Hôtel Lancaster : chez… Monsieur

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En changeant de décor, le restaurant de l’hôtel Lancaster, 5-etoiles intimiste rue de Berri, à Paris, a changé aussi de nom et de chef. Renouveau.

Par Anne-Marie Cattelain Le Dû

Monsieur… Le mot résume l’histoire de cette demeure aristocratique construite en 1889, transformée en hôtel par Émile Wolf en 1925. « Je n’ai jamais eu de clients, seulement des amis », répétait-il.

Dès que le temps l’autorise, Monsieur se prolonge dans le patio végétalisé et tranquille. © Éric Cuvillier

Lyderick Jadaud, l’actuel directeur, en accueillant ses hôtes par cette phrase élégante, « bienvenue dans votre maison de famille », s’inscrit dans la continuité. Et résume l’esprit du Lancaster. On ne s’y attable pas dans un restaurant lambda mais dans un intérieur parisien où recevoir avec bienveillance semble une évidence. La salle boudoir réconforte avec le velours jaune d’or habillant les sièges, les tables rondes nappées de blanc et les tentures pâles.

Au-delà de la présentation soignée, les assiettes déclinent le meilleur des produits de saison. Ici, rouget juste saisi, couteaux au beurre vert, colrave et cresson. © Julie Limont

Et dès que le ciel se débarrasse des nuages, Monsieur Restaurant invite à s’installer dans le patio pour déguster les mets de Sébastien Giroud. Second de Julien Roucheteau en ce même lieu, le jeune chef impose son empreinte, plus actuelle, plus décontractée. Il ose tout à la fois un tian de légumes confits à l’huile d’olive, exquise touche végane, une langoustine bretonne aux cocos blancs de Paimpol, piquillos,

Sébastien Giroud, le jeune chef, mérite de décrocher vite des étoiles. © Alban Couturier

Espelette, réconciliant Ouest et Sud-Ouest, et un croque-monsieur flirtant sans complexes avec de belles frites. Son credo : les terroirs français et leurs produits glanés auprès des producteurs bio ou adeptes d’une agriculture raisonnée. Si, à midi, la clientèle d’affaires s’empresse, le soir, couples en mal de romantisme et amis colonisent joyeusement l’espace.

Menus à partir de 49 € au déjeuner, de 90 € au dîner. Carte : environ 100 €. Fermé le week-end.

Esprit des lieux

« Pour moi, le Lancaster a eu une identité singulière. On y retrouve l’élégance française habitée d’inspirations anglo-saxonnes avec le charme des couleurs fanées, les tons de vieux rose, de vert ou de jaune. » Cet état des lieux dressé, l’architecte Jean-Philippe Nuel vient, par touches mesurées, de rénover cette demeure privée du xixe en se nourrissant de son histoire et de celles de ses hôtes célèbres.

Marlène Dietrich a vécu ses dernières années dans une des suites où son piano et autres objets sont toujours en place.

Marlène Dietrich y passa les dernières années de sa vie, Boris Pastoukhoff et Félix Ziem y séjournèrent pour peindre, réglant leur note avec des tableaux dispersés désormais dans les huit étages. Des coups de blush, luminaires contemporains, parquets éclaircis, qui, sans choquer les fidèles, attirent des hôtes sensibles au renouveau. 44 chambres et 11 suites.

hotel-lancaster.com

Article paru dans le numéro 114 d’Hôtel & Lodge

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