Villa Nai 3.3 : l’île de l’or vert

Inaugurée l’an dernier sur une île au large de Zadar, en Croatie, l’étonnante Villa Nai 3.3 se fond littéralement au cœur d’un domaine d’huile d’olive bio, l’un des plus réputés au monde. Un lieu à part, isolé et magnétique.

Par Céline Baussay / Crédits photographies : © Tom Dubravec / D. Fabijanic

Depuis 1607, plusieurs hectares de terres vallonnées sur l’île de Dugi Otok, à mi-distance de Dubrovnik et de Venise, sont exploités par la même famille d’oléiculteurs. Leur huile d’olive extra-vierge bio s’appelle Nai 3.3 : « Nai » signifiant « la neige » en dialecte dalmate, et « 3.3 » faisant référence au constat que « lorsqu’il neige en moyenne 3,3 jours par an, on sait que la récolte sera meilleure », explique Goran Morovic, descendant de la famille et actuel propriétaire avec sa femme Nives.

Goran Morovic, ingénieur de métier, et son épouse Nives, professeure, ont planté 1 000 oliviers en 2009 sur le domaine pour le relancer, puis ont créé l’hôtel 12 ans plus tard.

Le goût unique et la richesse en polyphénols, excellents pour la santé, de Nai 3.3 lui ont permis de remporter plusieurs distinctions. Son succès est planétaire.
Peu à peu a émergé l’idée de lancer une activité complémentaire : un hôtel, respectueux de l’environnement. Une gageure sur ce terrain rocheux, accidenté, qui descend à pic jusqu’aux rivages de l’Adriatique.

Face à la piscine d’eau salée, la mer turquoise et les micro-îles voisines. Classés Unesco, le parc naturel Telascica et le parc national de Kornati, aux paysages à grand spectacle, sont à quelques minutes en bateau, au sud de Dugi Otok.

C’est là qu’est intervenu l’architecte croate Nikola Basic, créateur de « l’orgue marin », une œuvre composée de tubes invisibles qui diffusent sur le front de mer de Zadar différentes notes de musique selon la force des vagues. D’un coup de crayon, pour faire avancer le projet, il a esquissé un arc de cercle de chambres d’hôtel creusées dans la roche. Aujourd’hui, Villa Nai 3.3 ressemble trait pour trait à ce dessin. Les cinq chambres et trois suites s’intègrent dans la colline en suivant une ligne courbe.

Comme en embuscade, les cinq chambres et trois suites ont été creusées dans la roche, avec une étonnante perfection géométrique. Le toit est recouvert de plantes méditerranéennes.

Seules les terrasses, séparées de murs de pierres sèches extraites sur place, s’avancent, telles des proues de paquebot, pour offrir en visu les milliers d’oliviers en rangs serrés d’un côté, l’Adriatique à l’infini, de l’autre. Une fois à l’intérieur, espace et lumière rassurent, l’effet grotte n’est qu’un leurre. Le design italien est mis à l’honneur : mobilier Giorgetti en partie sur mesure, salles de bains en marbre de la maison Agape, linge de lit et de bains Frette, lampes Artemide.

Lumière abondante, couleurs naturelles en harmonie, plafond dessiné, mobilier
italien sur mesure : l’esthétique des chambres a été particulièrement soignée.

Si l’île de Dugi Otok et ses minuscules ports de pêche, Zman, Zaglav ou encore Sali, ont conservé leur aspect rustique, Villa Nai 3.3 joue résolument la carte du luxe contemporain et du service d’exception. Dès son ouverture, elle était d’ailleurs déjà labellisée Leading Hotels of The World. À l’entrée, un impressionnant moulin à huile exposé bien en évidence attire le regard curieux des clients. Le long lobby-salon mène directement au restaurant gastronomique et sa terrasse. Autre option pour le dîner, la cour intérieure cernée de hauts murs de pierres blondes où sont préparées, dans deux grands barbecues, des grillades de poissons de Dalmatie et de viandes de Galice, seule entorse au tout-local.

L’équipe en cuisine utilise presque exclusivement des produits locaux pour ses deux restaurants, 3.3 et Grotta 11 000 (le premier habitant de Dugi Otok y vivait il y a 11 000 ans).

Bien sûr, l’huile d’olive maison a sa place dans toutes les assiettes, et même jusqu’au spa, avec piscine intérieure d’eau de mer et sauna, où elle est utilisée pour certains massages. Les clients sont invités à participer à des dégustations ou encore à la récolte de l’or vert, en automne.

Article paru dans le numéro 122 d’Hôtel & Lodge

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