Les Haras ~ Strasbourg

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Après les chevaux, les hommes : à l’issue d’une audacieuse reconversion signée par l’agence Jouin-Manku, les anciens Haras royaux de Strasbourg accueillent de nouveaux hôtes. Qui n’y sont pas nourris de foin et n’y dorment pas sur la paille…

PAR RAFAEL PIC | PHOTOS HÉLÈNE HILAIRE / AGENCE JOUIN-MANKU

«On l’appelle la seconde Révolution française ! » tonne le professeur Marescaux dans la salle de réunion. De quoi s’agit-il ? De l’excellence hexagonale dans le domaine de la chirurgie non invasive. L’orateur en est l’un des symboles – on se souvient de l’opération de “télé-chirurgie“ qu’il mena depuis New York, via un écran d’ordinateur, sur un patient en France. D’où la nécessité de disposer d’un hôtel de prestige ! Présenté de façon aussi raccourcie, le lien de cause à effet n’est pas évident, mais s’explique aisément : à Strasbourg, autour de ce savoir-faire médical de pointe s’est développé un véritable campus, l’IRCAD. Des chirurgiens du monde entier y viennent toute l’année suivre des stages de spécialisation : en 2013, ils furent 4 200 de 92 nationalités différentes. Pourquoi ne pas mettre à leur disposition (et à celle des touristes) un établissement de standing ? Encore fallait-il le trouver… Le hasard fit bien les choses. À quelques pas des laboratoires se trouvait un bâtiment historique du XVIIIe siècle, classé en 1922 et laissé à l’état de semi abandon depuis une décennie : les haras royaux. La vaste cour intérieure – presque une place royale – et l’élégante façade de grès rose aux arcades en plein cintre furent le décor d’une célèbre Académie équestre créée en 1753 par le marquis d’Argenson.

En 2005, le rideau tombe sur deux siècles et demi d’art hippique avec le départ des derniers étalons. La ville s’interroge sur le devenir de ce lieu prestigieux mais à la reconversion problématique : y installer un élevage de poules d’Alsace ? La transformer en caserne de la police montée, comme au Canada ? C’est sous la baguette du duo Patrick Jouin-Sanjit Manku que le virage de l’avenir est pris. Cinquante-cinq chambres, où règnent le cuir et le bois, prennent la place des stalles et des logis des écuyers. La grande écurie, avec sa charpente unique, devient le cadre d’une brasserie de prestige orchestrée par Marc Haeberlin. Un escalier vertigineux y mène au premier étage, où une yourte en cuir façon sellier accueille les convives épris du calme des steppes. Le cheval n’est plus mais son esprit demeure…

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