De l’albâtre, Alain Ellouz a fait de l’or. Depuis vingt ans, l’artiste entrepreneur met sa passion, son génie, au service de créations uniques, sculpturales, sensorielles. Son secret ? La maîtrise de la lumière qui sublime et réenchante la matière.
Texte Céline Baussay
« Cette pierre magique et spirituelle, depuis des siècles, dort dans la montagne. Personne ne l’avait regardée différemment et n’avait découvert son véritable pouvoir… » Alain Ellouz, lui, l’a fait, à un tournant difficile de sa vie, il y a vingt ans. À l’époque, pratiquer la sculpture l’apaise. Un jour, il glisse à l’intérieur d’une fleur d’albâtre une source de lumière. Et là, c’est la révélation ! Il prend le temps d’apprivoiser, de façonner cette pierre oubliée, dévalorisée, volontiers comparée à du faux marbre, fragile, dont il révèle la valeur esthétique en l’éclairant. Sa blancheur, ses textures, ses veines… Tout ce qui caractérise son aspect si singulier se dévoile de la plus belle des manières sous l’effet de la lumière.


Le défi le plus important est ensuite relevé : rendre la pierre résistante pour l’adapter à des usages multiples. Dès lors, Alain Ellouz conçoit sur mesure des tables, consoles, lampes, mais aussi des comptoirs de bars, des murs rétroéclairés. Privilégiant toujours des formes géométriques simples, contemporaines, pleines de poésie. Il développe des collections de luminaires en tubes, sphères, galets, anneaux modulaires déclinés à l’infini, certains tenus par des sangles en cuir qui semblent flotter dans l’air comme des nuages, parfois avec d’autres designers, comme Ana Moussinet. L’homme à l’inépuisable énergie pousse de plus en plus loin les possibilités de l’albâtre appliquées aux domaines de l’architecture et de la décoration et, à l’instar de René Lalique avec le cristal, fait entrer l’albâtre dans l’univers du luxe à la française : ses œuvres habillent des boutiques Chaumet, Louis Vuitton, Guerlain, Dior…

Son site de production dans les Yvelines emploie une cinquantaine de personnes, gardiennes d’un savoir-faire exclusif sur l’albâtre, extrait de carrières situées en Espagne, près de Saragosse, mais aussi sur le cristal de roche. Ses showrooms à Paris et New York, sa fondation, sa galerie, où il invite des artistes à exploiter à leur façon le potentiel de l’albâtre, font aussi vivre et vibrer son travail. Le petit atelier d’artisanat est devenu une marque à part entière, unique, dont le rayonnement s’étend dans le monde entier.
Des lieux mis en lumière
Les créations d’Alain Ellouz Paris ajoutent une subtile touche d’élégance à la décoration intérieure de multiples résidences privées, yachts, boutiques, restaurants étoilés, espaces publics, tel le Grand Rex à Paris, où l’entreprise a conçu un immense mur rétroéclairé et célébré en janvier dernier son vingtième anniversaire, et bien sûr des hôtels de luxe. Parmi eux, le Domaine des Étangs en Charente, l’Hôtel du Cap-Eden-Roc à Antibes, le Sofitel Rabat au Maroc, et à Paris, Maison Villeroy, le Pavillon de la Reine ou encore l’Hôtel du Collectionneur. Pour en savoir plus :Albâtre, Les paysages infinis d’Alain Ellouz, éditions La Martinière.


Article paru dans le numéro 145 d’Hôtel & Lodge.



