À l’aube de ses 100 ans, le palace iconique de New York vient d’être métamorphosé par l’architecte d’intérieur français Pierre-Yves Rochon, qui a su conserver intacte son élégance Art déco opulente et sophistiquée. Le changement dans la continuité.
Texte Céline Baussay
Depuis 1930, le haut building à l’emblématique façade ornée de sculptures dorées qui abrite le Waldorf Astoria, marque luxe du groupe Hilton, domine Park Avenue de toute sa splendeur Art déco. À son ouverture, il était le plus grand hôtel du monde avec 1 413 chambres réparties sur 47 étages. La reine Victoria, Albert Einstein, Grace Kelly, Marilyn Monroe, JFK, Prince… D’innombrables célébrités, têtes couronnées et chefs d’État ont traversé son hall d’entrée décoré d’une horloge de l’Exposition universelle de 1893 surmontée d’une mini-statue de la Liberté, arpenté ses couloirs interminables, dansé dans sa fameuse ballroom… Frank Sinatra ou Cole Porter y ont même vécu.



Après huit ans de travaux, le Waldorf Astoria a rouvert l’été dernier, avec les nouveaux standards du luxe que l’on devine ici et là : ajout d’une entrée discrète, lumière naturelle plus présente, uniformes du staff au goût du jour, signature olfactive… Et surtout, il est passé de plus de 1 400 à 375 chambres (avec 372 résidences en plus). Un défi colossal, mené par Pierre-Yves Rochon : « L’hôtel entier m’a été confié, les lieux publics classés monuments historiques et les chambres et suites à restructurer complètement », précise l’architecte d’intérieur, guidé par un constat simple : « La vie en 2026 n’est pas la même que dans les années 1930. La modernité doit s’exprimer, par les éléments d’architecture d’abord : les nouvelles chambres, de 60 m2, possèdent un vaste dressing, une baignoire et une douche séparée, une double vasque. Les plus grandes ont un salon-bibliothèque. Le choix des matériaux, des tissus, du mobilier incarne aussi la modernité. J’ai abordé ce projet avec humilité et respect des lieux, le défi majeur consistant à ne pas abimer l’image de l’hôtel, qui est dans le cœur de tous les New-Yorkais. »


Mais que les habitués de « The Greatest of Them All » (le plus fabuleux de tous), comme le surnommait Conrad Hilton, fondateur du groupe hôtelier éponyme, se rassurent. Ils retrouveront le marbre, les mosaïques, les fresques, les centaines d’œuvres d’art, le légendaire Peacock Alley redécoré, mais tout aussi somptueux, avec toujours son horloge et le piano de Cole Porter, mais avec une carte de cocktails réinventée. L’hôtel reste aussi une place forte de la gastronomie avec deux concepts, la brasserie Lex Yard du chef Michael Anthony et la table japonaise Yoshoku.
Le plus grand spa Guerlain du monde

Quelques mois après sa réouverture, le Waldorf Astoria a inauguré son nouveau Guerlain Wellness Spa. Ouvert à la clientèle extérieure, cet espace de 2 000 m2 situé au 5e étage de l’immeuble possède 16 cabines, un hammam, un sauna infrarouge, une grotte de neige et des technologies dernier cri (vibro-acoustique, cryothérapie…), ainsi qu’un centre de fitness immense. Il propose des programmes holistiques sur quelques jours et même plusieurs mois, ultra-personnalisés, et toute une gamme de soins exclusifs.
Article paru dans le numéro 144 d’Hôtel & Lodge.



