La tentation du Gritti

Les lumières sont douces, les ruelles désertes… Une période idéale pour découvrir les trésors cachés de la cité des doges.

Cela commence toujours avec le même rituel. Une petite marche de quelques minutes entre les portes de l’Aéroport Marco Polo et l’embarcadère, où vous attendent vaporettos et bateaux taxis. L’hiver, le froid, l’humidité vous saisissent d’emblée mais, très vite, vous succombez au plaisir de cette expérience unique. La traversée de la Lagune, souvent plongée dans un léger brouillard, est assez rapide. Une trentaine de minutes suffisent pour entrevoir les silhouettes des plus beaux monuments de la ville. C’est évidemment la saison idéale pour vous offrir l’un des palaces historiques qui longent la lagune et le Grand Canal comme le Daniele ou le Gritti. Bien couvert, vous allez pouvoir sillonner les canaux, visiter les musées et les galeries, goûter aux délices de la cuisine vénitienne. Dans la brume tombante, le spectacle est aussi dépaysant qu’envoûtant ! Vue du Grand Canal, la belle façade historique du Palazzo Gritti en impose. Mais c’est à l’intérieur que l’établissement du groupe Starwood fait la différence avec ses prestigieux concurrents vénitiens. Un signe qui ne trompe pas, les célébrités le plébiscitent depuis des dizaines d’années. de Churchill à Bruce Springsteen, de Igor Stravinsky à Robert de Niro en passant par Nicole Kidman et Luciano Pavarotti, la liste des inconditionnels de la jet-set est impressionnante. Dès l’entrée, on mesure que l’on atteint le très haut niveau. Ici, contrairement au Danieli, pas de plafonds hauts ni de grands espaces de réception. Chaque pièce est à taille humaine et affiche un luxe raffiné? on s’y sent chez soi très vite. D’autant que le niveau d’attention du personnel est sans égal. Direction les chambres. Nous les avons visité une après l’autre. Commençons par notre junior suite avec vue sur le Grand Canal. Elle était dotée, en plus de sa salle de bains, d’une belle baignoire posée près de la fenêtre à deux pas du lit. Tout sauf un gadget pour se remettre d’une longue marche dans la ville en admirant un paysage somptueux. Mais les stars veulent encore mieux. les 21 suites du Gritti les attendent. Elles portent les noms de glorieux habitués comme Somerset Maugham, Ernest Hemingway ou Peggy Guggenheim. Elles frisent la perfection lorsqu’elles disposent d’un salon d’angle avec double exposition à la lumière. Dans certaines de leurs salles de bains on dénombre jusqu’à 8 marbres différents …

Le Danieli

Georges Sand et son amant Alfred de Musset y avaient leurs habitudes. On s’attend presque à les rencontrer dans la partie la plus ancienne du palace tant on y perd très rapidement la notion du temps. Passé un accueil aussi efficace et souriant que rapide, on se glisse avec délice dans un palais vénitien conçu par la famille du Doge Enrico Dandolo au XVe siècle. Les hauteurs de plafond vertigineuses y contribuent : c’est une ambiance chaleureuse et chargée d’histoire qui vous emporte. Magique et romantique ! D’ailleurs les réalisateurs de cinéma s’y succèdent au fil des années pour des tournages souvent mémorables. L’un des derniers en date est « the tourist » avec Angelina Jolie et Johnny Depp. Le bar qui jouxte la réception est l’un des plus beaux de Venise. Et l’un des plus courus. Vénitien et touristes s’y pressent pour y déguster des cocktails dans des fauteuils confortables. Si le Danieli a su se renouveler au fil des années dans perdre son âme, c’est grâce au talent des décorateurs français Jacques Garcia et Pierre-Yves Rochon. On trouve la griffe de ce dernier dans les splendides et parfois extravagantes Signature suites qui donnent sur la lagune et San Giorgio Maggiore… Même exercice de style dans les Dandolo suites. Toutes sont situées dans le bâtiment historique d’origine. C’est dans l’une d’elles que nous avons séjourné. Vue sur un petit canal encombré de gondoles, grand salon à vivre avec ses meubles d’époque, chambre à taille raisonnable mais ultra cosy… La modernité est bien présente mais par petites touches seulement. Aucune faute de goût malgré le foisonnement des matières et couleurs. Bien entendu, les salles de bains restent de marbre… Que reprocher à un tel établissement? Rien si ce n’est, peut-être, sa cohabitation avec une extension, plus moderne mais aussi plus accessible en prix. Nous, on opte sans hésitation pour un séjour dans l’histoire.

Sestiere Castello, 4196
30122 Venezia, Italie

Texte : Tristan François – Photos : D.R

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