Rail trip : cinq trains de légendes

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Récupérés souvent en piteux état, abandonnés dans des entrepôts, les trains d’antan, restaurés avec minutie, remis en service, ressuscitent le bel âge des voyages mythiques, lents et So chics. Évasion grandeur nature.

Par Anne-Marie Cattelain Le Dû

Venise-Simplon-orient-Express

Laque et Lalique

Premier voyage de Strasbourg vers Istanbul en 1883, stoppé dans son élan en 1977 jusqu’à ce qu’un passionné rachète des wagons et fonde la société VSOE. Aujourd’hui exploitées par LVMH, via Belmond, les 17 voitures marine sombre ourlé d’un fil d’or de l’Orient-Express serpentent entre Paris, Venise, Istanbul, Prague, Budapest, Londres, Vienne. Elles cachent 91 cabines dont, depuis 2019, trois suites : Paris, Istanbul et Venise, la plus sophistiquée, avec ses miroirs vénitiens et ses lustres Murano (ci-contre).

Dress code : old fashion, hyperchic, pour dîner notamment dans la voiture-restaurant Côte d’Azur, dont les vitres opaques bleutées préservent l’intimité des convives (ci-dessus).
À savoir : en dehors des suites, l’espace est compté dans les cabines dont le minuscule boudoir-toilette n’offre qu’une vasque-lavabo.
Partir : avec Kuoni, qui dédie une de ses brochures aux trains de légende.

Rovos Rail Safari

Esprit pionnier

Le slogan « Pride of Africa » (« Fierté de l’Afrique ») résume la philosophie de Rohan Vos qui crée, en 1989, la compagnie de chemin de fer Rovos. Ses itinéraires dévoilent en quatre à quinze jours le désert, la mer, la savane, les chutes Victoria, mais aussi les traditions de ce continent, son patrimoine, sa cuisine et ses vins. Rohan Vos traque toujours vieux wagons et locomotives remis en état dans ses incroyables ateliers de Pretoria. Chaque train accueille 72 passagers dans 36 suites. En queue de convoi, le wagon ouvert livre, sans entrave, odeurs, couleurs, bruits de la nature africaine.

Dress code : dans la journée, décontracté. Le soir, smart casual, blazer en toile, lin blanc, robes vaporeuses…
À savoir : les plus belles maisons de champagne côtoient à la carte le meilleur du vignoble africain.
Partir : avec Privilèges Voyages, qui propose le Rovos Rail en extension de toutes ses offres en Afrique du Sud.

Palace on Wheels

Bollywood sur ballast

1947 : indépendance de l’Inde. Les trains des maharajas sont relégués. En 1982, les autorités du Rajasthan réhabilitent quelques wagons royaux. Cabines couleur saphir, rubis, émeraude, personnel enturbanné, bars smart, c’est parti. Qui a aimé The Darjeeling Limited, de Wes Anderson, ne rêve que de parcourir l’Inde en train. Et qui y a voyagé sur les routes encombrées de camions, de dromadaires, de vaches, sait que découvrir les sites du Rajasthan par rail est une alternative plus sûre. À condition de fuir les excursions proposées : trop touristiques et même déconseillées, comme gravir le fort d’Amber à dos d’éléphant, prompt à jeter par-dessus bord ses passagers.

Dress code : décontracté, sans autre contrainte que la décence.
À savoir : organisation à l’indienne approximative, mais flegme et sourire contrebalancent les aléas.
Partir : avec Kuoni, en extension d’un périple indien. Itinéraire de 8 jours.

Al Andalus

So british, so spanish

Coup de cœur pour ce joyau de 32 suites. Datant de 1887, Al Andalus, qui, au départ, ne compte que deux wagons, se dote en 1920, pour accueillir la monarchie anglaise dont le roi George V, de cinq voitures réalisées en France. Des merveilles Belle Époque restaurées dans les règles de l’art. Un des plus luxueux et authentiques trains du monde, tant au niveau décoration que service et circuit, de Séville aux perles andalouses : Cordoue, Baeza, Úbeda, Grenade, Ronda, Cadix, Jerez. Son chef marie avec audace les meilleurs vins d’Espagne à une carte gastronomique. Un sans-faute !

Dress Code : avec un joyeux mélange d’Américains, de Japonais et d’Espagnols, le soir, tenue élégante de mise, sans excès. Les kimonos flirtent avec les costumes sombres.
À savoir : connecté 24 h/24, accès Internet gratuit, bibliothèque-salon de télévision et presse quotidienne disponible.
Partir : avec Kuoni, 9 jours, de Séville à Compostelle.

Andean Explorer By Belmond

Des kangourous aux lamas

Ce train a roulé jusqu’en 2003 en Australie avant que Belmond le restaure au Pérou, puis confie sa décoration au studio londonien Muza Lab. Depuis 2017, il entraîne ses 48 passagers à plus de 4 500 mètres d’altitude sur les hauts plateaux péruviens. À bord, entre les trois salles de restaurant où tout est délicieux, des ceviches aux viennoiseries, le spa, la voiture-bar ouverte sur l’extérieur et un service millimétré, bienveillant, l’expérience de trois jours et deux nuits semble courte. Avec deux moments intenses qui méritent de quitter son lit à 4 heures : le lever du soleil sur le lac Titicaca à Puno et la marche matinale vers le lac Lagunillas à Arequipa.

Dress Code : sportif dans la journée, casual le soir, plutôt polo Ralph Lauren que col amidonné.
À savoir : pour supporter l’altitude, il est conseillé, avant d’embarquer, de séjourner trois jours à Cuzco.
Partir : avec Privilèges Voyages, qui inclut ce circuit dans ses propositions péruviennes.

Article paru dans le numéro 116 d’Hôtel & Lodge

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