Douglas Kennedy : « Mon métier ? Écrivain voyageur ! »

Il écrit partout ! À Londres, Paris, New York ou Berlin. Chez lui, dans les cafés, l’avion, l’Eurostar, le métro… Esthète raffiné, il révèle un charisme empreint de force et de virilité attachante. Rencontre.

Propos recueillis par Monique Delanoue / Crédits photographies : © Max Kennedy / Julia Klimi / DR

Quels sont les lieux qui vous inspirent ?
Paris ! Mais mon Paris n’est pas celui des cartes postales. C’est celui des bistrots, des petits cinémas d’art et d’essai, des bars, des clubs de jazz, des salles de concert. J’habite depuis 12 ans dans le 10e. J’ai découvert la rue de Paradis, j’ai tout de suite adoré son nom et sa diversité. Au nord se trouve le canal Saint-Martin, très bobo et, au sud, c’est l’« Hindu Kush », très indien. Le matin, ça grouille de monde, le soir et le week-end, c’est vide et triste. Paris est une ville qui contient des dizaines de villes. Honnêtement, je vis entre Paris, New York, Londres et Berlin.

Pourquoi ce besoin de bouger ?
Pour éviter l’ennui et maintenir la curiosité. Ici et là, tout le temps ! Une de mes ex m’a dit : « Tu es impossible, c’est comme avoir des relations avec une balle de ping-pong. » (Rires.) La vérité est que je suis un écrivain voyageur, c’est mon métier. Un sac à dos, une sacoche avec mon ordinateur, un calepin, un stylo-plume et quelque chose à lire, voilà mon plaisir.

« Toutes les grandes villes sont comme des poupées russes : on ouvre et on en découvre une autre », dites-vous. Pourquoi le choix d’une ville à chacun
de vos romans* ?

Pour leur côté cosmopolite ! Je m’inspire du bitume, de l’âme d’une cité. Le bling-bling d’une ville ne m’intéresse pas. Mon dernier roman, Les hommes ont peur de la lumière, se passe à Los Angeles. Là où l’on fait des choses très noires en plein soleil ! Il y a deux types de romanciers modernes : ceux qui se regardent le nombril et ceux qui regardent la rue, comme moi. Je suis aussi attiré par les grands espaces, j’ai une maison dans le Maine. Mais une ville est romanesque.

Votre premier livre, Cul de sac, avait pour décor l’Australie, un continent qui vous fait rêver ?
Il me passionne ! C’est si vaste et si vide qu’on a l’impression d’être au milieu de la fin du monde. J’adore Sydney, Melbourne, et ce continent, aussi grand que les États-Unis, avec seulement 25 millions d’habitants.

Quel voyageur êtes-vous ?
J’apprécie « la vie à l’hôtel » car quelqu’un fait mon lit tous les jours, pas besoin de faire les courses, et l’on peut fermer la porte sur le monde extérieur. Tous les écrivains adorent les hôtels.

Kastellórizo : « Une Française dirige l’hôtel Mediterraneo, au style magnifique, design et grec en même temps. J’y passe 10 jours par an sans travailler, ce sont mes seules vacances, toujours dans la même suite au rez-de-chaussée avec la piscine et la mer à ma porte. » © Julia Klimi

Des rêves de voyage ?
J’ai réalisé l’un d’eux en passant deux semaines en Patagonie, Argentine et Chili, extraordinaire ! J’aimerais retourner en Inde. Découvrir la Chine, que je ne connais pas. Visiter l’Alaska et le nord extrême, et l’Antarctique. Ma philosophie de vie étant celle-ci : tout est supportable avec un billet aller-retour.

Hôtel & Lodge fête ses 20 ans… Et vous, où étiez-vous en 2002 ?
Dans les Rocheuses canadiennes, au Post Hotel & Spa, Lake Louise, à faire du ski et écrire un roman.

Post Hotel & Spa, Lake Louise, un Relais & Châteaux haut de gamme et chaleureux situé au cœur des Rocheuses canadiennes : « Le style est le même que celui des montagnes suisses, j’y reste trois à quatre semaines par hiver, j’y fais du ski de fond et j’écris des romans ! »

Son coup de cœur : Lausanne Palace, « un hôtel hyper raffiné »

« C’est très grand, avec une immense piscine, un club de sport, et à 10 minutes à pied du lac Léman suisse, j’adore ça ! Je n’ai pas besoin de luxe à tout prix, je fréquente différents hôtels pleins de charme, mais c’est très agréable de se retrouver dans un grand hôtel qui marie le confort, le charme, la modernité et le design, et dont la vue donne sur un paysage de rêve. Et surtout, on m’accueille chaque année de manière fantastique ! »

Article paru dans le numéro 122 d’Hôtel & Lodge

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