Le Byblos / Saint-Tropez – Une histoire d’amour

Depuis 50 ans, Le Byblos attire les VIP du monde entier. Et si, aujourd’hui, les hommes d’affaires prennent souvent le relais des stars, les deux mondes cohabitent sous l’œil attentif de Giuseppe Pochintesta, le chef concierge.

Finies les folies tropéziennes ? Finies les excentricités, dont beaucoup avaient pour cadre Le Byblos et sa boîte de nuit les Caves du Roy ? Un rien plus discrètes, en tous les cas, comme l’affirme et le regrette Giuseppe, le concierge du palace : « Je suis nostalgique des années quatre-vingt, 90 où tout était possible, où l’on s’amusait sans retenue. Aujourd’hui les VIP jouent la discrétion. Ils gèrent leur image, soucieux de ne pas la retrouver sur les réseaux sociaux. » Les stars ne posent plus au bord de la célèbre piscine. Elles filent incognitos, loin des paparazzis. Seul, le photographe agréé de l’hôtel et avec leur autorisation, peut braquer son objectif sur ces personnages connus. Autre temps, autres mœurs. Lorsqu’en 1967, Jean-Prosper Gay-Para, riche Libanais, grand admirateur de Mireille Darc qui vient de tourner La Grande Sauterelle et de Brigitte Bardot, ouvre le Byblos, c’est dans l’intention d’y accueillir les people d’alors, d’animer leurs jours et leurs nuits. L’inauguration, avec Mireille Darc comme marraine, donne un avant-goût des fiestas qui vont s’y succéder. En ce 27 mai 1967, 1 000 invités se pressent pour pénétrer dans le saint des saints, à la suite de Brigitte Bardot et de Gunther Sachs, son mari d’alors, d’Eddie Barclay, de Françoise Sagan, de Juliette Gréco et bien d’autres. L’heure est au champagne coulant à flots, à la danse, à la musique, aux plaisirs.

En septembre 1967, la guerre du Liban compromet la fortune de Gay-Para qui cède son nouveau bébé à Sylvain Floirat, industriel, patron d’Europe 1 et avionneur. Depuis, se sont succédés à la tête de son groupe et de son hôtel, son fils, son petit-fils et aujourd’hui son arrière-petit-fils, Antoine Chevanne. A 44 ans, ce beau brun sympathique évolue au sein du palace comme un poisson dans le port. Lui qui confie que chaque été, enfant, le Byblos était sa cour de récréation. Celle où il côtoyait tous les grands de ce monde. Antoine ne se contente pas d’être un héritier. C’est un bosseur qui souhaite le meilleur pour son hôtel et surtout pour ses hôtes. Sa première initiative lorsqu’il prend les commandes du cinq étoiles, à 28 ans : le repeindre aux couleurs vives de la Côte d’Azur. « Ses architectes l’avaient imaginé comme un village azuréen avec ses maisons étroites, autour d’une place plantée d’un olivier libanais centenaire. Et, ses décorateurs, l’avaient paré d’azulejos, de tentures aux fils d’or, d’escaliers en fer forgé, de mosaïques polychromes, et badigeonné de blanc, comme un village grec. J’ai voulu l’ancrer davantage encore dans Saint Tropez, dans sa tradition.» Chose dite, chose faite. Le Byblos, rénové en permanence affiche désormais ses teintes ocre, bleu, jaune provençales, étalant ses « maisons » sur plus de 17 000 m2, à deux pas de la place des Lices. Aux soixante chambres d’origine dont toutes étaient différentes, se sont ajoutés, grâce à l’acquisition d’un terrain mitoyen, la Bastide et le Hameau, portant à 91 le nombre de clés. Quant aux Caves du Roy, si pour débuter en beauté un nouveau cinquantenaire, elles changent de décoration, elles gardent leurs palmiers mythiques. Pas question de déboussoler les habitués.

A quelques jours de fêter son demi-siècle, le palace retient son souffle. Les quelque 300 employés se préparent à vivre au rythme effréné de l’été. Prêts à satisfaire toutes les envies, tous les caprices de leurs clients. « J’aime, assure Giuseppe Pochintesta, qu’on me pose des défis, qu’on me demande de décrocher la lune. J’ai un réseau de partenaires, de prestataires triés sur le volet qui m’épaule pour offrir le meilleur, l’inattendu, l’exceptionnel. C’est cela que chacun, anonyme ou célèbre, attend d’un palace. Oublier le quotidien, l’espace d’un séjour qu’il soit de quarante-huit heures ou de quatre semaines. Une sacrée mission que j’assure en relation étroite avec mes équipes et la famille propriétaire. Dont Antoine que j’ai connu gamin. »

 

20 Avenue Paul Signac, 83990 Saint-Tropez

Tel: 04 94 56 68 00

www.byblos.com

 

Texte : Anne-Marie Cattelain-Le Dû – Photos : D.R