Hôtel du Palais : Biarritz impériale

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Icône de la Côte basque, la villa d’été offerte par Napoléon III a l’impératrice Eugénie a retrouvé l’éclat et le faste de son Age d’or : résultat d’un rafraichissement à la fois ambitieux et minutieux qui fait de l’Hôtel du Palais un palace historique nouvelle génération.

Par Céline Baussay

Éblouissante Rotonde, le restaurant gastronomique, avec ses dorures à la feuille d’or, ses chandeliers en cristal, les rayons du soleil et la vue directe sur l’océan, de toutes les tables. ©  Maïté Photos

Bâtie en 1854 en surplomb de la Grande Plage de Biarritz, la Villa Eugénie a été transformée en Hôtel du Palais 50 ans plus tard. Elle a vécu de folles années, des fêtes légendaires. Son livre d’or réunit tout le gotha et les stars du xxe siècle.

La salle de bains de la suite Ambassadeur, inondée de lumière naturelle et décorée avec une photo d’archives en grand format. @ Hôtel du Palais

Aujourd’hui, après deux ans et demi de fermeture, la machine, désormais sous la bannière The Unbound Collection by Hyatt, est relancée, portée par une équipe renouvelée dans ses postes clés : directeur général, chef des cuisines, chef pâtissier, chef barman, chef sommelier…

La suite Sissi impératrice : un univers feutré, rouge et pourpre, style Empire. @ Maité Photo

Les codes couleurs de l’Empire sont respectés, le somptueux mobilier est bien en place, les abeilles impériales habillent toujours les marches de l’escalier, la piscine californienne est prête : les habitués du seul palace de la côte Atlantique peuvent se rassurer.

Brasserie chic, lieu vivant de l’hôtel par excellence, Le Lounge a pris la place de l’ancien bar, entre le lobby et La Rotonde. Avec l’Atlantique en ligne de mire. © Maité Photo

Le changement visuel le plus net vient de la lumière du jour qui irradie tous les espaces et en particulier le lobby : un univers immaculé, entre les colonnes de marbre, le sol éclatant, les murs blancs, sublimé par les dorures des lustres. Plusieurs nouvelles chambres jouent une partition pastel, chic et intemporelle, quand d’autres, celles du 5e et dernier étage, portant les noms de célébrités qui y ont séjourné (Loti, Hemingway…), révèlent une influence marine avec fenêtres-hublots et murs peints en bleu et blanc.

La somptueuse bâtisse ocre et sable domine la piscine californienne du palace, son jardin, ses terrasses et la mythique Grande Plage de Biarritz. @ Hôtel du Palais

Le restaurant gastronomique La Rotonde exploite enfin pleinement sa vue à 180° sur l’océan à travers des baies vitrées désormais d’un seul tenant. Le Lounge, ouvert en continu, et sa terrasse aux beaux jours offrent une alternative plus simple pour un petit déjeuner tardif, un repas sur le pouce ou une pause thé-pâtisserie. Le bar Napoléon III fait l’unanimité avec son riche décor bleu royal, très théâtral, sublimé par son lustre en cristal de 410 kg. Peut-être une allégorie pour évoquer le poids de l’Histoire…

Les acteurs du renouveau

Didier Beautemps et Valeria Sanchez (Atelier Cos)

ont été missionnés pour revoir à la fois l’architecture extérieure et intérieure.
@ Jana

« Nous souhaitions réveiller la sensation de pénétrer dans un morceau d’Histoire, tout en intégrant les nouveaux usages hôteliers. Nous nous sommes attachés à retrouver les volumétries, les vues, la lumière naturelle, y compris dans les couloirs. L’ambiance et la magie du lobby ont été préservés, et pourtant, cette pièce magnifique a subi des changements fondamentaux : la position de l’accueil-concierge et la réception, la création d’un accès à la terrasse… Encore plus net, le bar Napoléon III, créé dans l’ancien salon Eugénie : nous avons rouvert des portes existantes vers l’extérieur, et le choix du monochrome bleu foncé s’est imposé pour moderniser le lieu. »

Romain Voltan

ébéniste, il est l’un des sept artisans d’art des Ateliers Folin, qui restaurent et entretiennent le mobilier comme à l’époque napoléonienne. Dans les règles de l’art.
© Hôtel du Palais

« L’Hôtel du Palais est le seul en France à posséder ses propres ateliers, labellisés Entreprise du Patrimoine vivant. Nos métiers sont différents, mais complémentaires : un fauteuil peut passer successivement chez l’ébéniste, le peintre-décorateur, puis le tapissier et la couturière. La collection de meubles de l’hôtel est fascinante par sa variété et sa richesse historique. On découvre parfois des mécanismes cachés, des tiroirs secrets. Mais surtout, elle n’est pas enfermée dans un écrin ou un musée, elle vit. Même si ce sont des meubles de style et d’époque, les clients les utilisent au quotidien ! »

Aurélien Largeau

jeune chef de 29 ans, a été formé par Christophe Hay, qui lui a confié La Table d’à Côté, dans l’Orléanais, étoilée en 2019. L’Hôtel du Palais fut l’un de ses premiers employeurs.
@ Delphine Pernaud

« J’ai passé les neuf mois avant la réouverture de l’hôtel à parcourir le Pays basque, à rencontrer les producteurs, à tester les produits. J’aime le mélange terre-mer. J’ai trouvé une race de vache, la pirenaika, au goût unique. Et un maïs grand roux amer et non sucré. J’en fais d’ailleurs un risotto, le “maïssotto”. Mon plat signature est aussi sur la carte : le homard de casier cuit aux aiguilles de pin, qui lui donnent un côté fumé. Tout l’art de la table a été repensé : les verres soufflés à la bouche de la maison Lehmann à Reims, les couteaux des Couteliers basques avec 21 manches en bois différents… »

Alessandro Cresta

directeur général, a quitté l’Hôtel Martinez à Cannes pour rejoindre l’Hôtel du Palais. À son actif, donc, deux rénovations XXL.
© Delphine Pernaud

« À part les volumes et les hauteurs de plafond, tout a été revu, y compris le système électrique, les ampoules – remplacées par des LED –, les conduites d’eau, les façades, les toitures : 70 000 ardoises ont été changées ! Nous nous sommes projetés dans dix ans. Notre clientèle est fidèle, mais il faut la renouveler. Désormais, les portes des chambres peuvent s’ouvrir avec un smartphone via l’appli World of Hyatt, un QR code sur les écrans plasma remplace le directory… Nous avons aussi repensé l’hôtel comme un lieu de vie sociale dans la ville, où l’on vient sans hésiter boire un café sur la terrasse en journée ou un cocktail au coucher du soleil. »

www.hyatt.com

Article paru dans le numéro 116 d’Hôtel & Lodge

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