16 hôtels plein soleil

Des spots confidentiels de la côte varoise aux horizons infinis du bassin d’Arcachon, des îles grecques aux criques catalanes, nombre d’hôtels, tout récemment ouverts, rénovés ou réinventés, affichent la même promesse : le bonheur des vacances au bord de l’eau, des journées lumineuses et des douces soirées. Une ode au temps suspendu qui ouvre en grand le champ des possibles, aux étés que l’on voudrait éternels.

Texte Céline Baussay, Camille Flocon, Bénédicte Le Guérinel et Anne-Louise Sevaux

« Il m’est égal de lire que les sables des plages sont chauds, je veux que mes pieds nus le sentent », écrivait André Gide, dans Les Nourritures terrestres. Il a évidemment raison, il faut passer du rêve à la réalité, expérimenter par soi-même. Seulement voilà, avant de passer à l’acte, de réserver une suite avec vue, de boucler ses valises et enfin, de partir, il convient de (bien) choisir sa destination et son hôtel, qui lui-même, d’ailleurs, peut se révéler une destination en soi. Les 15 pages qui suivent ont été imaginées et conçues pour servir de source d’inspiration, pourquoi pas même de déclencheur de coups de cœur. Cette sélection d’adresses où séjourner en couple, en famille ou entre amis, pour une nuit-étape ou pour une semaine ou deux, illustre l’évolution de l’hôtellerie de luxe vers davantage d’expériences à vivre, de souvenirs à créer, d’émotions à partager. Car les vacances ne sont pas un temps mort. Ainsi, Su Gologone, en Sardaigne, propose de découvrir l’artisanat local, en rencontrant in situ les gardiens d’un savoir-faire identitaire, en participant à des ateliers de peinture, de tissage ou de céramique. Villa Colette, le premier 5-étoiles du Cap Ferret, se transforme volontiers en ambassadeur de la presqu’île : il met à disposition des vélos électriques pour que ses clients partent se balader sous les pins, du bassin à l’océan, il réserve pour eux une table dans une cabane ostréicole face à la dune du Pilat ou organise une sortie en pinasse pour rejoindre les cabanes tchanquées.

La magie d’un site naturel, la splendeur des vues panoramiques depuis l’hôtel entrent en compte dans son capital séduction. C’est le cas pour la Finca Victoria sur la Costa Brava en Espagne ou du Château Rouher à Propriano en Corse, à deux pas de criques et de plages. Mais aussi de Maison Roz à Pont-Aven, la Villa Helios à Capri, ou encore Tella Thera en Crète, haut perchés sur une colline, avec l’océan ou la mer en ligne de mire.

Delos, la partie glamour chic du nouveau Zannier île de Bendor, dans le Var, avec chambres, salons, restaurant, bar, terrasse, solarium et piscine. © DePasquale+Maffini

Le charme d’un lieu, et notamment d’un lieu de villégiature, tient aussi parfois à son caractère exceptionnel : le Perma Serifos, tout en minéralité et minimalisme, est la seule vitrine en Grèce du Perma, une philosophie du bien-être. En la matière, les îles-hôtels marquent également les esprits. L’Europe en compte très peu, et deux d’entre elles attirent l’attention cette année : au Monténégro, le mythique Sveti Stefan, un ancien village fortifié relié à la côte par un isthme étroit, prisé des stars et des têtes couronnées, sous étiquette Aman depuis 2010, rouvre ses portes après cinq ans d’inactivité. Un événement très attendu. Tout comme, en mai dernier, l’inauguration du Zannier île de Bendor, au large de Bandol, dans le Var. L’île de la famille de Paul Ricard reprend vie, retrouve des couleurs. Et son concept très abouti, mêlant hospitalité, art et bien-être, va bien au-delà de la vision de carte postale d’un petit bout de Provence entouré par la mer.


Côte d’Azur

01 – ZANNIER ÎLE DE BENDOR

Au large de Bandol, dans le Var, Zannier Hotels a relevé avec brio un pari audacieux : transformer l’île de la famille de Paul Ricard en un resort 5-étoiles bien ancré dans son temps, sans trahir son héritage et son sens de la convivialité. Une destination en soi, avec la Méditerranée tout autour.

Vue plongeante depuis le toit-terrasse du Soukana sur le spa au premier plan, le port au fond. © DePasquale+Maffini

En 1950, quand Paul Ricard, qui doit sa fortune au succès de son pastis, achète ce petit bout de terre de sept hectares, à seulement 150 mètres de la côte, autrefois refuge de pirates, il se raconte que le seul habitant est… un mouton. Il fait bâtir sur la colline la villa familiale, puis des hôtels et restaurants en contrebas, mais aussi un centre de plongée, une école de voile, un petit zoo, un musée des vins et spiritueux. Passionné d’art, il parsème l’île de sculptures et ouvre une galerie. Bon vivant, il organise de mémorables soirées avec des stars de l’époque.

Le Zannier Île de Bendor était cette année l’hôtel le plus attendu de la Côte d’Azur. Dès son ouverture, en mai dernier, les Varois étaient curieux de voir ce que leur petit paradis, auquel ils sont si attachés pour y avoir vécu mariages, banquets, festivités, était devenu. Et heureux de constater que l’accès n’est pas réservé aux seuls clients, qu’une navette assure toujours le transfert, en sept minutes depuis le port de Bandol, pour qui veut s’y rendre. « Nous voulions rester fidèles au rêve et à la philosophie de Paul Ricard d’accueillir et de rassembler tout le monde et en même temps offrir à ceux qui y séjournent un supplément d’âme, de vie, qu’ils ne trouvent pas dans les hôtels-prisons dorées », souligne Marc de Jouffroy, directeur général de la Société Paul Ricard et arrière-petit-fils de l’industriel, ex-collaborateur du Club Med où il supervisait le développement des resorts.

Le Soukana, à l’architecture minérale, fait face au bassin de nage de 30 mètres de long.
© DePasquale+Maffini
L’intérieur du restaurant méditerranéen Nonna Bazaar. Il se prolonge avec une terrasse qui ressemble à une place de village. © DePasquale+Maffini
Vue mer depuis toutes les chambres. Et pour certaines, sur la côte, toute proche. © DePasquale+Maffini

En 2019, parmi une quinzaine de projets proposés par les plus grands groupes hôteliers, il retient celui d’Arnaud Zannier, qui, avant cela, a imaginé et conçu quelques-uns des plus beaux lodges du monde : le Phum Baitang au Cambodge, le Sonop en Namibie, le Bãi San Hô au Vietnam… Cinq ans de travaux titanesques plus tard, le Zannier Île de Bendor se révèle dans la même veine, « avec un style qui est le nôtre, une approche très honnête d’un luxe humble », résume Arnaud Zannier. Tout le savoir-faire du groupe hôtelier et de son studio de design intégré transparaît par les partis pris écoresponsables et les choix esthétiques : meubles chinés ou réalisés sur mesure, sens du détail et de la cohérence… Au centre du resort, une place de village provençal. À chaque pointe de l’île son hôtel, son énergie et son ambiance propre : Riviera et vintage au Delos près du mini-port d’arrivée où se trouvent aussi les Maisons Madrague aux façades colorées ; minimalistes et contemporains du côté du Soukana. 93 chambres et suites au total, mais aussi quatre restaurants, dont un gastronomique, et autant de bars, dont un en rooftop, un kids club siglé Tartine et Chocolat, des courts de tennis et de pickleball, deux piscines et une plage, évidemment un terrain de pétanque, ainsi qu’un village des artisans avec des ateliers d’artistes en résidence et la galerie Oraé, qui s’est chargée de disséminer sur l’île, entre les pins et les cyprès, quelque 300 œuvres, toutes à vendre. Un vrai parcours artistique, un but de balade. Partout, la proximité avec les eaux scintillantes de la Méditerranée est époustouflante, puissante, magnétique. Des décennies après l’âge d’or de Bendor, tout change, mais rien ne change.

Le bien-être en résonance

© DePasquale+Maffini

Remarquable par son architecture aux lignes fluides et pointu dans ses équipements (biorésonance, cryothérapie…) et protocoles (avec trois marques complémentaires, méditatif, Augustinus Bader et Apoticari), le magnifique espace wellness, Résonance, s’étend sur 1 200 m2 autour d’un patio-piscine. Il va peu à peu développer des programmes holistiques personnalisés de plusieurs jours, avec la participation d’une naturopathe et diététicienne. Une offre complète qui permettra à l’île-hôtel de rester ouverte à l’année, dès 2027.

02 – CLUB BELAMBRA LES CRIQUES

Sur l’un des plus incroyables spots de la presqu’île de Giens, ce haut-lieu des séjours en famille, les pieds dans l’eau, vient d’être rénové.

Au choix, pour se baigner, 17 criques autour du club, ou sur place, deux grandes piscines, dont une récente de plus de 400 m2. © DR

leuron de Belambra Clubs, qui compte 44 adresses en France, toujours idéalement placées, Les Criques se fond dans un parc naturel de 35 hectares, sur un site classé et protégé, entouré de 17 criques qui lui ont donné son nom. Au-delà de la beauté exceptionnelle de son environnement naturel, ce club varois illustre à merveille la montée en gamme de l’ensemble de la collection. Labellisé Clef Verte et classé 5B, le plus haut niveau chez Belambra, il dévoile cet été plusieurs nouveautés : ses 347 hébergements d’une à trois chambres ont été entièrement repensés et embellis, tout comme le restaurant et le bar, dont la terrasse offre un panorama unique sur l’île de Porquerolles, et une piscine chauffée a été ajoutée. Sur place, des clubs enfants dès 3 ans, un espace bien-être, des équipements sportifs (padel, volley, tennis, base nautique…), des cours avec des coachs, et des animations ludiques ou festives tout au long de la journée.

Côte Atlantique

03 – BEL HOTEL OLÉRON THALASSO & SPA

À la pointe sud de l’île d’Oléron, entre plage et forêt, cet hôtel des années soixante-dix amorce sa seconde vie. Désormais sous enseigne MGallery et passé par une rénovation spectaculaire, il plonge ses hôtes dans un cocon de douceur bleu-blanc-rose, où l’Atlantique donne ce qu’il a de meilleur.

Un spot de rêve : au bord de la plage de Gatseau, la plus belle de l’île. © CLR Hôtels

Il faut d’abord franchir le pont qui relie l’île au continent, puis traverser le village de Saint-Trojan-les-Bains, avant de rejoindre la majestueuse forêt d’Oléron où flottent de doux effluves de résine et d’iode. Soudain, le Bel Hôtel se dévoile, trait d’union immaculé entre le vert des pins et le bleu de l’océan, au bord de la plage de Gatseau. L’impression de connexion avec l’environnement naturel est immédiate. Tout n’est que calme et incitation à ralentir. 

Dès le lobby, la lumière légendaire de l’île entre à flots par d’immenses baies vitrées. On s’installe dans un fauteuil blanc moelleux, on saisit un roman dans l’une des grandes bibliothèques, ou on contemple la mer depuis l’immense terrasse en bois tandis que la brise caresse le visage. Qu’il fait bon séjourner ici… « Nos 102 chambres – dont 8 suites – reflètent l’élégance réconfortante des maisons de famille en bord de mer avec leur parquet vieilli, leurs carreaux de ciment bleu ciel, beige et blanc et leurs matières brutes et naturelles, souligne Serge Lucas, le directeur du 4-étoiles. Nous avons aussi voulu mettre à l’honneur Sébastien Laval, un artiste local, dont les photos en noir et blanc révèlent différents visages et paysages de l’île : un vélo adossé à une cabane, les dunes sous le vent… »

La piscine intérieure avec multijets et couloir de nage, offre une vue spectaculaire sur l’océan et le continent en face. © CLR Hôtels
Dans les chambres, esprit marin et matières en écho à la nature environnante. © CLR Hôtels

Dans l’espace thalasso et spa siglé Phytomer, le rose poudré prend le pas sur le bleu, baignant l’espace d’une quiétude réconfortante. Vingt-sept cabines sont dédiées au soin et à la détente. Massages sous affusion, bains hydromassants, enveloppements aux algues ou rituels reminéralisants, chaque expérience s’appuie sur les bienfaits de l’eau de mer, des oligo-éléments et des actifs marins. Mention spéciale pour le soin signature, la cérémonie du loofah, qui associe exfoliation à l’éponge végétale et massage rééquilibrant.

Une cuisine signée Pierre Gagnaire

© DR

Fidèle à sa vision d’une gastronomie profondément ancrée dans son environnement, Pierre Gagnaire, avec le chef exécutif Paul Genthon, célèbre, au restaurant Oyat – Cuisine des Dunes, la rencontre entre mer et terre. Tartare de maigre et thon rouge aux algues sauvages, Barbue au fenouil sauce diable, Côtes d’agneau grillées parfumées d’oyat-piperade… La carte fait la part belle aux produits de saison et à ceux des ostréiculteurs, maraîchers et éleveurs locaux, subtilement relevés d’un twist créatif. Autre option, le combo tapas-cocktails au bar de plage.

04 – CÔTE OUEST

Face à la très belle baie des Sables d’Olonne, ce 4-étoiles inspiré des paquebots des années folles vient d’inaugurer un impressionnant pont supérieur.

Ce fleuron de l’hôtellerie vendéenne compte 108 clés, une thalasso-spa et une offre variée de restauration. © Cyrille Lallemen

À deux pas de la plage et de la forêt, au bord du lac de Tanchet, le plus grand hôtel de la ville du Vendée Globe a franchi un cap cette année avec la création, sur son toit, de trois espaces de vie : onze suites conçues comme des cabines de bateau, reliées par une coursive, viennent s’ajouter aux 97 clés. Depuis le lit ou la baignoire-balnéo au bord de la baie vitrée, la vue à l’infini donne l’impression de naviguer au milieu de l’Atlantique. Le Sun Deck, en rooftop, propose une cuisine du monde pour poursuivre le voyage, en terrasse, sous la verrière, ou encore dans la vigie, poste d’observation privilégié pour admirer l’horizon. Enfin, six cabines de soins, dont une installée elle aussi dans la vigie, ont été créées en complément de l’espace spa-thalasso, réputé pour sa grande piscine d’eau de mer. Partout, dans ce MGallery, la décoration évoque l’univers de la croisière : la passion et la fierté de Sylvie Dubreuil, directrice générale et capitaine à bord, qui chine et met en scène tout elle-même. Parmi ses trouvailles, de véritables trésors, dont les maquettes du paquebot France ou celle du Normandy de plusieurs mètres de long.

05 – HA(A)ÏTZA

© Nicolas Anetson

Institution hôtelière de la station balnéaire du Pyla-sur-Mer, près d’Arcachon, depuis bientôt cent ans, rebaptisée Ha(a)ïtza et transformée par la baguette magique de Philippe Starck il y a tout juste dix ans, cette bâtisse néo-basque se fond harmonieusement dans la pinède. William et Sophie Techoueyres, également propriétaires de La Co(o)rniche, autre 5-étoiles, tout proche, ont offert un vrai supplément d’âme à cette grande et belle maison. On l’aime pour son atmosphère chic et décontractée, le confort douillet de ses 38 chambres et suites immaculées, on y revient pour le plaisir d’une baignade dans la piscine sous sa verrière, d’un soin au spa REN, ou de la dégustation des créations du chef pâtissier Antony Prunet, champion du monde de cannelés ! Douze villas avec piscine, elles aussi décorées par Starck et disposées face au bassin et au Cap Ferret, sont en cours de construction. Les séjours y seront possibles à partir de l’été 2027.

06 – VILLA TRI MEN

© DR

De solides murs en granit, des fenêtres aux volets peints, un double-toit pentu en ardoises percé de hautes cheminées : cette villa côtière plus que centenaire compte parmi les plus belles du Finistère Sud. Elle trône sur son promontoire naturel à l’entrée du port de Sainte-Marine, face à Bénodet. Un Relais & Châteaux pur jus avec 19 clés et la table étoilée de Frédéric Claquin, tout récemment rénové par l’architecte Christophe Bachmann qui a renforcé son identité bretonne et son atmosphère apaisante.

07 – MAISON ROZ

© Adrien Ozouf

La lumière de Pont-Aven, qui a tant inspiré les peintres, associée à la poésie de ses intérieurs, signés des propriétaires, le duo fondateur de l’agence d’architecture Wunder (Bloom House Hôtel à Paris, Emeria Thalasso & Spa à Dinard…), donnent tout son cachet à cette maison perchée au-dessus de l’Aven. Six chambres dont un cabanon indépendant, une piscine intérieure, un sauna, une terrasse avec vue, les plages du Finistère Sud et le sentier du GR34 à deux pas : un vrai petit paradis à privatiser pour un séjour en tribu.

08 – VILLA COLETTE

Au cœur du village, face à la plage, le premier 5-étoiles du Cap Ferret cultive l’esprit d’une maison de vacances rétro chic. Le bonheur est dans le bassin…

© Julius Hirtzberger

« Le Cap Ferret est un endroit presque irréel, l’un des rares où l’on ressent encore cette impression de bout du monde. Il y a quelque chose de très puissant dans cette rencontre entre le bassin, l’océan, les pins. C’est un territoire qui invite à ralentir, à vivre autrement, à se reconnecter à des choses simples. On y ressent une liberté très particulière, presque physique. C’est cette émotion-là que j’ai voulu capter avec Villa Colette.«  Laurent Taïeb, entrepreneur et hôtelier (le Too Hotel et Madame Rêve à Paris, c’est lui), est un habitué du « Ferret » de longue date. Tout comme son ami Philippe Starck, architecte et designer. Tous deux en ont longtemps rêvé, ils ont finalement mis la dernière touche à leur projet au printemps dernier. « J’ai créé un lieu à l’élégance intemporelle, une maison jubilatoire, un décor de cinéma rempli de nostalgie heureuse dont l’histoire commence par la fascination que j’éprouvais dès mon plus jeune âge pour l’élégance et la singularité des actrices françaises de l’entre-deux-guerres, Danielle Darrieux, Michèle Morgan… », confie Philippe Starck. J’ai aussi voulu faire résonner la magie des lumières du Cap Ferret par des tons chaleureux et tendres, avec le rose poudré et le jaune citron très pâle des murs, l’acajou rouge et le cuir naturel du mobilier. »

Villa Colette – le prénom de la mère et de la fille de Laurent Taïeb – vit toute la journée, du premier café sur la terrasse face au lever du soleil jusqu’au dîner à rallonge sous les étoiles ou sous la verrière coulissante, si la soirée est fraîche. Le restaurant dirigé par le chef Benjamin Six, décoré d’une galerie de miroirs et de mystérieux portraits cachés, tout comme le lobby-bar, aux faux airs de boudoir, où trône un piano Klein des années cinquante, sont propices aux retrouvailles, en famille ou entre amis, au retour du marché, après une sortie en pinasse ou une balade à vélo. Chroniques de la vie quotidienne au Cap Ferret.

© Julius Hirtzberger
© Julius Hirtzberger

Nuits oniriques

Les 28 chambres, de plain-pied avec leur terrasse ou en étage vue bassin ou pinède avec balcon, sont lumineuses et agréables. Bien que toutes différentes, elles déclinent un même univers plein de poésie, avec notamment, courant sur les murs, une frise d’images du Cap Ferret auxquelles l’IA donne un aspect mystérieux et surréaliste. La suite Colette, avec son bow-window et les deux suites Prestige avec leur double balcon, sont à réserver en priorité.

Méditerranée

09 – CHÂTEAU ROUHER

Un havre de paix, même en haute saison touristique. Un lieu de villégiature exceptionnel, sur un immense domaine entre mer, jardin et maquis.

Au milieu de la propriété se dresse le château, magnifiquement restauré pour être transformé en maison d’hôtes. © DR

Cette superbe demeure de maître aux pierres blondes a été bâtie en 1856, tout près de la plage d’Arena Bianca, à Propriano, en Corse-du-Sud. Elle doit son existence et son nom à Eugène Rouher, ministre de Napoléon III, qui en avait fait une résidence d’État. Les propriétaires actuels, Fanny et Thomas Duval, ont entrepris deux ans de travaux pour la rénover entièrement et la transformer en une maison d’hôtes avec services hôteliers, exceptionnelle par son emplacement, son accès direct à la plage, son histoire et aussi, désormais, son caractère. Au choix, cinq chambres et suites, certaines face au golfe du Valinco, dont une exceptionnelle, en duplex avec terrasse, mais également trois appartements, ou encore une maison privée, à l’écart du château. Mobilier en bois clair, murs ivoire, céramiques blanches : le décor raffiné, épuré, laisse la primeur à la vue mer. Le jardin offre des recoins et des recoins pour s’isoler, bouquiner, flâner… Autre point fort : le petit déjeuner et ses délicieuses pâtisseries maison.

10 – VILLA HELIOS

© Villa Helios

C’est l’un des secrets les mieux gardés de Capri, la petite île située juste en face de Sorrente. Dans une ruelle pavée, au calme et pourtant tout près de La Piazzetta, cette magnifique villa au style classique, bâtie à la fin du XIXe siècle, offre des vues imprenables sur la mer Tyrrhénienne et les collines alentour, depuis ses terrasses panoramiques et ses jardins luxuriants. Une récente rénovation redonne beaucoup de cachet à ce membre de Small Luxury Hotels of The World qui cultive l’atmosphère d’une résidence privée avec piscine, plus que d’un hôtel, même si le service est soigné. À l’intérieur, neuf suites seulement, qui célèbrent le meilleur de l’artisanat italien, avec des luminaires et des pièces en céramique réalisés sur mesure, des objets et détails décoratifs anciens, restaurées dans les règles de l’art. Le restaurant, Il Giardino, est dirigé par un jeune chef adepte d’une cuisine simple, centrée sur les saveurs et les produits, notamment ceux du potager sur place. La dolce vita en Méditerranée.

11 – FINCA VICTORIA

© DR

Star de la Costa Brava, version chic et raffinée, le village balnéaire de Begur possède un bijou d’hôtel, en léger surplomb de l’une de ses plus belles criques, Sa Riera. Depuis les années soixante, la Finca Victoria coche toutes les cases de la maison de bord de mer où il fait bon vivre, s’amuser, festoyer. Tout juste rénovée, labellisée Design Hotels, cette finca catalane tout en pierres, au style méditerranéen sublimé, dévoile 38 chambres, deux restaurants dont un dans le cloître historique, une piscine et un spa.

12 – AMAN SVETI STEFAN

© DR

Après cinq ans de sommeil en raison d’un conflit sur l’accès aux plages qui l’entourent, l’iconique Sveti Stefan, au Monténégro, sous enseigne Aman, rouvre progressivement cet été : la Villa Miločer, ex-résidence royale dotée de huit suites et désormais réservable à l’année, et le spa de 2 500 m2, sur le continent, ont lancé le bal. Reliée par un cordon de sable, entourée d’eaux turquoise, l’île elle-même conserve intact le charme du village fortifié datant du XVe siècle abritant aujourd’hui suites et cottages à louer.

Sardaigne

13 – SU GOLOGNE EXPERIENCE HOTEL

Un hôtel, bien sûr. Mais aussi un musée vivant de la culture et de l’artisanat propres à la Sardaigne, où les traditions d’hier nourrissent les savoir-faire manuels d’aujourd’hui. Imaginé par une femme exceptionnelle, Su Gologone révèle une facette singulière de l’île italienne.

L’hôtel s’étend au cœur de la nature, dans une zone montagneuse, la Barbagia, plus calme que le littoral. © DR

Loin de l’agitation estivale des plages de la Costa Smeralda, Su Gologone se niche dans la région montagneuse de la Barbagia, à l’est de la Sardaigne. L’hôtel tire son nom de la source karstique qui coule à quelques mètres de là, une eau claire et pure, déesse de la vallée depuis la nuit des temps. Dans ce cadre paisible, où cohabitent les bergers et les randonneurs, Giovanna Palimodde, et ses parents avant elle, a façonné un lieu comme il en existe peu. À partir de la trattoria fondée par son père en 1967, elle a constitué, petit à petit, un hameau de stazzi, ces maisons pastorales, aux murs blanchis à la chaux, typiques de la Sardaigne. Ici et là, elle a créé de multiples espaces enchanteurs qui font le bonheur de ses hôtes : un potager aux mille odeurs ; au-dessus, un toit-terrasse avec une vue unique sur la montagne ; plus bas, une grande piscine pour les jours de forte chaleur et, plus rare, des ateliers-galeries d’artisanat, les botteghe. « J’ai grandi entourée d’artistes, confie Giovanna Palimodde,artiste et collectionneuse elle-même. Ils venaient déjeuner au restaurant familial et passaient la journée ici, à peindre et créer. C’est un lieu très inspirant. » 

Dans les 69 chambres, mobilier, tapis, costumes traditionnels, sculptures, tableaux… Tout raconte une histoire, celle de la Sardaigne et de ses habitants. On s’offre à Su Gologone une introspection joyeuse, nourrie d’émotions et de couleurs, « fondamentales pour l’âme», selon Giovanna, et de petits bonheurs. Celui d’un café sur une terrasse ensoleillée, d’un cours de céramique avec Maria ou d’un pain chaud sorti du four. Et quand le soleil disparaît, on contemple le ciel étoilé et on prolonge le dîner jusque tard dans la nuit. La vie douce, la vraie.

Giovanna Palimodde a imaginé un univers original, à la fois flamboyant et feutré. © DR
© DR

Un voyage créatif 

Dans la fraîcheur du matin ou à l’heure de la sieste, les hôtes de Su Gologone se retrouvent à l’ombre d’une pergola sur le Terrazzo dell’Arte, pour participer à des ateliers de peinture, de céramique ou de peinture sur textile, animés par des artisans locaux. À deux pas de là, la Botteghe di Su Gologone, la boutique de la marque lancée par Giovanna, rassemble bijoux, textiles, vaisselle et petits objets fabriqués à la main. Comme une ode aux couleurs, aux matériaux et aux savoir-faire de la Sardaigne.

Grèce

14 – PERMA SERIFOS

© DR

À deux heures de ferry au sud-est d’Athènes, sur l’île de Serifos, une retraite contemporaine à nulle autre pareille a été inaugurée l’an dernier, au beau milieu d’un environnement brut. Creusé à flanc de colline, balayé par les vents, cet ensemble de bâtisses en pierres sèches, percées d’ouvertures sans vitre, se compose de cinq suites isolées les unes des autres, chacune avec sa piscine et sa cuisine extérieure, avec la mer Égée en ligne de mire. Plusieurs plages, un port, un village sont à proximité, mais sur place, l’impression d’être seul au monde domine. Le cadre désertique, le design résumé à la trilogie bois-béton brut-pierre, la vie au grand air sont propices au repos, au ressourcement, à l’épanouissement personnel, aux valeurs d’une philosophie du bien-être appelée Perma, d’où l’hôtel tire son nom. Les activités proposées sont dans le même esprit et en communion avec la nature : yoga, bain sonore, leçon de poterie, rando sur les falaises au-dessus des flots… Une curiosité dans les Cyclades.

15 – TELLA THERA

© DR

La nature sert de fil rouge à ce nouveau Design Hotels proche de Kissamos, à la pointe nord-ouest de la Crète. Elle s’invite dans le choix des lignes organiques, des matériaux, de la palette de couleurs, dans les cartes du restaurant « de la ferme à la table » et du spa, et aussi dans le rythme de vie, tout en douceur. Cet ensemble de vingt suites immenses (minimum 140 m2) et une villa privée s’étale sur le flanc d’une colline, au milieu des oliviers, comme dans un écrin, avec la mer à ses pieds.

16 – FOUQUET’S MYKONOS

© Divercity Architect

Après Paris, New York, Saint-Barth et Courchevel, la collection Fouquet’s du groupe Barrière dédiée à l’art de vivre et au « luxe vivant » s’installe cet été à Mykonos. Au sud de l’île, entre deux jolies baies, cette cinquième adresse, avec accès direct à la plage de Paraga, réunit 61 suites et 3 villas à l’architecture cycladique, certaines avec piscine privée, un restaurant du concept japonais Roka, un spa Dr Barbara Sturm, mais aussi, plus surprenant, une piscine intérieure et un terrain de basket sculpté dans la roche !

Article paru dans le numéro 147 d’Hôtel & Lodge.

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