Les dix adresses les plus « slow » de France !

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De la côte de granit rose au lac d’Annecy en passant par les collines du Luberon et les villages du Lot, quoi de plus apaisant qu’un hôtel chaleureux comme une maison de famille, une balade en pleine nature, un repas entre amis sous les tonnelles ? L’heure est à la détente, à la simplicité, à la spontanéité. On utilise son temps comme on l’entend. Sans le compter. En France, l’été sera slow !

Par Anne-Marie Cattelain Le Dû et Céline Baussay

Villa Arthus-Bertrand – Ile de Noirmoutier

Les enfants y voient un château de conte de fées, leurs parents le parfait refuge au calme pour des vacances zéro contrainte. À la pointe nord-est de l’île de Noirmoutier, tout près de la délicieuse plage des Dames aux cabanes blanches et à l’estacade en bois, la Villa Arthus-Bertrand trône au milieu des pins maritimes, des chênes verts et des arbousiers du bois de la Chaize. Le terrain, une ancienne palmeraie, a connu plusieurs vies et différents propriétaires. Dernier en date, la famille Arthus-Bertrand, à la tête de l’entreprise de haute orfèvrerie connue pour ses médailles, décorations et épées d’académiciens.

Façade en moellons de granit, fenêtres à carreaux, balcons à balustre, tour carrée, corniches moulées… autant d’éléments caractéristiques des maisons bourgeoises du xixe siècle.

La nouvelle génération vient de transformer sa sublime maison de vacances en hôtel, ouvert toute l’année. Les 18 chambres s’adaptent à toutes les clientèles : des familiales pour 4 personnes, dont un duplex, des Deluxe et Prestige avec terrasse ou balcon… Les espaces communs facilitent le lâcher prise : les salons de réception cosy et lumineux, le vaste parc, la piscine extérieure chauffée avec son pool bar, la terrasse et le restaurant qui décline les produits locaux, en particulier ceux de la mer. Bien sûr, le chef prépare à la demande des paniers pique-nique pour les clients qui veulent partir à vélo sillonner l’île et faire le plein d’air iodé.

Les espaces communs de la villa, cosy et élégants, invitent à la paresse.

Auberge du Père Bise – Lac d’Annecy

Depuis cinq ans, Jean Sulpice, descendu des montagnes avec son épouse Magali, réveille l’Auberge du Père Bise à Talloires, sur les rives du lac d’Annecy, avec les Alpes en toile de fond. Ouvert en 1903 par François Bise, auréolé en 1951 de trois étoiles, resté entre les mains des Bise jusqu’à ce rachat, l’établissement périclitait. Magali et Jean lui ont redonné son aura en l’ancrant dans son univers aquatique et minéral à quelques kilomètres d’Annecy et de ses quartiers historiques, sur les bords du Thiou. La décoration d’Émilie Bonaventure, en des tons inspirés des alentours, magnifie ce 5-étoiles de 23 chambres, membre des Relais & Châteaux. Le spa, à l’immense piscine et aux produits Exertier à base de plantes cueillies au cœur des Alpes, repose corps et esprit.

Magali et Jean Sulpice, amoureux de cette terre haut-savoyarde, s’attachent à son respect et à sa mise en valeur.

Mais surtout, dans le secret de ses cuisines, où les ustensiles en cuivre des Bise s’accordent avec une batterie plus moderne, le chef, récompensé de deux étoiles, imagine une carte locavore dans laquelle le végétal embellit chaque plat. Qui n’a jamais savouré sa féra à la vapeur et au beurre d’épicéa ignore les subtilités gustatives des poissons d’eau douce.

L’Auberge du Père Bise, une légende sur le lac d’Annecy, avec des femmes longtemps aux commandes.
© Denis Rouvre / Nicolas Matheus

Domaine du Mas de Pierre – Provence

C’est une Provence de carte postale : des bastides à la pierre blonde nacrée, des porches, patios et fontaines, un jardin de 8 hectares planté d’oliviers centenaires qui fleure bon la Méditerranée. Le Domaine du Mas de Pierre, 5-étoiles, Relais & Châteaux, reprend son activité au pied des remparts de Saint-Paul-de-Vence après 18 mois de travaux. Entièrement repensé, plus aéré, plus élégant, il réunit désormais tous les ingrédients du resort campagnard.

La piscine réservée aux adultes, entourée de transats, à l’abri du soleil sous les tonnelles drapées.

Dans ce lieu de villégiature tout-en-un ouvert à l’année, on papillonne, l’esprit libre, d’une partie de pétanque à une séance de yoga. On vagabonde du lagon avec plage, piscine, palmiers et paillote, au spa de 2 000 m2 qui propose des soins maison à base de fleur de tubéreuse en plus de ceux de Sothys et Tata Harper. À moins de préférer se retirer dans ses appartements, au calme. Classiques et romantiques, les 22 nouvelles chambres et suites (76 au total) se teintent de rose, fuchsia ou bleu. La restauration joue aussi la diversité, selon les envies du moment, entre le gastronomique, la table d’hôtes et le bistrot en bord de piscine. Et les enfants ? À eux de choisir leur univers préféré : roulottes bohèmes, toboggan, mur d’escalade…

L’une des nouvelles chambres, avec la toile de Jouy en vedette : sur les têtes de lit, oreillers, fauteuils, chemins de lit…

Domaine du Castellas – Luberon

L’expression « au milieu de nulle part » prend ici son sens. Aucune habitation à perte de vue. Rien que le relief abrupt des combes du Grand Luberon que lacèrent les sentiers pédestres. La commune dont dépend le domaine, Sivergue, compte 45 habitants. En 15 minutes à pied, on atteint ses quelques maisons. Apt, la « grande ville » de 12 000 âmes, à 8 kilomètres, nécessite d’avancer d’un bon pas pour se frotter à la « civilisation ». Mais pourquoi s’agiter ? Les 110 hectares de la propriété contentent les marcheurs qui, au retour de leur randonnée, plongent dans la piscine ou s’allongent à l’ombre des arbres centenaires.

À la Table 1720, date de construction du domaine, le chef cuisine les récoltes de la ferme et des producteurs alentour.

Depuis 1720, date de sa construction, la ferme et ses dépendances noient leurs murs en pierre sèche dans cette déclinaison de gris et d’ocre ponctuée parfois, avant que le soleil ne les grille, de quelques touches de vert. Le Luberon dans son infini dépouillement, grandiose ! La décoration des 10 suites et 11 chambres ne détonne guère : meubles rustiques, teintes empruntées aux rocailles et à la végétation, fraîcheur des murs chaulés sous les poutres d’origine. Rien ne trouble le sommeil et les rêves dans ces habitations dont un rooftop – mais oui – révèle, des Alpes à l’Ardèche, un panorama unique.

Pour garder son côté « ferme », le domaine possède quelques animaux en liberté, chèvres et poules notamment, qui réjouissent les hôtes.
© Anne-Emmanuelle Thion

The Good House – Perche

Le Perche, territoire rural, avec ses collines flanquées de manoirs et ses prés où trottent des chevaux de course et de rustiques percherons, semble le xxie arrondissement de Paris, colonisé par les urbains. Mais il reste quelques îlots de calme… Après avoir bourlingué, Ana et Guillaume Painvin ont succombé à cette pointe ornaise de Normandie, achetant le Domaine du Grand Mont Gâteau. 38 hectares où s’élèvent deux manoirs des xvie et xixe siècles, un garage à calèches du xixe et plusieurs dépendances.

Le domaine se compose de deux manoirs et de leurs dépendances, entourés de forêts, de prairies et d’un parc potager de 4 hectares.

Leur idée : ouvrir une maison d’hôtes de caractère avec la complicité de Catherine, maman de Guillaume. Créatrice de l’enseigne Tartine & Chocolat puis du Comptoir d’Aubrac, lieu atypique d’hébergement et de créativité, la dame à la tignasse blanche ne manque ni d’idées, ni d’audace. Appliquant dans le Perche sa recette auvergnate, elle a imaginé des salons et chambres pour se blottir au creux d’étoffes nobles, décorés d’objets glanés au gré de ses voyages d’un continent à l’autre. Huit chambres, trois salons, dont un éclairé aux bougies, boutique et atelier de Catherine, l’endroit zen enchante. La cuisine de Guillaume et les desserts d’Ana, dégustés aux beaux jours dans le jardin, ajoutent à la poésie de Good House, la bien nommée.

Pièce principale et essentielle dans les maisons aménagées par Catherine Painvin : le salon, que les hôtes s’approprient volontiers.
© Franck Schmitt

Le Florida – Gascogne

Baptiste Ramounéda fait honneur à la pension de famille créée par son arrière-grand-mère en 1935. Là, au cœur de cette campagne reculée du Gers surnommée « la Toscane française », il promène sa silhouette de dandy chic dans un cadre qu’il a lui-même imaginé. Car de décorateur d’intérieur dans de grandes maisons de luxe, il est devenu aubergiste. Chez lui, le mobilier chiné côtoie les pièces de designer contemporain et les photos en édition limitée de Slim Aarons : mélange des genres assumé. Les quatre chambres et suites possèdent jacuzzi privé ou baignoire au pied du lit et amenities Aésop. Le Florida organise massages et soins, retraites yoga, ateliers de sophrologie et balades à vélo en pleine nature. Du côté du restaurant, même philosophie : le chef privilégie une cuisine saine, les produits simples, bio et très, très locaux. Il respecte les recettes du terroir, en y ajoutant toutefois son petit grain de sel.

Les clients du Florida apprécient le mix and match entre vieilles pierres et mobilier design, jardin fleuri et photos contemporaines.

Domaine de Rymska – Bourgogne

Etonnant Relais & Châteaux, l’un des plus champêtres, des plus petits, avec ses cinq chambres ravissantes. Le Domaine de Rymska, à Saint-Jean-de-Trézy, en Bourgogne, rénové par des artisans locaux, partage avec sa poignée d’hôtes ses 80 hectares et son haras de pur-sang, non loin des vignobles de Beaune classés au Patrimoine mondial de l’Unesco. Sa ferme, ses potager et verger procurent la plupart des produits à Jérémie Muller, chef passé par de jolies maisons telles que Les Prés d’Eugénie à Eugénie-les-Bains ou Les Crayères à Reims. Évasion 100 % nature, 100 % savoureuse, 100 % sereine avec le chant des oiseaux comme réveille-matin et la complicité de la brise légère pour tourner les pages du roman qu’on lit à l’ombre d’un chêne.

Le Bruit de l’eau – Baie de Somme

Tibo Dhermy, photographe au long cours, a jeté son dévolu sur le parc du Marquenterre, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, pour implanter son écolodge. Dans cette partie la plus sauvage de la baie de Somme nichent 300 espèces d’oiseaux. Amoureux du Japon, Tibo a baptisé sa propriété d’un vers de haïku (poème) du xviie siècle, donnant le ton des quatre habitations qu’un sentier relie aux dunes et à la mer, proches. Cabane japonisante, bulle géodésique, pavillon sur pilotis, maison bateau, on choisit selon sa capacité à vivre au cœur d’une nature qui soupire, gémit, crie, ruisselle, se tait, vit. Bain de forêt à la nippone, table aux accents d’Extrême-Orient, photos du maître tissent les liens entre un ailleurs lointain et cette terre délavée, transpirant des parfums de sous-bois.

Le rêve d’un photographe baroudeur : offrir la sérénité, la déconnexion à ses hôtes.

La Devinie – Lot

Martel : 1 600 habitants, 20 restaurants. L’un des plus beaux villages du Lot, lacis de ruelles, palais, églises et terrasses au soleil. Animé par les marchands et les artisans dès le Moyen Âge, il se développe au xixe siècle avec le commerce de la truffe. La « Ville des sept tours » vit autour de sa halle, et La Devinie se niche à deux pas de là. La jolie maison aux volets violets s’appuie sur des fondations médiévales, avec trois jardins, dont deux posés sur les remparts, et une piscine. À l’intérieur, ambiance rustique chic avec les parquets qui craquent, les plafonds à la française, l’escalier en pierre. Les chambres trouvent l’inspiration chez Saint-Exupéry, en Orient, dans le romantisme du xixe siècle. Les salons permettent de se retrouver, pour un petit déjeuner copieux, une partie de billard, un thé devant la cheminée. Des moments précieux.

Esprit maison de campagne revendiqué et toujours très plaisant pour les hôtes de passage.
© Stéphanie Bodart

Castel Beau Site – Côte de granit rose

Cette année, les Seychelles attendront. L’anse de Saint-Guirec, à Ploumanac’h, combinaison parfaite d’une plage de sable fin, d’eaux turquoise et d’amas de roches granitiques façonnées par l’érosion, le sel, les tempêtes, a peu à leur envier. À part la météo, parfois… Posé en léger surplomb de ce joyau de la côte de granit rose, sur le tracé du mythique GR34, le Castel Beau Site, 4-étoiles acquis en 2018 et rénové par H8 Collection, est entièrement tourné vers ce paysage si émouvant et mouvant, selon les marées, les rayons du soleil ou l’ombre des nuages. De toutes les chambres comme du restaurant et de la terrasse, la pension de famille érigée en 1928 s’ouvre sur le large, le ballet des voiliers, le mystérieux château juché sur l’îlot de Costaérès et, au-delà, sur les Sept-Îles, réserve ornithologique. Féerique.

Cette année, l’hôtel inaugure une nouvelle terrasse face à l’un des plus beaux panoramas du littoral breton.
© Wanderlust labjpg

Article paru dans le numéro 116 d’Hôtel & Lodge

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