Hymne au génie de René Lalique

 

Décidemment il s’en passe des choses en Alsace. Après l’ouverture très réussie de la Villa Lalique, on fête, toujours à Wingen-sur-Moder, l’inauguration du château Hochberg.

Idéalement situé au cœur d’un parc d’un immense parc en face du musée Lalique, le château Hochberg peut d’enorgueillir d’un riche passé. Construit par la famille Teusch, entre 1863 et 1866 pour être leur maison de famille, il arbore le plus pur style Napoléon III : façades agrémentées de bandeaux en grès rose, grandes fenêtres, balcons en fer forgé… Vendu en 1908, le Château connaît alors des destins variés, avant d’être classé monument historique en 1996 et d’être acheté en 2014 par Silvio Denz, PDG de la Maison Lalique. Sous la houlette de ce dernier, cette véritable « maison de maître », s’est offert un lifting de fond en comble et devient désormais un quatre étoiles. La réhabilitation et la décoration sont dues à la collaboration entre le Lalique Interior Design Studio et l’agence d’architecture intérieure Borella Art Design qui ont réalisé là un travail hors pair. Après avoir passé les hautes grilles noires, on emprunte la majestueuse allée centrale menant au château. Dès le lobby, on se sent l’âme d’un maître verrier, littéralement bluffé par le cristal qui s’affiche sur le desk, sous forme des panneaux décoratifs Lauriers, en parfaite harmonie avec les tons délicats de murs et du mobilier. Le bar voisin, surmonté de motifs Dahlia, est dominé par un lustre Windfall fait d’une multitude de cristaux en suspension, un spectacle à lui seul. Même ambiance dans les chambres et suites que l’on rejoint après avoir admiré les murs des couloirs ponctués de motifs Dahlia. Celles-ci au nombre de 15 sont réparties en quatre catégories selon leur taille et leur aménagement. Les Chambres des Verriers : de 18 à 21 m2, les Terrasses du Château : de 19 à 23 m2, équipées d’un petit balcon, les Joyaux : de 25 à 30 m2, et enfin on s’en doute nos préférées les suites Lalique : deux suites de 38 et 41 m2. Le mobilier, au look inspiré des années 30 évidemment, présente des formes géométriques rectangulaires ou arrondies, le bureau est en noyer, les têtes de lit en cuir, les fauteuils en velours… Résultat une ambiance cosy, épurée et cependant très contemporaine. Le tout décliné en trois atmosphères différentes en référence aux panneaux décoratifs qui les agrémentent : Ombelle, Venise et Dahlia. Enfin, des dessins et lithographies de Lalique, animent les murs des chambres et plongent un peu l’heureux hôte dans l’héritage de ce lieu. Passons maintenant à ce qui est aussi la grande affaire de la maison : le restaurant ! Dans les trois salles qui constituent le restaurant, le cristal joue encore les stars. Lustre Orgue, panneaux Papillon de Damien Hirst, miroir Dahlia, panneau Venise… La lumière qui y règne en maître apporte à l’ensemble une touche chaleureuse. On retrouve au piano le chef Eric Frieden qui a mis au point une carte à l’esprit « bistrot chic ». Sa cuisine locavore, comme il se doit, et de saison, est dans l’esprit de celle de Jérôme Schilling le chef exécutif du restaurant (2 étoiles) de la maison Lalique voisine. Pour débuter, on se régale de la charcuterie servie en tapas. La carte met en avant des plats classiques : foie gras mi-cuit, rognons de veau à l’ancienne, boeuf aux girolles, cabillaud en aïoli… ou twistés à la mode actuelle : oeuf de poule « poché », pomme purée et truffe, gambas en wok et coriandre aux mini-légumes, volaille en ballotine au risotto, un régal. Et pour finir la soirée en beauté, rien ne vaut une petite halte au salon d’une élégance parfaite avec son parquet Versailles et ses petits fauteuils de velours aux coloris tendres. On y sirote un vin au verre sélectionné par Romain Itlis, le sommelier qui officie à la Villa Lalique. Vous avez dit bonheur ?

 

 

Chambres des Verriers à partir de 140 euros, Terrasses du Château à partir de 190 euros, Suites Lalique à partir de 290 euros. Menus entre 28 et 48 euros.

Château Hochberg

2, rue du Château Teutsch 67290 Wingen-sur-Moder

Tél. : + 33 (0) 3 88 00 67 67 / www. chateau hochberg.com

Texte : Juliette Lavigne – Photos : D.R