« Les Conversations » #13 : entretien avec Laurence Berlemont du Cabinet d’Agronomie Provençale

« Les Conversations », nouveau format d’échange d’Hôtel & Lodge et du collectif Singularités HFT, a reçu Laurence Berlemont, du Cabinet d’Agronomie Provençale.

Interrogée par Pascale Boissier du collectif Singularités HFT, Laurence Berlemont a commenté, en tant qu’investigatrice de l’agriculture durable, l’avenir des nouvelles formes de culture biologique et respectueuse de l’environnement, dans le secteur de l’hôtellerie/restauration.

La crise actuelle fait réfléchir les acteurs de l’hôtellerie et de la restauration sur de nouvelles pratiques de production, plus respectueuses et plus durables. Ils s’orientent notamment vers une production locale, de saison et si possible au sein-même de l’entreprise.

À travers son projet « Potager & compagnie », Laurence Berlemont sensibilise les entreprises, restaurants et hôtels à ces problématiques actuelles et les accompagne dans leur conversion : « Pour l’instant, une dizaine d’entreprises ont manifesté leur intérêt », explique-t-elle. Elle précise toutefois qu’on ne s’improvise pas maraicher et que « peu de gens sont capables de tenir un potager sans passer par une formation sérieuse. »

Des formations spécifiques

Afin d’initier le plus grand nombre au maraichage bio, elle prévoit, à compter du 30 juin, une série de formations spécifiques, dont la première porte sur une nouvelle façon de redonner vie aux sols ayant été malmenés, en constituant sa propre « litière forestière » à base de « mucus » trouvé dans la forêt la plus proche. D’autres seront consacrées à « l’apiculture » ou à la gestion d’un poulailler. Dès l’automne prochain, La Cabinet d’Agronomie Provençale organise de nouvelles formations, plus complètes et étendues sur une semaine, dédiées aux projets d’ouvertures de ferme et aux étapes à suivre.

À chaque hôtel, sa « ferme urbaine »

Ce savoir-faire durable se développe dans le secteur de l’hôtellerie/restauration et une volonté de régénérer l’écosystème et l’environnement est en passe de devenir la norme, en témoigne Laurence Berlemont : « L’année prochaine nous allons développer un partenariat avec un restaurant proche de chez nous. Nous souhaitons être en mesure de leur proposer la moindre variété de fruit ou de légume qu’ils ne seraient pas en mesure de se procurer. »

La tendance se confirme : de grands groupes comme Accor aménagent de véritables « fermes urbaines » sur les toits de leurs hôtels où plus de mille potagers y ont été implantés. Néanmoins Laurence Berlemont, qui encourage vivement l’usage de ces nouvelles pratiques, conseille d’y aller crescendo : « Il y a un risque qu’un projet ne fonctionne plus s’il n’y a personne pour le coordonner (…) le maraichage est un métier technique et qui nécessite un certain nombre de compétences. »

 

Texte : Charlotte Engel – Hôtel & Lodge