Avec son nouveau concept de croisière Signature, la compagnie Hurtigruten sublime le voyage dans les fjords norvégiens. Prestations premium et merveilles de la nature : une expérience unique, au-delà du Cercle polaire Arctique, à bord du MS Trollfjord, récemment rénové.
Texte Florence Valencourt
L’arrivée à Tromsø, la capitale de l’Arctique, au nord de la Norvège, annonce le début de l’aventure. Après avoir observé les fjords depuis le hublot et le givre sur celui-ci, on se dit que l’équipement d’expédition polaire n’était pas superflu. Impression confirmée à l’aéroport où des distributeurs automatiques d’écharpes, de chaussettes chaudes, ont été installés pour dépanner les voyageurs tête en l’air ou trop confiants. Il est 17 h et il fait déjà nuit noire. Organisation sans faille à l’embarquement, installation en cabine, réunion d’information, premier dîner au restaurant principal Flora. Puis soudain, une annonce qui crée l’effervescence : rendez-vous est donné sur le pont principal pour observer des aurores boréales. Quelle chance, dès le premier soir ! Pour l’ensemble des passagers, c’est l’une des attractions les plus attendues du voyage et beaucoup sont venus avec des appareils photo, téléobjectifs et d’impressionnantes jumelles. De fait, voir ces formes fluorescentes se mouvoir doucement dans le ciel est un spectacle saisissant, à la hauteur de la légende.



Le lendemain, après un petit déjeuner typiquement norvégien à base de hareng mariné, saumon gravlax, cottage cheese, pickles et pommes de terre pour bien tenir au corps, le débarquement se fait au port de Honningsvåg au lever du jour. Le froid est mordant. Tous les passagers se sont emmitouflés pour partir en expédition au Cap Nord : crampons, combinaison de ski, gants de compétition, masque et bonnet… Le thermomètre extérieur affiche –35 °C ! Le guide raconte la région avec moult détails passionnants, explique que certains villages de pêcheurs n’ont pas d’école… mais possèdent une galerie d’art ou un village du père Noël. Soleil polaire à l’arrivée à la station météo. Il fait si froid que la neige dessine comme des vagues et le vent, une écume. C’est splendide. Le guide raconte la bataille navale de Mourmansk, partage ses connaissances de la faune et la flore alentour. Le soir, dîner au restaurant gastronomique du navire, Røst. La qualité de cette cuisine nordique, qui plus est élaborée à bord, est impressionnante. Au menu, oursin en écume, tartare de betterave, graines de tournesol, câpres grillées. Puis le halibut (flétan) de Tromsø, servi avec du chou et une sauce hollandaise.
L’excursion du troisième jour, la promenade en chiens de traîneau, fait partie des moments forts. À Alta se trouve la plus grande rivière de pêche de saumon au monde, mais aussi, donc, l’élevage de huskys d’une bande de passionnés qui récoltent de l’argent avec le tourisme pour pouvoir participer à des courses. Avec eux, le bien-être animal n’est pas un vain mot et l’activité s’avère des plus réjouissantes. Même si la tempête de neige qui s’est levée a un peu gâché la fête… Quel contraste avec le lendemain, l’une des plus belles journées. Le petit village de pêcheurs de Lødingen, sous un épais manteau blanc, prend des airs de conte de fées. Il fait aussi nettement moins froid à mesure que le navire redescend vers le sud, ce qui ajoute au plaisir de la découverte à pied, sur les traces de l’artiste Anish Kapoor qui lui aussi est venu jusqu’ici, comme l’atteste sa sculpture en pierre posée sur la rive du lac. Plus au sud, voici Rørvik, une ville dont il ne subsiste que très peu de vestiges de son passé de petit port de pêche typique. La température est de 7 °C, mais le vent est glacial. Mieux vaut remonter à bord… D’autant plus que, comme l’équipage l’a annoncé, la tempête Folda fonce droit sur le Trollfjord. Pendant trois heures, la mer est démontée. C’est long, un peu angoissant, mais cela fait également partie de l’expérience.



Après la tourmente, une vraie récompense : la ville portuaire de Molde est absolument charmante. Escarpée, implantée à flanc de petite montagne, elle offre des vues à couper le souffle sur le bras de mer comme sur les sommets enneigés au loin. Sur les hauteurs, à côté d’un musée dédié à son histoire, une jolie balade autour d’un petit étang permet d’imaginer à quoi ressemblaient les anciennes maisons de pêcheurs. La lumière est très belle et un sentiment de quiétude émane des lieux. De retour à bord, le dîner est servi dans le troisième restaurant du bateau, la Brasserie Árran. Au menu, « king crab » en plusieurs façons et omble chevalier dont la cuisson est absolument parfaite. Le sourcing local, la pédagogie (les plats de chaque région sont expliqués sur le menu) et la qualité de la cuisine sont au rendez-vous.
Débarquement final à Bergen au lever du soleil, soit à 7 h, puisqu’on est plus au sud. Chance incroyable, dans la ville connue comme la plus pluvieuse d’Europe, Bergen est sous le soleil ! Les conditions idéales pour une déambulation dans cette cité médiévale aux maisons à pignons et aux ruelles pavées. Entre fjords et montagnes, le plus beau des épilogues.
Carnet pratique
Au-delà de l’Express Côtier qui a forgé sa réputation, Hurtigruten propose désormais deux croisière signature : la Ligne du Spitzberg en été et la Ligne du Cap Nord en hiver. Des voyages tout compris avec des escales longues et un programme exclusif : conférences, excursions guidées, activités outdoor… La meilleure période pour observer les aurores boréales en Norvège s’étend entre janvier et mars. Hurtigruten s’engage à offrir une nouvelle croisière si elles n’étaient pas au rendez-vous !
Article paru dans le numéro 143 d’Hôtel & Lodge.


