La Fondation, tables de trois

Choisir d’ériger un 5-étoiles Plaine Monceau, l’un des quartiers les plus vivants et verts de Paris, entre les Batignolles et le parc Monceau, c’est proposer une vision tant hôtelière que gourmande, décalée. Différente.

Texte Anne-Marie Cattelain Le Dû

Rue Legendre, longue voie filant du quartier des Batignolles jusqu’aux grilles de l’élégant parc Monceau bordé d’hôtels particuliers. Au 40, non loin de la trépidante rue de Lévis, un parking aérien et un immeuble des années 1960 ont été transfomés en une « résidence d’esprits libres ». 58 chambres dont trois suites grimpant jusqu’aux nuages, un espace signé Marika Dru (Atelier MKD) réunissant club de sport, studios de cours collectifs, mur d’escalade, piscine semi-olympique, spa Biologique Recherche. Et ses trois restaurants, supervisés par le chef Thomas Rossi, qui affirment leur caractère, bien particulier chacun. La Base, bistrot contemporain et vivant, avec sa terrasse donnant sur la rue, incarne l’ancrage de La Fondation dans le quartier. On s’y installe à toute heure, du petit déjeuner au verre en fin de journée, le temps d’un café, d’un déjeuner ou d’un rendez-vous. Sa cuisine de marché fait la part belle aux légumes et aux produits de saison, mis à l’honneur dans une carte courte, lisible et généreuse.

Les Ailes, table chic parisienne, perchée au huitième étage, joue elle aussi les équilibristes, à l’heure du dîner. © Romain Ricard
L’Appel du ciel, un rooftop qui transporte d’emblée au plus près des nuages pour boire un verre, partager quelques tapas. © Romain Ricard

Pour le dîner, on escalade hardiment, en ascenseur pour les moins sportifs, huit étages pour atteindre Les Ailes, table chic parisienne avec terrasse, vue, menu affûté et plats de partage, de la côte de bœuf tomahawk de Galice à l’omelette norvégienne flambée. Sa carte de vins, tranquilles et pétillants, bien balancée, invite à picorer sans façon des tapas, délicieux tarama d’oursin au citron confit, notamment, en guise d’apéritif ou pourquoi pas de repas. Et surprise, en grimpant encore deux étages, L’Appel du ciel, perché sur le rooftop, dévoile dès les premiers jours de mai tout Paris, de Montmartre, presque voisine, à la tour Eiffel qui parfois, coquette, se farde de nuages, se dissimulant pour mieux revenir. Forcément, cette terrasse dominante excite les convoitises. Mieux vaut arriver tôt, dès l’ouverture à 17 heures, pour se réjouir de la pétillance des bulles de champagne, de l’originalité des cocktails du barman, prêt à les personnaliser en fonction des goûts et des envies de ses hôtes. La cuisine, inspirée et voyageuse, se prête au jeu du partage : mozzarella di buffala croustillante et crème de tomate au basilic, tarama au citron confit et pains pita, caviar d’aubergine fumé ou encore cecina et pickles accompagnés de focaccia… La nuit s’étoile, devient plus romantique. On s’éternise, heureux, « esprits libres »… Sous le ciel de Paris.

Sur sept étages, signées Roman & Williams, parfaitement insonorisées, 58 chambres et trois suites à l’esprit contemporain, où se mêlent œuvres d’art et matériaux nobles. © Clément Gerad

Article paru dans le numéro 146 d’Hôtel & Lodge, dédié aux Hôtel & Lodge Awards 2026.

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