Alila Jabal Akhdar Oman ~ Rose des sables

Mirage du désert ? Gageure architecturale et logistique, plutôt. Après plus de deux ans de labeur, le premier cinq-étoiles aux égards écologiques ouvre ses portes sur la péninsule arabique, respectant les préceptes drastiques de Mark Edleson, fondateur du groupe Alila.

Prouesse architecturale

pour oasis minérale

Un soleil lactescent se lève sur les montagnes de l’Hajar, en panoramique. Dans quelques heures, il inondera de lumière et de chaleur le plateau du Djebel Akhdar, suspendu à 2 000 mètres d’altitude. Comme surgie du sable et des roches millénaires, une construction éco-design, parfaitement intégrée au paysage accidenté, offre une ombre salutaire. Nous sommes à deux heures de Jeep de la capitale Mascate, au coeur de la “Montagne verte” (en arabe dans le texte).

 

Réputée pour ses roses parfumées qui en tapissent les flancs au printemps, c’est l’une des régions les plus spectaculaires et inexplorées du pays. Il était donc fondamental d’en perturber a minima l’équilibre et la beauté. Pari tenu : nommé “Projet durable de l’année 2014“ et unanimement salué par les juges du Prix de la Construction Omanaise, Alila Jabal Akhdar Resort tient le haut du pavé en termes de respect de l’environnement. Un défi hors norme Des matériaux de construction à la gestion de l’eau en passant par la réduction des déchets, le resort a immédiatement affiché son ambition de devenir le premier du Sultanat à obtenir la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Ce label américain, équivalent de notre H.Q.E, évalue les bâtiments à haute qualité environnementale selon des critères d’efficacité énergétique, de consommation d’eau, de chauffage, d’utilisation de matériaux à provenance locale et de valorisation de leur surplus. « La plupart des matériaux proviennent d’un rayon de 800 kilomètres, mais c’est finalement l’emplacement, au sommet de la montagne, qui a présenté le plus grand défi logistique. Rien n’est simple ici. Il n’a pas suffi de tourner un interrupteur ou un robinet pour que tout fonctionne.

Cela a demandé une planification extrême et minutieuse de toutes les ressources nécessaires à ce fabuleux projet, y compris des hommes puisque plus de 500 ouvriers et artisans ont travaillé sur ce site de trois km2», explique Craig Fyall, maître d’oeuvre chez HLG, le constructeur mandaté par l’agence gouvernementale pour le développement du tourisme. « Nous avons réutilisé le même matériau, encore et encore, tant que possible. Les débris de béton ont par exemple servi pour stabiliser le sable afin de minimiser la poussière lors de la construction. Toutes les façades du bâtiment, soit 13 000 m2 au total, sont en pierres naturelles, qui avaient été excavées lors des fondations », souligne Ammar Al Kharusi, chef de chantier.

En écho à l’extérieur, l’architecture intérieure imaginée par l’agence thaïlandaise P49 Deesign mixe elle aussi tradition, rappel constant à la nature et esprit contemporain minimaliste. Dans les chambres et suites déployées sur deux étages, l’histoire du pays se mâtine d’une modernité évidente. Saud Al Hunaini et Juma Al Harthy, deux artisans locaux, ont passé de longs mois à sculpter à la main les éléments d’un décor ouvrant une véritable fenêtre sur la culture omanaise. En tête de lits courent des branches de genévriers stylisées tandis que des roses ciselées dans le bois renvoient, en fil conducteur, à ce miracle botanique de la région. Et puisque Mark Edleson et son groupe Alila s’attachent à « créer des expériences authentiques et mémorables, pas seulement des souvenirs », on n’hésite pas à sortir de la chambre pour expérimenter. Bingo, un trek vers les plantations en terrasses, avec visite de distillerie d’eau de rose aux vertus médicinales et de fabrique de confitures de roses, a été concocté sur mesure. Alors mignonne, allons donc voir…

78 chambres et suites, à partir de 215 € la nuit. Restaurant The Rose Lounge. Spa Alila avec soins bio déclinés autour de la rose et de la grenade.

Label Design Hotels. www.alilahotels.com

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