C’est dans un majestueux hôtel particulier, à deux pas de la cathédrale Saint-Pierre, qu’a ouvert fin 2025 le premier hôtel 5-étoiles de Nantes, en lieu et place de l’ancien siège régional de Pernod. Séjourner à Maison Maubreuil, c’est faire un pas de côté et vivre un moment suspendu.
Texte Bénédicte Le Guérinel
Après avoir traversé une belle cour dallée et franchi le seuil du bâtiment du XIXe siècle, l’aventure commence. Atmosphère feutrée, éclairage tamisé, comptoirs d’accueil anciens… Dès l’entrée, le temps semble s’être arrêté. Quel raffinement, quel sens du détail dans ce décor d’antan ! Même sensation, pimentée de dépaysement, dans le Bar d’Albert, à l’esprit Années folles, avec son immense comptoir chiné aux états-Unis, ses lourds rideaux Casamance, ses petits fauteuils en velours frangés de passementerie Houlès et ses luminaires en bronze doré sur le thème des paons signés Marie Martin. Tout incite à ralentir et à baisser la voix. On y partage aussi bien un déjeuner léger qu’un 4 o’clock tea ou un cocktail sophistiqué avant de dîner.
L’expérience se prolonge dans les chambres, avec pour chacune une destination de voyage. Ici, c’est le Tibet. Là, le Pérou, l’Inde, l’Angleterre, le Japon ou même le Paris Art nouveau. « Je ne veux pas que les clients viennent dormir à Maison Maubreuil, je veux qu’ils viennent passer un moment hors du temps, souligne Philippe Rousse, le propriétaire, qui est aussi un grand collectionneur d’art. Pour chaque chambre, je suis parti d’une œuvre, qui a donné le ton au décor de la pièce. Ce peut être une porte indonésienne, un lit tibétain, une tête de lit pékinoise ou un vitrail aux motifs de branches de cerisier évocateur du printemps japonais. Au total, ce sont 1 000 œuvres d’art que j’ai disséminées çà et là, et dont je connais l’histoire pour chacune. »



Comme pour son grand frère le Château de Maubreuil situé à Carquefou, en région nantaise, ce voyage dans le temps s’accompagne de tout le confort et de la technologie d’aujourd’hui. Petites attentions gourmandes, brume d’oreiller, sèche-cheveux Dyson, toilettes à la japonaise mais aussi enceinte Marshall, tablette murale et fermeture des rideaux par simple effleurement d’un bouton participent au plaisir du séjour tout en restant connecté avec notre époque. Car au dehors, la vie continue de s’écouler.
Félicie, brasserie chic et cachée

Pour dîner, c’est à la cave que cela se passe. Creusée sous l’hôtel (qui ne possédait pas de sous-sol), elle cultive un charme suranné avec ses voûtes recouvertes de briques, son parquet de récupération et son fumoir à cigare. Dans une ambiance intime et feutrée, au milieu de 3 000 bouteilles de vin, on y déguste une cuisine bourgeoise de brasserie parisienne début de XXe siècle : joue de bœuf et sole levée en filets servis au guéridon, joli choix de légumes en cassolette et desserts de grand-mère réconfortants.
Article paru dans le numéro 144 d’Hôtel & Lodge.



