Design à l’image de Milan

Tout juste ouvert, le Room Mate Giulia est la villégiature éphémère rêvée pour gagner à pied les points stratégiques de la remuante ville, chef-lieu de Lombardie.

Ouvrir à Milan, capitale de la mode et du design, un hôtel signé Patricia Urquiola, architecte d’intérieur espagnole et milanaise d’adoption, cela s’imposait. Le domicilier, dans un bâtiment historique du XIXème siècle, près de la Galleria Vittorio Emmanuele II, à deux pas de la Piazza del Duomo, de la Scala, et de la Monte Napoleone, révèle une intelligence de vue. Celle d’Enrique Sarasola, Carlos Marrero, Eduardo Sanzol et Gorka Atorrasagasti, amis depuis l’enfance, fondateurs du jeune groupe hôtelier Room Mate, qui décline une gamme de quatre étoiles urbains bien situés, où la convivialité prévaut. « Séjourner dans un hôtel se limite souvent à y dormir et à en ressortir en courant. Pas pour nous, c’est pour cela que privilégions les espaces dont la décoration ne laisse personne indifférent et invite à passer de bons moments comme si vous étiez reçu chez un ami », explique Eduardo Sanzol.

Au Giulia, prénom de la fille de Patricia Urquiola, lobby, salon et espace spa- fitness, jouent ainsi les « melting-point ». Epreuves d’artistes, objets siglés, livres, couleurs et matériaux années soixante y dessinent un univers vintage chic, très « home friendly ». On s’y relaxe sur les banquettes amusantes avant ou après les balades en ville, tout en échangeant bons plans et bons tuyaux. Pas question, dans cette collection d’hôtels innovante, de dupliquer la même chambre d’un bout à l’autre de la planète. Au contraire, les architectes reçoivent pour consigne de s’emparer des codes du pays. Ici, au Giulia tout est italien et de belle facture. Meubles Kartell et Cassina avec sièges et canapés dont certains édités en exclusivité par Patricia Urquiola, tissus Armani, teintes très dolce vita… rose, bleu pétrole, jaune anis, vert pelouse. Même les produits de courtoisie Wabi Sabi, habillés d’orange et de noir, « sexués », facilitent la vie… On apprécie les lingettes « dissolvant » et les chouchous pour mater les chevelures rebelles quand le vent du Nord venu des rives du Po s’en mêle. On approuve tout autant le fascicule des Droits de l’homme, illustré, posé en évidence sur le chevet, à côté de la carte de visite de la gouvernante au cas où. L’humain demeure au centre du propos. Et, contrairement à de nombreux hôtels dits « mode » la tablette ne remplace pas le réceptionniste. Au contraire, ils sont quatre, empressés, souriants, proposant de s’asseoir et d’échanger autour d’un verre d’eau ou de limonade. Histoire de lier connaissance, de connaître nos désirs dans et hors de l’hôtel et de renseigner, sur l’exposition en cours, la bonne table, le petit troquet incontournable. Car au Giulia, on ne sert que le petit-déjeuner, entre 7 h et 12 h, amplitude horaire confortable pour se plier aux habitudes des clients venus de méridiens opposés. Le buffet gourmand, aux accents italiens, contente tous les appétits. Et, serveuses et serveurs sont à l’affût, pour aider qui le souhaite, compléter si besoin les plateaux. Pas étonnant dès lors que depuis son ouverture, les 85 chambres et suites s’arrachent, le week-end surtout.

Via Silvio Pellico, 4, 20121 Milano MI, Italie

room-matehotels.com/fr/giulia/

Texte : Anne-Marie Cattelain-Le Dû – Photos : D.R