Dans cet hôtel historique aux racines 100 % indochinoises, le spa se nourrit du meilleur de l’Asie que la Maison Sothys saupoudre de savoir-faire, de senteurs, de protocoles français. Alliance parfaite.
Texte Anne-Marie Cattelain-Le Dû
Devant la façade blanche datant de 1901, avec ses persiennes vert sombre, filtrant la lumière du soleil, on marque le pas, on s’arrête un instant, on contemple, le cœur battant, l’hôtel, réputé comme l’un des plus extraordinaires de l’ex-Indochine. Un survivant, un miraculé, sorti indemne de la nationalisation en 1954 puis des bombardements américains en juin 1966. Mythique, assurément, terme ici non galvaudé. Ce joyau de la collection Sofitel Legend depuis 2009, a retrouvé ses fastes, son atmosphère coloniale et ses hôtes VIP, Européens, Américains et Asiatiques, en priorité. Pour répondre à leurs envies, « Le Métropole », diminutif affectueux, s’est doté d’un spa à la mesure de sa notoriété, choisissant un partenaire français, la maison Sothys, reconnue pour ses valeurs d’excellence. Christian Mas, président du groupe, conquis par les lieux, a mis au point, avec ses équipes, une carte à la hauteur du spa. 400 m2, huit suites privées, sereines, tamisées, dont la lumière douce tranche, aux heures du jour, avec celle du jardin et de la piscine qu’elles surplombent.



Le parfum des essences de massage créées sur mesure pour Sothys Métropole, par un célèbre nez de Grasse, invite à la rêverie, l’abandon afin de profiter de ces instants rares, suspendus. Les soins, alliance des protocoles, du savoir-faire français, de la gestuelle asiatique que les thérapeutes connaissent et pratiquent sur le bout des doigts, mêlent rituels holistiques orientaux, thérapies occidentales de pointe, expertise beauté. Un bon point, car dans nombre de spas, elle rompt la magie du moment, la musique ou plutôt, les musiques bien choisies, ajoutent, comme dans un film, au plaisir, à l’évasion. On se projette de sa table de massage, levant les voiles sur une jonque, pour descendre le fleuve, vers la baie d’Ha Long, ou tel que raconté par Marguerite Duras, courant à travers les rizières rejoindre son amant.
L’esprit des lieux

Construit en 1901 par deux entrepreneurs français, André Ducamp et Gustave-Émile Dumoutier, soucieux d’ouvrir à Hanoï le plus bel hôtel du Vietnam, Le Métropole, au cœur de la vieille ville, avec ses 364 chambres et suites, réparties sur deux ailes, témoigne du passé glorieux et prospère de la capitale du pays. Mobilier réalisé sur mesure dans les bois les plus précieux, il y a 125 ans, nombreux objets désormais de collection, art de la table et linge raffinés, on comprend que Catherine Deneuve aimait s’y retirer pendant le tournage d’Indochine, en 1990, quatre ans avant la signature de la joint-venture entre les autorités vietnamiennes et Accor, qui s’implantait alors en Asie. Et que l’actrice française, rêve de revenir… dans sa suite de l’aile historique, la plus nostalgique, la plus authentique.
Spa accessible aux non-résidents. Ouvert toute l’année, tous les jours,
de 10 h à 22 h.
Article paru dans le numéro 143 d’Hôtel & Lodge.



