Dar Sabri ~ Tunisie

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Vénérable demeure de 250 ans d’âge au coeur de Nabeul, le Dar Sabri est un pionnier : il adapte à la Tunisie le concept d’hôtel de charme.

PAR RAFAEL PIC – PHOTOS LOUIS-PHILIPPE BREYDEL

 

Le Golfe d’Hammamet ? Une succession d’hôtels en bord de plage où les estivants européens prennent du bon temps, largement déconnectés de la réalité locale. Une fatalité ? Pas forcément. Dans ces parages, les villes sont d’une antiquité qui n’a rien à envier au Vieux Continent. Pourquoi ne pas s’y immerger, dans le dédale des rues et des souks, dans les sons, les odeurs et les couleurs qui séduisirent tant l’austère Edgar Faure en 1942 ? C’est le pari qu’a relevé Sabri Oueslati, manager belgo-tunisien. À Nabeul, cité de 50 000 habitants, capitale de la poterie vernissée, il s’est inspiré de l’exemple de Marrakech pour créer un hôtel d’un genre nouveau : une demeure traditionnelle restaurée, un riad local organisé autour d’un patio où tinte une fontaine. À l’étage, sur la terrasse, là où les familles faisaient sécher les grains de couscous sur de grands draps, une piscine de poche dessine une tache émeraude dans l‘éclat de la chaux.

En pleine médina, la mémoire d’une ancienne maison arabe réhabilitée dans un style contemporain

Quelques pas seulement, et l’on boit sa tasse brûlante sur les banquettes du café Rachidia, on négocie une vieille timbale en cuivre, on fait provision de souak, la “plante-dentifrice”, au souk alimentaire. Havre d’Andalous chassés d’Espagne après la prise de Grenade en 1492, bastion d’une importante communauté juive, Nabeul était déjà sur la carte du monde il y a 2 500 ans : les Spartiates vinrent y chercher des renforts contre Athènes lors de la guerre du Péloponnèse. On peut se perdre dans ces ruelles qui ont tant de siècles à raconter. Mais l’on peut aussi s’isoler derrière la belle porte en bois du Dar Sabri, jouir de la fraîcheur des quatre suites, s’affaler langoureusement sur la doukkana, le lit aux montants sculptés, entre coussins moelleux Lelièvre, mobilier ultracontemporain et fresques oniriques d’Ymen Berhouma. C’est jeudi : en bas, la cuisinière explique doctement la différence entre tajine marocain et tajine tunisien. Les oeufs battus, l’huile d’olive, le persil, l’artichaut : déjà les odeurs s’échappent du four… Demain ce sera le jour du couscous. Puis l’on ira boire un café au Rachidia, respirer le jasmin, tenter à nouveau sa chance chez l’antiquaire de la médina. La routine a du bon…

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