Downtown, pari gagné

Immeubles historiques, quartiers huppés, cœurs urbains, tels sont en général les implantations de l’enseigne hôtelière de luxe préférée des Américains. Dérogeant à ces principes, Four Seasons vient de s’installer à Lower Manhattan. Exceptionnel.

Au sud du sud de New York… C’est ici, que débarquèrent et se fixèrent, au milieu du XIXème siècle, les premiers immigrants irlandais chassés de leur pays par la famine. C’est ici aussi, dans ce grouillant centre financier et boursier, que le 11 janvier 2001 deux avions pilotés par des terroristes, en détruisant les tours jumelles du World Trade Center et en entraînant dans la mort 3 000 personnes de 93 nationalités, stigmatisèrent le monde entier et stoppèrent net le développement du quartier. Les nombreuses polémiques réglées, « Ground Zero » reprend vie autour de sa gare centrale, l’étonnant Oculus, sorte de colombe immense imaginée par l’architecte Santiago Calatrava où se croisent onze lignes de métro. Une à une, les tours sortent de terre, autour du mémorial de Michael Arad “Reflecting Absence”, profonds bassins en pierre noire sur laquelle est gravée la liste impressionnante des victimes. Le Four Seasons, propriété d’un homme de 85 ans, s’élance vers le ciel juste en arrière-plan de ce lieu de souvenirs. Signé Robert A.M. Sterne, le bâtiment couleur crème virant à l’ocre au soleil couchant, compte quatre-vingt-deux étages aux allures Art déco revisitées. Les vingt-cinq premiers sont dédiés à l’activité hôtelière, les plus élevés réservés à des résidences de luxe. Ses chambres haut perchées dévoilent l’immensité de la ville, et, selon leur situation le Pont de Brooklyn, le port, l’Hudson river, où les rues historiques. Observatoire incroyable et parfaite base arrière pour hanter les galeries d’art fleurissant autour du Whitney Museum of American Art désigné par Renzo Piano et du New Museum of Contemporary Art mais aussi les boutiques de design et de mode de Soho et de Tribeca.

Pour satisfaire les désirs de ses hôtes trendy, le Four Seasons Downtown a invité Wolfgang Puck, le chef ultra-branché qui cartonne sur tous les continents de Las Vegas à Singapour, de Dubaï à Hawaï, à ouvrir dans la continuité du lobby, son bar et le Cut, seul point de restauration de l’hôtel, en dehors de l’excellent room-service. Mis en scène par Jacques Garcia, le décorateur français, les lieux, rouge flamboyant, s’accordent avec la carte très carnée où le bœuf tient la vedette. Son niveau sonore, entretenu tout à la fois par les conversations plus qu’animées et les décibels musicaux, tranche avec la sérénité du spa, dessiné, comme les chambres cosy et design, par le cabinet d’architectes canadien Yabu Pushelberg. Son point névralgique, la longue piscine de 25 mètres, se pare de lignes verticales s’accordant aux silhouettes longilignes des skyscrapers qui se reflètent quasiment dans son bassin. Dans ses cabines de soins, les thérapeutes connaissent sur le bout des doigts les protocoles très techniques des marques suisse Burgener et hongroise Omorovicza, deux exclusivités négociées par le manager pour choyer ses clients. Qui, requinqués peuvent chaque jour découvrir un nouvel aspect de Lower Manhattan, là où New York fait face au vieux continent lointain, et où s’amarrent toujours les Transatlantiques.

57 E 57th St,

New York, NY 10022, États-Unis

www.fourseasons.com/newyork

Texte : Anne-Marie Cattelain-Le Dû – Photos : D.R