… C’est le cas par exemple à Paris de l’Hôtel de Crillon, du Ritz Paris ou encore de la toute nouvelle Maison Champs-Élysées avec son Unlimited Club, mais aussi à Londres, du Jumeirah Carlton Tower avec son Peak Fitness Club (photo). Inauguré en ce début d’année, le Six Senses London possède le tout premier club privé du groupe, également dédié au bien-être, baptisé Six Senses Place.

Article paru dans le numéro 144 d’Hôtel & Lodge.

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