Barrière Le Westminster, nouvelle ère

Partager sur twitter
Partager sur facebook
Partager sur linkedin

Inauguré en 1924 et tout juste rénové de fond en comble, le « west » affine son style, entre nostalgie art déco et glamour plus contemporain.

Par Céline Baussay

La parenthèse travaux a duré plus longtemps que prévu. Le « West » a rouvert fin septembre, alors que les habitués l’attendaient en juin. La faute à la crise sanitaire, évidemment. « De la cave au grenier, nous l’avons complètement rénové, tout en gardant son âme et son inspiration Art déco », note John Banizette, le directeur général, arrivé en poste, pour l’anecdote, la veille du premier confinement, mi-mars…

Le bar Le West, avec sa superbe fresque colorée.

Aux manettes de ce lifting, l’architecte-décorateur Bruno Borrione, qui fut longtemps le partenaire de Philippe Starck sur ses projets hôteliers les plus audacieux (Mondrian Los Angeles, Faena Buenos Aires…) et à qui l’on doit aussi la Villa Loiseau des Sens en Bourgogne ou les restaurants d’Anne-Sophie Pic. « Tous les éléments forts ont été conservés, commente John Banizette, les boiseries, les desks à l’entrée avec le casier à clés, les lustres, les appliques, les ferronneries avec l’emblématique W du Westminster. Nous avons aussi dévoilé les anciens coffres-forts numérotés des clients, longtemps cachés des regards, aujourd’hui stars sur Instagram. »

Toutes les chambres ont été décorés par Bruno Borrione.

La façade de brique et de pierre blanche, percée de bow-windows, a retrouvé toute sa superbe. Bonne nouvelle, le parking à ses pieds a été remplacé, comme autrefois, par un espace paysager tiré au cordeau avec des buissons, là encore en forme de W, et deux rangées de palmiers qui ne demandent qu’à grandir. Le lobby a gardé sa configuration, pas de quoi troubler les Touquettois et les fidèles des lieux.

À droite, le bar décoré d’une magnifique fresque graphique et colorée, réalisée à la main : la plus belle surprise de cette rénovation. À gauche, le salon-bibliothèque et son imposante cheminée, très prisé à l’heure du tea time. Droit devant, après quelques marches, l’ascenseur central qui a dû être remplacé, l’ancien n’étant plus aux normes. Le style Art déco est intact. Les grilles d’origine disposées de part et d’autre, même si elles n’ont plus qu’un usage décoratif, donnent l’illusion que rien n’a changé. Et pourtant…

La tisanerie du spa Nuxe, délicat cocon à apprécier avant ou après un soin.

Les nouveautés les plus frappantes concernent les chambres – 104 au total –, méconnaissables, et c’est tant mieux. Pas très grandes mais chaleureuses, elles se déclinent aujourd’hui en deux harmonies de couleur, bleu de Prusse et rouge basque. Noyer et chêne habillent les têtes de lit, les bureaux, les portes. Une exception toutefois, le bois de Makassar dans la plus grande suite, la 007, clin d’œil au plus célèbre des espions de Sa Majesté : Sean Connery a signé sur une table du Westminster son tout premier contrat de James Bond, en 1962, et Ian Fleming était fan du Touquet comme du West.

La piscine intérieure du spa Nuxe, très appréciée des clients en toute saison.

Dans chaque chambre, la principale pièce du mobilier – et sans doute la plus réussie –, est une armoire laquée dessinée par Bruno Borrione lui-même. Elle donne le ton, rétro mais pas trop, et abrite une reproduction de l’Ours blanc du sculpteur François Pompon, qui semble ainsi veiller sur le minibar. Bien pensée, la salle de bains joue l’élégance épurée avec, pour seules fantaisies, une mosaïque en noir et blanc et un papier peint or au plafond.

À l’étage inférieur, la piscine intérieure a elle aussi été embellie, avec un motif de végétation tropicale au bout du bassin en pente douce et des jeux de miroirs en laiton. Un espace fitness a été créé en complément du spa qui fut le premier griffé Nuxe à ouvrir dans un hôtel en France et vient d’être redécoré par l’architecte d’intérieur Chantal Peyrat. Son coup de génie : les empreintes de feuilles incrustées dans les murs des cabines. Fort de toutes ces innovations, le Westminster devrait bientôt décrocher une nouvelle étoile. Il serait alors le septième 5 étoiles des Hauts-de-France, le seul de la Côte d’Opale et de tout le littoral entre Honfleur et Knokke-Heist, en Belgique.

Cent ans d’histoire

Le Westminster est le dernier survivant des palaces du Touquet des Années folles. Érigé en 1924 entre la ville et la forêt, en huit mois seulement, il emprunte son nom à la duchesse de Westminster, marraine de l’hôpital militaire installé dans le casino voisin pendant la Première Guerre mondiale. Lui-même fut utilisé comme hôpital, puis comme cantonnement de l’armée allemande et école d’officiers de marine pendant la Seconde Guerre mondiale. Il porte aujourd’hui les couleurs du groupe Barrière. Son livre d’or et la galerie de portraits encore en place dans les couloirs témoignent du passage en ses murs des plus grandes personnalités de la politique et de la culture, depuis près d’un siècle : le prince de Galles, l’Aga Khan, Édith Piaf… Sur une photo dédicacée, Roger Vadim évoque une « voluptueuse escale » et Jeanne Moreau clame simplement : « Encore ! »

L’essentiel

104 chambres, dont 8 junior suites et une suite. Notre préférée : la suite 007.
Avenue du Verger, Le Touquet. hotelsbarriere.com

On aime beaucoup : le nouveau Studio by Petit VIP pour les 4-12 ans ; le restaurant étoilé depuis treize ans ; le brunch du dimanche avec ses desserts de grand-mère.

On aime moins : les tarifs, déjà en mode 5-étoiles : jusqu’à 499 € la nuit pour une chambre supérieure (23 m2), 28 € le petit-déjeuner.

Article paru dans le numéro 114 d’Hôtel & Lodge

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

A découvrir