Coup de foudre rodriguais

Petite sœur rebelle de l’île Maurice, Rodrigues même sa barque en toute indépendance. Privilégiant les « Boutik hotels », à l’instar du Tekoma. Perle échouée au bord du lagon.

Rodrigues a du cœur, Rodrigues a mille charmes. Mais pour l’apprivoiser et qu’elle vous apprivoise, il faut avoir l’âme insulaire, la passion océane, l’attrait pour les terres en marge. Celles arides, brûlées par le soleil et le vent qui forgent le caractère de ses habitants et sculptent les reliefs. Tout sauf une banale destination balnéaire, malgré ses plages poudrées, ses anses de poche où la mer s’engouffre au rythme des marées, son lagon aux gorgones dentelées et ses îlots où les oiseaux migrateurs jouent relâche pour nidifier. Rodrigues, à l’instar de ses 35 000 habitants, c’est l’Afrique et l’Inde métissées, la pêche et l’agriculture mêlées. C’est le pêcheur de « z’ourites », poulpes aux longs tentacules qui, sa barque ancrée, mène paître ses moutons et ses chèvres sur ses champs à l’herbe iodée.

C’est Maximum grillant sur un feu de bois improvisé ses langoustes et ses sacréchiens, poisson à la chair fine, que la mer lui a offert dans ses casiers et ses filets. C’est l’accorte vendeuse de paniers en raphia du marché de Port Mathurin donnant de la voix pour attirer le chaland. Un univers, une atmosphère, que l’éloignement préserve des méfaits d’une civilisation pressée. Le Tekoma retranscrit cette ambiance, perché à l’aplomb de l’Anse Ally, l’une des plus agréables pour surfer et plonger en compagnie de Jacky, un sacré loustic, tombé lui aussi en amour pour Rodrigues. Il en connaît toutes les passes, tous les coraux, tous les poissons et leurs habitudes. Son centre bien équipé jouxte l’hôtel. Un vrai plus pour descendre, sans risque, aux plus profonds des abysses, admirer les garangues en rang serré et les tortues curieuses. Puis, au retour de cette aventure sous-marine, gagner sa villa en quelques instants, sautant dans sa vaste baignoire ovale en béton ciré judicieusement installée en plein air. Avant, tiraillé par la faim, de puiser dans la carte du chef au bien curieux prénom, Duverger Agathe, ses spécialités à base de légumes, poissons et fruits de l’île, qui en France vaudraient à leur créateur des étoiles. Une cuisine parfumée, franche, sans chichi. À l’instar du Tekoma, dont la décoration signée Guillaume Feuillerade, le mobilier en bois clair dessiné sur mesure par Dany Dupavillon, les photos exclusives de Virginie Lacoste Tennant, traitées comme des toiles esquissent les contours du bonheur.
 

Tekoma Hôtel

Anse Ally, Rodrigues Island, Maurice

Texte : Anne-Marie Cattelain-Le Dû – Photos : D.R

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