Apatoa, un rêve polynésien

Le dernier-né de l’hôtellerie polynésienne a vu le jour sur Raiatea, la plus grande des îles Sous-le-Vent. Aboutissement d’un projet familial mûri avec passion, ce lodge sous les tropiques, indépendant et atypique, fait souffler un vent de nouveauté bienvenu.

Texte Jean-Bernard Carillet

«Cet endroit a une âme, qui nous a littéralement happés ! » En 2019, Didier et Nathalie Candalot sont tombés amoureux de Raiatea et de sa zone la plus sauvage et préservée, à la pointe sud-ouest de cette île qui, jusqu’alors, se distinguait par l’absence notable d’hôtels de standing, à la différence de sa célèbre voisine Bora Bora. Après plusieurs années de travaux, ils ont ouvert Apatoa, il y a un peu plus d’un an. L’accomplissement d’un rêve pour ce couple originaire de la région de Bordeaux, deux chefs d’entreprise issus du milieu de l’aéronautique : « Nous voulions nous démarquer des codes habituels de l’hôtellerie. Ce concept est le fruit d’une démarche personnelle. Nous avons dessiné chaque espace, imaginé chaque détail. » Le résultat ? Un établissement inclassable, mi-lodge tropical, mi-hôtel boutique, mâtiné d’une touche glamping de luxe, qui marie élégance contemporaine internationale et authenticité polynésienne.

Un paysage de carte postale, et en prime, la proximité avec de magnifiques îlots et la barrière de corail. © Jean-Bernard Carillet
Point fort de l’Apatoa, sa localisation, les pieds dans le sable, en bord de lagon. Un paradis ! © Jean-Bernard Carillet

Le cadre, d’abord : une propriété de 3 hectares totalement isolée, loin de tout voisinage, dans une jolie baie dominée par des contreforts montagneux tapissés d’une luxuriante végétation, à presque une heure de route d’Uturoa, la principale agglomération de Raiatea. Elle ouvre sur le lagon, dans une zone ultra-calme, à l’abri du maraamu, le vent dominant. Une petite plage de sable doré frange le littoral et un ponton en bois conduit à une zone de baignade et de snorkeling, à l’aplomb d’un récif foisonnant de vie. Pas de passage de bateaux, pas de jet-ski, aucune autre construction visible. La quiétude est maximale, comme dans une bulle, en immersion dans une Polynésie originelle. L’Apatoa est à dimension humaine (15 villas), ce qui garantit des prestations personnalisées. L’architecture de chaque villa s’inspire de la forme des trocas et des conches, des variétés de coquillages présents dans les lagons polynésiens. Dix sont disséminées dans un vaste jardin tropical, les cinq autres sont en bordure de lagon, avec piscine privative et deck orienté vers le soleil couchant. Elles sont couronnées d’une toile tendue bioclimatique qui participe au refroidissement par la circulation d’air entre la toile et le toit. « Nous avons transposé notre culture d’ingénieurs aéronautiques dans la conception des hébergements ; d’où le choix des matériaux et les innovations technologiques déployées, pour favoriser la durabilité », souligne Didier Candalot. 

L’intérieur des villas, un mélange harmonieux de couleurs et de textures, de douceur et de lumière. © Jean-Bernard Carillet
La piscine à débordement et le long ponton qui s’avance dans le lagon, idéal pour profiter du coucher du soleil. © Jean-Bernard Carillet

Vitrages feuilletés et verres teintés avec films spéciaux, sols en matériaux composites imitant le bois, utilisation de la pierre, du métal et du verre recyclé… Dans l’aménagement intérieur, on navigue entre plusieurs textures, cordes, lins, bois et cotons, et une palette de couleurs qui se partage entre le blanc, le gris, le taupe et le grège. La déco s’appuie sur des objets récoltés dans la nature environnante : bois flotté, coquillages, écorces, fleurs séchées, amandes, éponges naturelles, tapa et nacres. Mention spéciale pour le rideau de douche, un assortiment de chaînes composées de maillons en alu anodisé. Les tissus (voilages, coussins, nappes, chemins de lit) ont été conçus en Polynésie, fabriqués en Bretagne et cousus sur place. La touche de fantaisie est apportée par des fresques murales, au-dessus des lits, œuvres de GraffMatt, un graffeur-peintre mandaté pour l’occasion. Elles représentent des scènes de la vie locale, dans l’esprit d’un carnet de voyage. D’autres grandes fresques agrémentent les parties communes, autour de la réception et de la piscine. Le jardin profus est planté d’essences locales apportées par les habitants.

Les lignes modernes de la bâtisse principale se fondent dans la végétation luxuriante. © Jean-Bernard Carillet
Nathalie et Didier Candalot, les propriétaires-exploitants de l’Apatoa, originaires de la région bordelaise, tombés amoureux de Raiatea. © Jean-Bernard Carillet

L’Apatoa est également une très bonne table. Son restaurant, l’Atipika’a, face au lagon, est réputé pour sa cuisine bistronomique aux saveurs polynésiennes. Le chef travaille des produits locaux de première fraîcheur, notamment le poisson, apporté chaque matin au ponton par les pêcheurs. À l’heure de l’apéritif, il fait bon se lover dans les « coconut pods » (petites alcôves en forme de noix de coco) au Chill Out Bar, un cocktail à la main, face aux feux du couchant. Côté activités, outre les classiques équipements nautiques (kayaks, paddle, snorkeling), l’Apatoa organise une mémorable sortie pique-nique et baignade, privative, sur un minuscule îlot du lagon, entouré d’une eau d’un turquoise éblouissant. Un site exceptionnel, propice à la robinsonnade. Le mythe polynésien dans toute sa splendeur.

Raiatea, l’île sacrée

© Jean-Bernard Carillet

Bien moins connue que sa voisine Bora Bora, Raiatea est une île très nature. L’intérieur, au relief prononcé (certains sommets frisent les 1 000 mètres d’altitude), dégage une impression de mystère impénétrable. Surnommée « l’île sacrée », Raiatea est aussi considérée comme le berceau de la culture et de la spiritualité polynésiennes. C’est là que se trouve le marae Taputapuātea, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce site cérémoniel, constitué de grandes esplanades dallées, qui accueillaient des activités sociales, politiques et religieuses avant l’arrivée des Européens, est un haut lieu de la mythologie polynésienne dans tout le Pacifique Sud.

Y Aller

Air Tahiti Nui relie Paris à Papeete toute l’année avec jusqu’à sept vols hebdomadaires en Boeing 787-9 Dreamliner. Trois classes de voyage : la Poerava Business, avec siège inclinable à plat, la Moana Economy, et la Mānava Premium, entièrement repensée et améliorée depuis octobre 2025 pour un confort optimal. L’expérience à bord est immersive et le personnel navigant 100 % polynésien. Lors des formalités de transit à Los Angeles, les passagers passent par un comptoir dédié, ce qui évite les files d’attente. A/R à partir de 1 500 €, incluant un bagage cabine, un bagage en soute (et un bagage supplémentaire pour équipement sportif), des repas chauds avec boissons, ainsi qu’une trousse de confort. airtahitinui.com

Article paru dans le numéro 147 d’Hôtel & Lodge.

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