Cabotage insulaire : Silhouette Cruises, Seychelles

6 Services

6 Confort

6 Caractère

10 Environnement

6 Intimité

8

7

Embarquer pendant une semaine à bord d’un bateau de 42 m de long, pour découvrir au hasard des vents et du temps, quelques-unes des 115 îles de l’archipel Seychellois et sa faune sous-marine. Expérience signée Silhouette Cruises.

L’activité bat son plein sur l’Inter Island Quay du port de Victoria d’où vers 11 h 30 le Sea Bird, l’un des cinq navires de Seychelles Cruise va larguer les amarres. Sous les ordres d’Alex, jeune capitaine aux dreadlocks, l’équipage s’affaire sur l’étroite passerelle brinquebalante chargeant tout à la fois les bagages des douze passagers et les provisions nécessaires pour huit jours de navigation.

Chacun s’épie, tâchant de deviner l’origine géographique des autres. Hasard des croisières sur de petites unités qui projettent dans une intimité soudaine des personnes qui jamais ne se sont vues. Les liens se noueront, ou non, plus tard. Et, comme à l’habitude, l’anglais sera de mise pour permettre aux six nationalités d’échanger. Pour l’heure, les moustiques attaquent en escadrille et sans ségrégation les peaux non encore tannées. Catherine, la directrice de la compagnie, essaye d’ores et déjà de créer des liens entre les passagers, veillant à l’attribution des cabines.

Le moniteur de plongée, français, vérifie une dernière fois le matériel et arrime les bouteilles. Le cuistot, grand et costaud, fixe au bastingage un énorme régime de bananes, pour calmer à l’envi les petites faims des sportifs. A babord et tribord de « notre » embarcation, la rendant soudain minuscule, deux mastodontes dont un battant pavillon français, navire-usine pêchant et traitant le thon. La vie d’un port en eaux poissonneuses ! Dans un grand fracas métallique, l’ancre est levée. Une légère brise, de bonne augure pour s’amariner, va en quatre heures, sur une mer calme, propulser le Sea Bird vers Praslin, première escale du voyage.

Et première plongée pour ceux qui pratiquent cette discipline avec acharnement. Deux plongées quotidiennes minimum sont inscrites au programme, voire trois, l’une de nuit s’ajoutant lorsque les conditions de visibilité et de stabilité l’autorisent. Les accompagnants non gagnés par l’ivresse des profondeurs s’équipent de masques, tuba et palmes. Et, sautent dans l’océan à 26 degrés pour découvrir malgré tout la faune sous-marine, tout en nageant de conserve avec les tortues étonnées qui pointent leur drôle de tête à quelques mètres d’eux. Les adeptes de la bronzette ont pris leurs marques sur le deck de proue. Le reste de la troupe est parti explorer la Vallée de Mai, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Demain mouillage à la Digue.

Après la première plongée matinale, on quittera le bord pour à pied ou à bicyclette, pour à son rythme se baigner à l’Anse Source d’Argent ou dans une crique moins fréquentée, déjeuner en terrasse, s’attarder dans le vieux cimetière dont les sépultures content à travers leurs épitaphes le peuplement de ce caillou de poche. Juste prié de regagner le bord avant 18 heures.

Pour le confort de ses passagers, la plupart du temps, le bateau reste à l’ancre la nuit, retraçant sa route aux premières lueurs de l’aube vers de nouveaux spots de plongée. Grande et Petite Sœurs, Curieuse, Aride, Boody, Coco… autant d’îles charmantes à l’histoire tourmentée, anciennes léproseries pour certaines, repère de pirates pour d’autres, de braconniers avides d’œufs. Avant qu’Aride, qui ne mérite plus son nom désormais, relève de la compétence de la Fondation pour la Conservation des îles, et soit classée réserve naturelle. Chaque année, 220 000 œufs, oui 220 000 de sternes fuligineuses étaient volés dans les nids. Menaçant l’espèce. C’est aussi cela la croisière, une leçon de choses, sur le terrain, une compréhension de la nature, de ses cycles et de ses fragilités. Une autre vision du monde.

www.seychelles-cruises.com

Article paru dans Hotel & Lodge numéro 92

Texte : Anne-Marie Cattelain-Le Dû – Photos : D.R