Rosewood Amsterdam, sentence de style

Dix ans de restauration minutieuse ont été nécessaires pour transformer l’ancien palais de justice en hôtel, le plus luxueux et expérientiel d’Amsterdam. Verdict : pour sa première adresse aux Pays-Bas, Rosewood livre un vibrant plaidoyer pour un patrimoine vivant.

Texte Delphine Cadilhac


« Rendre ce bâtiment emblématique à la ville d’Amsterdam et connecter les visiteurs à son histoire », tel a été le fil conducteur de la spectaculaire transformation de cet ancien orphelinat, inauguré en 1665, devenu tribunal jusqu’en 2013, avant sa délocalisation pour vétusté. Dernier hôtel autorisé à investir un édifice classé, il a exigé une décennie de travaux, entre les contraintes structurelles d’une architecture monumentale et celles d’un monument historique au cœur d’un quartier Unesco aux canaux pittoresques.

Inauguré en mai dernier en surplomb du Prinsengracht, l’un des plus célèbres canaux de la ville, ce Rosewood incarne plus que jamais un luxe engagé : ici, une expérience culturelle unique avec des partenaires et musées locaux et un design honorant un patrimoine séculaire servent une hospitalité contemporaine très haut de gamme. Signés Studio Piet Boon, les intérieurs racontent la reconversion d’un lieu de pouvoir en refuge urbain, en préservant ses marqueurs identitaires : escaliers imposants, longs couloirs, colonnes, carrelages et sol d’origine, pierre adoucie, hauts plafonds moulurés, trompe-l’œil boisé sur les portes… jusqu’aux têtes de lit en tissu plissé rappelant les robes des juges.

Forts d’une inspiration artistique en perpétuelle évolution, les espaces insufflent un goût d’inédit. © Chantal Arnt
© Daniëlle Siobhán

Les 134 clés, toutes singulières, habillées de gris profonds et de bleus intenses, mêlent artisanat local, pièces sur mesure et œuvres d’art, évoquant le confort d’une maison raffinée. L’esprit résidentiel culmine dans les cinq « Houses » signature, des suites XXL qui capturent l’héritage artistique de la ville. Partout, l’hôtel se fait galerie vivante : plus de mille œuvres, en curation permanente ou temporaire, invitent à « une déambulation libre qui va de la beauté intemporelle du xviie siècle à une perspective contemporaine du design néerlandais », confie Piet Boon. De l’imposante Statica du Studio Molen à l’entrée à l’horloge fantasque Grandfather Clock de Maarten Baas ou au distributeur d’art – annoncé comme le premier au monde – de Casper Braat, l’hôtel dialogue avec une nouvelle génération d’artistes.

Lieu de rencontre animé, The Court(« le tribunal »), lobby lounge arty-chic, accueille un all-day dining bistronomique. Eeuwen (« les siècles »), la table gastronomique du chef David Ordóñez, cultive l’art du temps et du rythme de la nature, notamment autour des produits de la mer de Zélande et du Nord. La soirée s’achève à l’Advocatuur (« profession d’avocat »), bar à cocktails moderniste et audacieux. On y déguste le Prøvo, une eau-de-vie de genièvre élaborée dans la distillerie sur place, et dont le nom salue le mouvement éponyme, frondeur et non violent, lancé par la jeunesse dans les années 1950-60.

De nombreuses clés offrent une quiétude remarquable et une vue sur les canaux pittoresque. © Jonathan Maloney
Quartier historique et classement Unesco oblige, l’esthétique de la façade emblématique a été préservée. Devant, le bateau privé de l’hôtel. © DR

Des expériences exclusives

À réserver en priorité, la visite du Rijksmuseum après sa fermeture ou des ateliers des créateurs exposés à l’hôtel, la réalisation d’une fresque avec les artistes du STRAAT Museum ou encore un tour sur les canaux avec le bateau privé, vintage et électrique, stylisé pour Rosewood par Studio Piet Boon.

Article paru dans le numéro 143 d’Hôtel & Lodge.

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