A l’ombre de la médina

Séjourner dans la capitale culturelle du Maghreb relève du doux vertige. Ville intellectuelle, spirituelle et artisanale, Fès rayonne encore des siècles après son âge d’or. Rien de tel que d’alterner la frénésie de la plus grande médina avec la sérénité d’un palais. 

Pelotonnée entre le Rif et le Moyen Atlas, la cité fondée au IXème siècle abrite derrière dix-huit kilomètres de remparts crénelés palais, jardins, riads et le plus grand souk du pays. Vue des hauteurs, une mer de terrasses couleur de sable plantée de paraboles blanches. Ca et là se détache le vert des minarets et des tuiles vernissées. La médina, ce sont quatorze mille maisons calées dans un enchevêtrement de rampes et de ruelles colorées d’innombrables échoppes et cafés d’où émergent de nobles façades, une porte monumentale finement sculptée ou des colonnes ornées de mosaïques. Après la frénésie de sons, d’images et de parfums nouveaux, il fait bon se retrouver au calme, entouré de nature, au bord d‘une piscine avec le regard qui porte au loin vers la vieille ville et les deux rifs.

L’hôtel Sahrai offre un espace singulier, lumineux et apaisant. Édifié au sommet d’une colline, tout de verre et de pierres, il affiche une élégance associant tradition et modernité. Un léger parfum de rose, de bois de sental et de fleur d’oranger, flotte dans cet espace lumineux où le jeu des transparences emporte le regard vers les patios arborés et les bassins de zelliges. Ici, le designer et architecte d’intérieur, Christophe Pillet, a voulues des mosaïques monochromes, d’un vert foncé qui rappelle les essences des patios, ou noir, en écho aux fines armatures métalliques de son mobilier. Plus de deux cent lanternes rythment les différents espaces du Sahrai. En cuivre et verre sablé, elles sont l’œuvre d’Abdellatif Hazzaz, fils et petit-fils de dinandier. Depuis le jacuzzi de zelliges verts jusqu’au roof top et sa terrasse panoramique, elles offrent un véritable spectacle. Là, comme en suspension dans l’espace, vingt-deux lustres se reflètent dans le plafond tendu de noir laqué et dans les baies vitrées, se multipliant à l’infini jusqu’aux lumières de la médina. Baignées de lumière grâce à des fenêtres pleine hauteur, les cinquante chambres et suites (entre 30 et 80m²) allient matières traditionnelles et style moderne. Face à une paroi en pierre locale d’un ocre doux (harmonieuse réplique des façades extérieures), un parement de stuc de couleur ivoire habille tout un pan de mur : façonné in situ et à la main, ce décor de dentelle de plâtre, autrefois rehaussé de bleu, rouge, vert et jaune voire d’or, ornait chapiteaux, frontons et frises. Cloisonnées de verre et agrémentées de délicats produits Acqua di Parma, les salles de bains reprennent du sol aux vasques, la tradition du marbre noir ou blanc. Fin XIXème, il servait au dallage des patios, à la confection des vasques des jardins ou des margelles des bassins et s’échangeait contre son équivalent de poids en sucre … La pureté du marbre nous mène naturellement au spa Givenchy, jusque sous les voûtes du hammam. Le blanc éclatant de lumière de la luxueuse boutique fait place à une douce pénombre : les cinq cabines équipées de douches à l’Italienne baignent dans une lumière naturelle délicatement tamisée par un moucharabieh révélant un patio arboré. Cuir blanc, bois de cèdre, pierre de Taza et stuc s’harmonisent aussi dans la cabine double bénéficiant d’une spacieuse terrasse privative. Réparties sur des lattes en teck, de hautes jarres émaillées du fameux bleu de Fès rythment la perspective en direction de la médina. Après s’être délicieusement égaré dans les ruelles de la vieille ville, on s’abandonne, dans cet oasis de tranquillité et de relaxation, à un massage signature à base d’huile d’argan et d’huiles essentielles de cèdre, de jasmin, de rose ou de menthe. Culte, le Soin Noir de Givenchy pour le visage : breveté, ce trésor anti-âge d’un noir nacré intense préserve la jeunesse d’une peau ferme et lumineuse. L’exclusivité d’un luxe absolu.

 

Hôtel Sahrai 

Dhar El Mehraz, 30 000, Fès, Maroc

+212 5359-40332

www.hotelsahrai.com

 

Texte : Béatrice Leproux – Photos : Stéphane Isard

Article publié dans le numéro 97 du magazine. Retrouvez l’intégralité de l’article ici

 

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