Didier Van Cauwelaert : « Mon esprit s’est construit sur l’humour frondeur et bienveillant des Niçois »

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Didier van Cauwelaert a écrit plus d’une vingtaine de romans (dernier en date, L’Inconnue du 17 mars, paru chez Albin Michel), plusieurs pièces de théâtre et spectacles musicaux. Il cumule prix littéraires (Goncourt en 1994 pour Un aller simple) et succès en librairies. Né à Nice dans une famille d’origine belge, il garde un lien très fort avec la Cité des Anges.

Propos recueillis par Céline Baussay

« À l’origine, Nice tourne le dos à la mer, et le soleil est son ennemi. Ce sont les Anglais et les Russes qui lui ont donné son image balnéaire. C’est une ville qui s’est toujours nourrie de l’immigration – climatique, sanitaire, politique, raciale… Aucune autre n’a jamais recueilli et nourri autant d’écrivains, de peintres, de musiciens.

Entre mer et montagne, Nice inspire peintres, musiciens et écrivains. © ville de nice

Nice est une ville qui fait mentir beaucoup de jaloux. Non, ce n’est pas une carte postale figée, une cité de vieux, un poste avancé de la mafia des casinos, un désert culturel… Ses universités sont remarquables, son Théâtre national est devenu naguère, sous la direction de Daniel Benoin, la première scène de province en termes de fréquentation, et son programme de lutte contre l’illettrisme, “Lecture pour tous”, organisant chaque mois la venue d’écrivains dans les écoles, hôpitaux, prisons, est unique en France. »

Je suis né dans le Vieux-Nice, quand le cours Saleya et son célèbre marché étaient encore couverts par un toit en ciment. J’ai vécu tout gamin sa destruction, et la découverte de la perspective somptueuse sur la colline du Château. La mer et la montagne si proche ont façonné mon corps, et mon esprit s’est construit sur l’humour frondeur et bienveillant des Niçois. C’est mon lieu de création privilégié. J’y ai créé ma pièce Le Rattachement, mon opéra Dreyfus, sur une musique de Michel Legrand, j’y ai tourné mon film J’ai perdu Albert et situé une demi-douzaine de mes romans. »

Ses adresses préférées à Nice

L’hôtel Aston La Scala : pour une nuit ou juste un verre sur le toit-terrasse, qui domine le Vieux-Nice et la spectaculaire promenade du Paillon. 12 avenue Félix-Faure, hotel-aston.com.

Le Saint-Paul : un ancien séminaire rénové avec sa plage confidentielle. Un hôtel discret aux prix très serrés, dans un cadre magique. 29 boulevard Franck-Pilatte, lesaintpaul-hotel.fr.

Chez Acchiardo : restaurant de famille depuis trois générations. Vraies spécialités niçoises de grand talent à petits prix. 38 rue Droite.

La Petite Maison : même principe, en plus cher. La table incontournable de Nice. 11 rue Saint-François-de Paule.

Le musée Matisse : mon préféré. Un palais génois du xviie abritant une extraordinaire collection à l’ambiance intime. 164 avenue des Arènes-de-Cimiez, musee-matisse-nice.org.

Deux librairies : elles sont chères à mon cœur, pour la passion qui les anime, Jean-Jaurès (2 rue Centrale) et Masséna (55 rue Gioffredo).

Photo portrait : © Astrid di Crollanza

Rencontre publiée dans le numéro 114 d’Hôtel & Lodge

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