Dubaï : Château de sable ?

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Chaque jour, des quartiers jaillissent du désert. En construction, la Dubai Creek Tower, culminant à 1 kilomètre, narguera les autres gratte-ciel. Mais entre mer et dunes, Dubaï conte aussi l’histoire des navigateurs, des commerçants, des Bédouins, ses premiers habitants.

Par Anne Marie Cattelain Le Dû

Regarder un planisphère permet de comprendre la position stratégique de Dubaï, à la croisée entre Orient et Occident, entre mer et terre. Pas étonnant que ce désert aride où, 2 500 ans avant notre ère, des Bédouins parvinrent à développer un semblant d’agriculture, soit devenu axe de passage où s’arrêtaient les caravanes d’Irak et d’Oman, échangeant des épices, de l’or et des textiles contre des perles cueillies au large des côtes – bien avant qu’au xixe siècle, la dynastie Al Maktoum prenne les commandes puis accorde l’exonération fiscale aux étrangers, dotant l’émirat de commerçants et d’une main-d’œuvre conséquente.

Émotion intense…survoler les dunes en montgolfière, lorsque le soleil se lève.

Dans les années 1960, les derricks supplantèrent les tentes des Bédouins, les 4×4 remplacèrent les dromadaires qui, désormais, courent davantage sur les champs de courses montés par des robots que dans les dunes. En 2010, tout s’emballa : Dubaï endettée fut sauvée de la faillite par Abu Dhabi.
Depuis, l’émirat a retrouvé sa superbe, attirant par millions les aventuriers, les influenceurs, les visiteurs. Fascinée par cette clinquante effervescence, la majorité ne se hasarde pas dans le Dubai Creek. Ce bras de mer, entre Deira et Bur Dubai, feuilletant les chapitres passés, dévoile le cœur historique, les souks, les musées, les maisons anciennes. Un jour, peut-être, Dubaï s’écroulera comme l’a prédit son fondateur, le cheikh Rachid ben Saïd Al Maktoum : « Mon grand-père montait un chameau, mon père montait un chameau, je conduis une Mercedes, mon fils conduit une Land Rover, son fils conduira une Land Rover, mais son fils montera un chameau. » Au rythme actuel d’exploitation, dans vingt ans, le gisement de pétrole sera tari. Le temps pour Dubaï de « Connecter les esprits, construire le futur », slogan de l’Exposition universelle qui a lieu du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022.

Au sommet du Burj Khalifa, le Sky Lounge, pour voir le coucher de soleil, prendre un drink et dîner.

Fans de Dubaï

Sheikha Hend Al Qassemi : en ligne de mire, l’avenir


Philanthrope, rédactrice en chef de Velvet, magazine de mode et de lifestyle, son altesse, née dans la famille Al Qassemi de Sharjah, ne conçoit pas l’existence sans activité professionnelle. Sa dernière entreprise ? « Heart in a Box » restaurant bobo chic avec club de lecture, expos, concerts, soirées poétiques. « Mes parents, universitaires, travaillent. Je suis leur chemin. Mon pays est un terrain d’exploration fabuleux pour exercer un impact positif sur la société. Comme les jeunes Émiriens, je rêve d’améliorer l’environnement, d’atteindre Mars, de construire les plus hautes tours, tout en veillant au bonheur de tous. Les musées de Sharjah, comme celui de la Civilisation islamique, sont mon refuge. »

Salem Alshamsi : le retour au pays


Conseiller juridique, enseignant à la Sorbonne d’Abu Dhabi, peintre, Salem, après des années d’études à l’étranger, est revenu dans l’émirat où il est né. « Dubaï, pour moi, c’est la transparence de la mer, le bleu intense du ciel que reflètent les gratte-ciel vitrés. C’est le parc Al Mamzar qui me rappelle mon enfance, avec son accès à la mer. C’est l’odeur du marché aux épices, les sons du souk de l’or, la flamboyance de celui des textiles. Dubaï dynamique, cosmopolite, inspirante, avec sa scène artistique en ébullition en des lieux comme Art Jameel, par exemple. J’aime y flâner en croquant les chocolats de Mirzam, prendre un verre au Golf & Yacht Club sur Dubai Creek. »

Mojgan Endjavi Barbe : l’art, c’est la vie


Mojgan promeut les artistes à travers sa fondation et sa collection, qui sera exposée de septembre à décembre à The Foundry, espace dédié à l’art contemporain. « Al Wasl, “connexion”, son ancien nom arabe, définit bien Dubaï. Elle a toujours été une plaque tournante. Au hasard des ruelles de Deira, Dubai Creek, Al Fahidi, les anciennes demeures des riches marchands, les tours à vent rappellent ce passé. « Si l’été je fuis Dubaï, écrasée de chaleur, en septembre, je retrouve mes marques à The Third, galerie d’art de l’Alserkal Avenue, à la Rain Room de Sharjah, installation artistique. Je prends mon petit déjeuner à l’Arabian Tea House à Al Fahidi, je déjeune au Mama’esh Me ou pique-nique sur la Kite Beach après avoir déniché des tissus dans les boutiques ethniques de Deira. »

Marie-Christine de Warenghien : Dubaï, une seconde maison

Après avoir habité 12 ans à Dubaï, Marie-Christine a créé sa société, Arabian Spirit, pour exercer le métier de guide conférencière. Dubaï, avec elle, se révèle sous son meilleur jour. « Quand j’y atterris, j’ai l’impression de revenir à la maison. Dubaï, ville de tous les possibles, melting-pot de nationalités, de cultures, unique grâce à la clairvoyance et la vision de ses dirigeants. Le spectacle des fontaines dansantes et lumineuses au pied du Burj Khalifa me réjouit toujours, tout comme les nouveaux musées sur les bords de la Creek : Birth of a City, Saruq Al Hadid, musée archéologique, Perfume House. Et si j’ai un conseil, un seul : courez à l’Exposition universelle, vous serez épatés. »

À The Creek, seul quartier historique, on emprunte un bateau en bois pour passer d’une rive à l’autre.
Ne pas manquer, quand la nuit tombe, The Dubai Fountain sur le Burj Lake, plus grand ballet aquatique du monde.

Expo 2020 Dubai : à l’orée du désert, le devenir de la planète

Première Exposition universelle dans un pays du MEASA (Moyen-Orient, Afrique, Asie du Sud), cet événement marquera aussi le cinquantième anniversaire de la création des Émirats Arabes Unis.

Le 1er octobre 2021, Expo 2020 Dubai ouvre ses portes, aux confins du désert, avec l’intention de fédérer le monde autour de son slogan :
« Connecter les esprits, construire le futur ». Les pavillons de plus de 190 pays, dont celui de la France, implantés dans une des trois zones (Opportunité, Mobilité, Durabilité), rivalisent d’audace architecturale et d’imagination pour mettre en scène les propos.

Culture, gastronomie et développement durable : les trois axes forts développés dans le pavillon français. © Farel Bisotto

Élégant, comme un miroir de lumières, signé par les architectes Jean-Luc Perez et Bernard Mauplot, de l’Atelier du Prado, et Jacob Celnikier et Pascal Grabli, le pavillon français, démontable, vertueux par ses matériaux, sa sobriété énergétique, s’est choisi comme ambassadeurs Thomas Pesquet, astronaute, et Jessica Préalpato, cheffe pâtissière. Chaque mois, une exposition temporaire autour de l’art (cinéma, arts plastiques, architecture, arts de la table…) mettra en valeur des secteurs de l’industrie française.

L’architecte britannique Asif Khan signe les trois portails en fibre de carbone à l’entrée des trois pôles Opportunité, Mobilité, Durabilité. © Hélène Binet

Balade de souks en musées

S’élever au sommet du Burj Khalifa, 828 mètres, demeure un incontournable, mais souks, musées, marchés offrent une vision moins convenue de Dubaï.

Au commencement étaient les souks

À l’opposé des malls avec les mêmes boutiques, les mêmes restaurants, les mêmes grandes surfaces que dans le monde entier, les souks, que l’on aborde en petit bateau, conservent leur côté bazar, foutraque. On traque « son » bijou dans les échoppes rutilantes du Gold Souk (souk de l’or). On s’approvisionne en zaatar et ras-el-hanout, en oud précieux et en eau de rose au Spice Souk (souk aux épices). Et au Textile Souk (souk aux textiles) on commande robes, costumes, chemises aux tailleurs, excellents et rapides, après avoir craqué pour des textiles de qualité. Puis, un soir, vers 19 heures, on file au souk bleu de Sharjah pour les antiquités et les vanneries, avant de dîner au Ripe Market, où cohabitent produits et restos bio dans une ambiance bobo.

Le plus charmant et encore authentique, le souk bleu de Sharjah.

Hier, aujourd’hui, demain

Différents, évolutifs, innovants, les deux derniers musées ouverts à Dubaï sont vite devenus incontournables. « Le musée du Futur est une icône architecturale mondiale qui montre que les miracles humains sont possibles. Il jouera un rôle essentiel dans nos efforts pour façonner un avenir meilleur » : ainsi parle le cheikh Mohammed ben Rachid Al Maktoum, à l’initiative de ce projet. Prouesse de l’architecte Shaun Killa, cet œil de 30 000 m2 orné de calligraphies a pour but de « voir et créer le futur » à travers ses studios de création et ses ateliers interactifs.
Trade Centre, Sheikh Zayed Road.

Comme un œil immense surplombant l’artère principale de la ville, le musée du Futur, ouvert pour l’Expo.

Le musée Al Shindagha, après ses pavillons Story of the Creek et Perfume house, ouverts en 2019, vient d’inaugurer le troisième, Birth of a City. Muséographie incroyable pour s’approprier l’histoire de l’émirat. 
Quartier Al Fahidi.

ME by Meliá, ovni 5-étoiles

Décédée en 2016, Zaha Hadid, architecte irako-britannique, après avoir peaufiné cet hôtel, ouvert en mars 2021, ne l’aura pas vu terminé.

Chef-d’œuvre posthume de Zaha Hadid, aussi surprenant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Un choc lorsque, après errements et détours dans le Business District en devenir, on débarque devant ces blocs de verre bleuté aux reflets noirs, comme en suspension entre le sol et le ciel. L’impression voulue par l’architecte : celle, rafraîchissante, de cubes de glace fondante. Génial à l’heure où le soleil éclaboussé de poussière, balafré de brume rosée, enflamme le Burj Khalifa, juste en face. Saisissant plus encore, l’atrium futuriste aux couleurs et aux formes tranchées desservant, sur trois étages, les 95 chambres et suites. Au cœur de ce vaisseau lounge, Zaha a imaginé des pétales de jasmin. Patrik Schumacher et Christos Passas, architectes de l’étude Zaha Hadid, ont respecté à la lettre le projet élaboré par la grande dame. Rien n’a été modifié : ni les teintes, ni le mobilier dessiné ou choisi par elle. On évolue dans son univers depuis la piscine extérieure, ceinte de gratte-ciel, aux restaurants, depuis les chambres aux salles de bains remarquables de Porcelanosa au spa, niché à l’écart.

La piscine, peu intime, entourée de tours, mais si agréable sous 40 °C

Du 100 % Zaha Hadid, le groupe espagnol Meliá ne l’ayant aucunement bridée. Avec raison, tant ce 5-étoiles s’inscrit dans l’esprit dubaïote d’un luxe différent, d’une hospitalité revisitée ; tant cette enveloppe de verre garantit un sommeil d’ange, des soirées divines et gourmandes, qu’on se calfeutre au creux des courbes ou qu’on se love à l’extérieur, dans un sofa moelleux.

L’incroyable lobby atrium du 5-étoiles, axe de passage obligé.

Deux hôtels au bord de l’eau

L’un, le SLS Dubai, reflète ses 5-étoiles dans la Creek, l’autre, Rove La Mer Beach, projette ses 3-étoiles sur les vagues douces.

SLS Dubai, fou, fou, fou

L’une des 250 chambres du SLS, le premier construit au Moyen-Orient.

Accor, en implantant un SLS, sa marque lifestyle, à Dubaï a mis la barre haut… Tout, dans ce 5-étoiles de 75 étages aux 254 chambres est plus, plus, plus. Plus, l’emplacement sur la Creek, face au Burj Khalifa. Plus, les deux piscines à débordement, les plus hautes du monde. Plus, le spa Ciel, de blanc paré. Plus, la gastronomie avec Fi’lia (« filles »), table italienne où ne travaillent que des femmes. Plus, le Carna, concept carnassier du boucher star italien Dario Cecchini, et sa collection de whiskys. Plus, le bar à caviar. Plus le Privilège, discothèque prolongée d’une terrasse. Et le plus du plus, les rooftops pour deux, secrets, romantiques. Champagne !

Rove La Mer Beach, comme un club de plage

Rove La Mer Beach, un 3-étoiles pour surfeurs et trendy people.

C’est à La Mer, nouveau quartier de Jumeirah 1, que le dernier des hôtels Rove vient d’ouvrir ; à deux pas des boutiques branchées, des guinguettes, des murs badigeonnés de fresques, style street art, et des loisirs nautiques. Son personnel, jeune, cool, veille avec bienveillance au bonheur des hôtes. La cuisine suit le mouvement entre le Drink Truck pour prendre un verre et le Daily pour savourer mezze, grillades, salades géantes. Ses 366 chambres, bien insonorisées, se déclinent vue mer ou vue sur la skyline à mini-prix, entre 87,50 € et 110 €. Une affaire à Dubaï avec la mer à portée de palmes, downtown à dix minutes, une piscine à débordement et un solarium.

En décor, les vagues, pour assiettes sous influence

À Dubaï, la cuisine se pare du meilleur de l’Occident et de l’Orient. Et les bonnes tables, dont nos deux coups de cœur, se nichent sur la plage.

Shimmers, inspiration grecque

Shimmers, du groupe Jumeirah, comme une cabane de plage tropézienne.

Le chef Roberto Rispoli, qui exerça au Royal Monceau et chez Mavrommatis, à Paris, invite le meilleur de la gastronomie hellénique sur la plage privée du Jumeirah Mina A’Salam. Ses plats se partagent, du tzatziki à la « vraie » salade grecque, des côtes d’agneau à la feta au poulpe grillé épicé et, pour les gourmands, l’onctueux yaourt grec au miel au Bougatsa de Thessalonique, à base de semoule. Un conseil : plonger, avant ou après ces agapes, dans la mer, décor du Shimmers posé sur le sable ombré par les palmiers. Le soir, ambiance drinks avec le soleil couchant en toile de fond et le Burj al Arab passant du mauve au vert et du bleu au rouge.

Drift Beach, table bio

Coup de jeune déco et bio pour le One&Only Royal Mirage. Beau et bon.

Toujours et encore la plage, au sein du One&Only Royal Mirage, dans un décor bleu des mers du Sud et bois flotté. Version pool bar, on croque sans-façon, en bermuda et bikini, dans des mini-burgers ou des pizzas à la truffe. Le soir, en robe légère et pantalon de lin, on s’attable dans le restaurant plus chic mais décontracté, pour piocher dans les recettes de Maxime Le Van. On adore les pâtes au homard, l’artichaut poché sauce yuzu et truffe, le risotto de la mer. Et on se régale, à deux, d’un mille-feuille géant vanille-framboise. Dîner conclu, on esquisse quelques danses au rythme des manettes du DJ ou on se glisse dans les flots pour un dernier bain.

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Article paru dans le numéro 118 d’Hôtel & Lodge

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